Le N.2 de l'ambassade nord-coréenne à Londres est passé au Sud, selon Séoul

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Hwang Sung-Hee
Agence France-Presse
Séoul

La Corée du Sud a annoncé mercredi la défection de l'ambassadeur adjoint de Corée du Nord en Grande-Bretagne, un événement extrêmement rare qui constitue un grave revers pour Pyongyang.

Le ministère de l'Unification a précisé que Thae Yong-Ho, numéro deux de la mission nord-coréenne à Londres, était passé au Sud avec sa femme et son fils et que la famille se trouvait désormais à Séoul.

«Ils sont sous la protection du gouvernement et vont suivre le processus prévu avec les institutions compétentes», a déclaré aux journalistes le porte-parole du ministère, Jeong Joon-Hee.

Il s'est refusé à dévoiler l'itinéraire emprunté par M. Thae en vue de faire défection, invoquant la nécessité de protéger les pays impliqués.

«Pour expliquer sa défection, Thae a cité son dégoût pour le régime (du leader nord-coréen) Kim Jong-Un, son admiration pour le système libre et démocratique de Corée du Sud et l'avenir de sa famille», a ajouté le porte-parole.

Les défections de diplomates du niveau de Thae Yong-Ho sont d'autant plus rares que la Corée du Nord, de plus en plus isolée sur la scène internationale en raison de son programme nucléaire militaire, maintient relativement peu d'ambassades. Le précédent cas de ce type remonte à 1997 quand l'ambassadeur nord-coréen en Égypte était passé aux États-Unis. L'année dernière, un diplomate en poste en Afrique avait également fait défection.

Le journal sud-coréen JoongAng Ilbo, qui avait le premier fait état mardi de la défection du numéro deux de l'ambassade à Londres, écrivait que ce diplomate, qui habitait depuis 10 ans dans la capitale britannique, vivait mal la pression mise par Pyongyang pour combattre le flot de critiques de la communauté internationale sur le bilan de la Corée du Nord en matière de droits de l'Homme.

Thae Yong-Ho devrait en tout état de cause être une source de premier choix pour obtenir des renseignements sur l'actuelle direction nord-coréenne et sur ses priorités, notent les observateurs.

Perte de foi dans le régime

Plusieurs affaires de défection ont ces derniers mois fait la une des journaux, notamment celle en avril de 12 serveuses et du gérant d'un restaurant nord-coréen en Chine.

En juillet, la presse de Hong-Kong a fait état de la défection d'un étudiant nord-coréen de 18 ans en visite dans cette ex-colonie britannique pour participer à un concours international de mathématiques.

Un colonel chargé d'opérations d'espionnage dans le Sud avait également abandonné Pyongyang l'année dernière.

Pour tous les Nord-Coréens faisant défection, la nouvelle vie en Corée du Sud débute par un long programme d'interrogatoires réalisés par les services secrets afin de démasquer de possibles espions.

Pendant trois mois, ils sont ensuite hébergés dans des centres gouvernementaux où ils apprennent les rudiments de la vie dans le Sud, comment prendre le métro, utiliser un téléphone portable ou faire ses courses dans un supermarché...

Pour le ministère de l'Unification, le passage au Sud de M. Thae reflète la perte de foi d'une partie de l'élite nord-coréenne.

«La conscience du fait que le régime nord-coréen a atteint ses limites est de plus en plus forte et la solidarité de sa classe dirigeante est en train de se déliter», a déclaré M. Jeong.

Près de 30 000 Nord-Coréens sont parvenus à fuir au Sud la pauvreté et l'oppression qu'ils subissaient dans leur pays, en dépit des risques encourus.

Le nombre des transfuges, qui a pu atteindre les 2000 certaines années, a toutefois considérablement chuté depuis l'arrivée à la tête de la Corée du Nord en 2011 de Kim Jong-Un et les purges entamées au plus haut niveau pour consolider son pouvoir.

Ceux qui parviennent à quitter la Corée du Nord ont généralement de la famille au Sud ou appartiennent à une élite ayant suffisamment d'argent et de relations pour entreprendre ce périple, selon des experts et des militants aidant ces transfuges.

Le transfuge nord-coréen le plus important jamais passé au Sud demeure Hwang Jang-Yop, qui avait été le tuteur de l'ex-dirigeant Kim Jong-Il. Il avait fait défection en 1997 à l'occasion d'une visite en Chine et est mort en 2010 à 87 ans.

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