L'armée américaine détecte un tir raté de missile nord-coréen

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Le leader nord-coréen Kim Jong Un surveillant l'une des opérations de lancement de missile.

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Agence France-Presse

L'armée américaine a annoncé avoir détecté samedi un tir raté par la Corée du Nord d'un puissant missile balistique à portée intermédiaire capable d'atteindre des bases américaines jusque dans le Pacifique nord.

Les résolutions des Nations Unies interdisent à la Corée du Nord tout programme balistique et nucléaire, et ce tir survient au moment où le Conseil de sécurité de l'ONU débat de nouvelles sanctions contre Pyongyang après son cinquième essai nucléaire du 9 septembre.

La Corée du Nord est soumise à plusieurs séries de sanctions internationales depuis son premier test en 2006, des sanctions encore renforcées en mars. Mais cela n'a pas dissuadé son dirigeant Kim Jong-Un d'ordonner la poursuite sans relâche de ses programmes militaires.

«Les systèmes du Centre de commandement stratégique américain (US Stratcom) ont détecté ce qui est, selon nous, un tir raté de missile nord-coréen» à 23h33 HE vendredi, écrit l'armée américaine dans un communiqué.

«Il s'agirait d'un missile balistique à portée intermédiaire Musudan», un engin testé désormais sept fois par Pyongyang, dont une fois partiellement avec succès. Ce tir «n'a pas présenté de menace pour l'Amérique du Nord», selon la même source.

Le ministère de la Défense sud-coréen a confirmé ce tir avorté mené depuis Kusong, dans le nord-ouest de la Corée du Nord. En général, ces lancements sont annoncés très rapidement par Washington ou Séoul mais le ministère n'a pas expliqué pourquoi il n'en avait pas été de même pour ce dernier tir.

Le missile Musudan a théoriquement une portée comprise entre 2500 et 4000 kilomètres. Il pourrait, dans cette fourchette basse, atteindre la Corée du Sud ou le Japon. Dans sa fourchette haute, il est susceptible de toucher la base militaire américaine de l'île de Guam, dans l'océan Pacifique nord.

«Provocation»

Le porte-parole du Pentagone, Gary Ross, a condamné ce qu'il a estimé être une violation flagrante des résolutions des Nations unies et pressé Pyongyang de s'abstenir d'autres actes susceptibles d'augmenter la tension déjà élevée dans la péninsule coréenne.

«Cette provocation ne sert qu'à accroître la détermination de la communauté internationale à mettre un terme aux activités interdites de la Corée du Nord», a dit M. Ross. «Nous restons préparés à nous défendre, nous et nos alliés, de toute attaque ou provocation».

Les médias étatiques nord-coréens n'ont pas fait mention de ce tir, mais l'agence officielle KCNA a rapporté une déclaration du ministère des Affaires étrangères avertissant les États-Unis qu'ils «paieront un lourd tribut» pour leur attitude hostile qui «blesse la dignité du commandement suprême».

Le président américain Barack Obama «comprendra le prix à payer avant son départ de la Maison-Blanche» début 2017, a même menacé un porte-parole ministériel.

De récentes spéculations, étayées par des images satellites montrant un regain d'activité autour d'installations militaires nord-coréennes, laissent penser que le Nord prépare son sixième test nucléaire ou un tir de missile de longue portée, voire les deux à la fois.

Après cinq lancements ratés, le Nord avait tiré en juin un Musudan qui avait parcouru 400 kilomètres avant de s'abîmer en mer du Japon (mer Orientale). Ce tir avait été salué par Kim Jong-Un comme une preuve des capacités nord-coréennes à frapper les bases militaires américaines sur «le théâtre d'opérations du Pacifique».

Les experts militaires américains estiment que des tests probants de missiles Musudan pourraient aider la Corée du Nord à mettre au point un missile intercontinental (ICBM) capable de porter le feu nucléaire sur le continent américain à l'horizon 2020.

La Corée du Nord a déployé publiquement un ICBM, baptisé KN-08, dont le moteur est fondé sur la technologie des Musudan, mais ne l'a jamais testé.

Ce tir de Musudan est le premier depuis que Séoul et Washington se sont entendus en juillet pour déployer un système antimissiles sophistiqué au-dessus de la Corée du Sud afin de la protéger de la menace nucléaire nord-coréenne.

Pyongyang avait répliqué en menaçant de mener des «actions de représailles» contre ce nouveau système antimissiles, également condamné par la Chine, principal allié de la Corée du Nord, qui y voit la volonté de Washington d'étaler sa force dans la région.

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