Joshua Wong, leader de la révolte des parapluies, expulsé de Thaïlande

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Le jeune leader Joshua Wong s'adresse à la presse lors de son arrivée à l'aéroport international de Hong Kong, le 5 octobre.

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Agence France-Presse
Hong Kong

Une figure du mouvement prodémocratie de Hong Kong a été expulsée mercredi par la junte au pouvoir en Thaïlande, où il devait participer à la commémoration d'un massacre d'étudiants par l'armée, ses partisans dénonçant une intervention de la Chine.

Joshua Wong, 19 ans, est arrivé dans l'après-midi à Hong Kong en provenance de Bangkok où il avait été arrêté à sa descente d'avion.

À l'automne 2014, Wong était devenu le visage de la révolte des parapluies qui avait vu des dizaines de milliers de personnes réclamer un véritable suffrage universel dans l'ancienne colonie britannique.

Il a raconté à la presse à Hong Kong s'être fait saisir son passeport, à peine arrivé à Bangkok, par «environ 20 membres de la police et des services d'immigration». Puis avoir été retenu au poste de police de l'aéroport de Bangkok pendant une douzaine d'heures, sans accès à sa famille ou à un avocat.

«Quand je leur ai demandé la raison de mon arrestation, ils ont juste dit qu'ils ne me donneraient pas d'explication, que j'avais été placé sur une liste noire», a déclaré Joshua Wong. Il a qualifié sa détention «d'illégale», se disant «extrêmement déçu» par les autorités thaïlandaises.

Un responsable des services d'immigration de l'aéroport de Bangkok a confirmé à la presse l'existence d'un «ordre» d'interpellation et d'expulsion sans toutefois préciser qui l'avait émis.

La junte a démenti tout «instruction ou ordre concernant M. Wong».

Demosisto, le parti qu'il a cofondé et qui demande un référendum sur l'avenir de Hong Kong y compris sur sa possible indépendance, a «fermement dénoncé la restriction de liberté et de mouvement imposée à Wong par le gouvernement thaïlandais».

«La jeune génération veut plus d'espace. Cela fait deux ans que les militaires dirigent le pays», a commenté Netiwit Chotiphatphaisal. Cet étudiant thaïlandais est à l'origine de l'invitation de Joshua Wong qui devait intervenir leur d'un débat pour le 40e anniversaire du massacre par l'armée d'étudiants de l'université Thammasat de Bangkok, événement de référence pour les opposants actuels à la junte.

Les partisans de Wong voient la main de Pékin derrière cette interdiction d'entrer en Thaïlande, la Chine soutenant la junte au pouvoir en Thaïlande depuis un coup d'État militaire en 2014.

La Thaïlande a récemment procédé à plusieurs expulsions d'opposants vers Pékin. Celle de Joshua Wong intervient près d'un an après la disparition en Thaïlande du libraire suédois né en Chine Gui Minhai, l'un des libraires de Hong Kong, vendant des livres critiques des dirigeants chinois, qui s'étaient volatilisés pour réapparaître ensuite en Chine.

«J'ai eu de la chance de revenir finalement à Hong Kong». «J'ai eu de la chance de ne pas devenir le prochain disparu», a dit M. Wong en faisant référence à ces disparitions.

Cette affaire survient au moment où de nombreux Hongkongais ont le sentiment que Pékin renforce son emprise sur la région revenue sous sa tutelle en 1997.

Le porte-parole du bureau de l'ONU pour les droits de l'Homme en Asie, Jeremy Laurence, a estimé que la détention de Wong «soulevait de nouvelles inquiétudes sur les restrictions de la liberté d'expression et de réunion en Thaïlande».

L'an dernier, Wong avait été interdit d'entrer en Malaisie voisine.

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