Philippines: les propos du président Duterte jugés «irresponsables à l'extrême»

Rodrigo Duterte, élu le mois dernier à la tête... (PHOTO BULLIT MARQUEZ, ARCHIVES AP)

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Rodrigo Duterte, élu le mois dernier à la tête du pays, a appelé samedi tous les Philippins à se joindre à sa campagne anti-crime, promettant des primes énormes à ceux qui tueraient des revendeurs de drogue.

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Agence France-Presse
GENÈVE

Deux experts des droits de l'Homme des Nations Unies ont exhorté lundi le nouveau président philippin Rodrigo Duterte à arrêter d'inciter à la violence, en particulier contre les journalistes, jugeant ses déclarations dangereusement « irresponsables ».

Le rapporteur de l'ONU sur les exécutions sommaires Christof Heyns a qualifié les récentes remarques de M. Duterte d'« irresponsables à l'extrême et inappropriées de la part d'un dirigeant ».

L'avocat controversé de 71 ans, élu le mois dernier à la tête du pays, a appelé samedi tous les Philippins à se joindre à sa campagne anti-crime, promettant des primes énormes à ceux qui tueraient des revendeurs de drogue.

La semaine dernière, il avait justifié le meurtre de journalistes corrompus, des déclarations qui avaient alimenté les craintes de voir de nouveaux meurtres de journalistes dans le pays.

« Un message de cette nature est une incitation à la violence et au meurtre, dans un pays déjà classé comme le second plus meurtrier au monde pour les journalistes », a mis en garde M. Heyns.

Aux Philippines, 174 journalistes ont été tués depuis la chute de la dictature de Ferdinand Marcos il y a 30 ans et l'instauration d'une démocratie jusqu'ici instable et marquée par la corruption.

David Kaye, le rapporteur spécial de l'ONU sur la liberté d'expression, s'est également alarmé lundi des propos de M. Duterte.

« Justifier le meurtre de journalistes par la manière dont ils exercent leur activité professionnelle peut être interprété comme un feu vert par des meurtriers potentiels », a-t-il estimé.

M. Kaye a notamment fait référence au massacre de 32 journalistes en novembre 2009 dans la province de Maguindanao, l'une des attaques les plus sanglantes au monde menées à ce jour contre des journalistes.

Mais les remarques de ces experts pourraient ne pas être entendues par Rodrigo Duterte, qui s'en est pris avec virulence aux Nations Unies la semaine dernière.

Interrogé sur les critiques des médias étrangers à son encontre lors d'une conférence de presse jeudi soir, il avait répondu: « Va te faire foutre, l'ONU... fermez là tous ».

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