L'otage canadien Robert Hall exécuté aux Philippines

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Robert Hall (à gauche) et John Ridsdel ont été kidnappés avec deux autres personnes le 21 septembre dernier par l'organisation islamique Abou Sayyaf. Ridsdel a été décapité il y a près de deux semaines.

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Fannie Olivier
La Presse Canadienne
OTTAWA

Justin Trudeau a annoncé le décès probable de l'otage canadien Robert Hall, qui aurait été exécuté par le groupe terroriste philippin Abou Sayyaf après huit mois de captivité.

Le premier ministre a réitéré du même coup que le Canada maintiendra sa politique de ne pas payer de rançons aux ravisseurs.

«Le Canada ne peut absolument pas se permettre de verser des rançons à des terroristes et faire ainsi du drapeau canadien et des plus de 3 millions de Canadiens à l'étranger qui le portent avec fierté des cibles», a insisté M. Trudeau dans une brève allocution dans le foyer de la Chambre des communes, lundi.

Il a toutefois fourni très peu de détails sur les gestes qu'avait posés le gouvernement pour tenter de faire libérer M. Hall.

M. Trudeau a signalé que tout porte à croire que M. Hall a été exécuté par ses ravisseurs. Il a ajouté que les autorités canadiennes travaillaient de près avec leurs homologues des Philippines pour confirmer la mort.

«Le Canada tient le groupe terroriste qui a pris M. Hall en otage entièrement responsable de ce meurtre insensé commis de sang-froid», a-t-il affirmé.

Le premier ministre a également fait part de sa tristesse, soutenant que le pays entier pleurait la mort de M. Hall et soulignant la résilience de sa famille.

«La disparition de M. Hall est affligeante pour les membres de sa famille et le pays tout entier les accompagne dans le deuil», a-t-il noté.

Il a affirmé avoir parlé au président philippin Benigno Aquino, qui aurait exprimé ses «profondes condoléances et ses regrets à tous les Canadiens».

Le 25 avril dernier, un autre Canadien, John Ridsdel, qui était lui aussi détenu depuis plusieurs mois par les militants d'Abou Sayyaf aux Philippines, a été décapité. Les djihadistes avaient réclamé une rançon en échange de sa remise en liberté.

MM. Ridsdel et Hall avaient été kidnappés le 21 septembre dernier dans une marina de l'île de Samal, dans le sud des Philippines, en compagnie de deux autres touristes, le Norvégien Kjartan Sekkingstad et la Philippine Marites Flor.

Abou Sayyaf cherche à créer un état islamique au sein d'un pays à prédominance chrétienne. Au fil du temps, il s'est spécialisé dans l'enlèvement, notamment de ressortissants étrangers, pour financer ses activités.

Unanimité sur les rançons

C'est justement pour ne pas garnir les coffres de cette organisation terroriste qu'il faut que le Canada s'abstienne de payer des rançons, selon le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion.

«Si on verse des rançons, on ne fait que donner plus de ressources aux groupes terroristes pour perpétrer encore plus d'enlèvements de ce genre», a insisté M. Dion.

«Si on envoie le message que c'est payant que de rançonner des Canadiens, ça va simplement mettre en danger des Canadiens partout dans le monde», a-t-il ajouté.

L'opposition est d'accord sur ce point, même si elle ne louange pas pour autant la gestion de ce dossier par le gouvernement libéral.

Le député conservateur Pierre Paul-Hus ne croit pas que le gouvernement du Canada aurait dû payer une rançon aux ravisseurs de l'otage Robert Hall, mais il estime que davantage de moyens auraient dû être mis en oeuvre pour tenter son sauvetage.

«Est-ce qu'on peut envoyer nos propres troupes là-bas pour aider à récupérer nos citoyens canadiens? C'est à évaluer», a-t-il suggéré.

Le chef néo-démocrate Thomas Mulcair signale qu'il est impossible de juger des actions du gouvernement, tout simplement parce qu'on dispose de très peu d'informations sur le dossier.

«J'espère qu'un jour, dans l'intérêt de l'ensemble des Canadiens, mais surtout de la famille de M. Hall, on va avoir un peu plus d'informations sur comment ça s'est déroulé, quels étaient les contacts du gouvernement canadien», a-t-il dit.

Le chef bloquiste Rhéal Fortin estime pour sa part que le gouvernement manque carrément de transparence. «J'ose croire que le gouvernement va nous rendre des comptes là-dessus. Quelles ont été les démarches entreprises? Pourquoi ces démarches-là n'ont pas abouti? Et qu'on puisse analyser la situation et faire mieux la prochaine fois, s'il devait y avoir une prochaine fois», a-t-il fait valoir.

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