Philippines: le président élu Duterte en guerre contre l'Église

«Ne venez pas m'emmerder !», a lancé Rodrigo Duterte... (PHOTO MANMAN DEJETO, AFP)

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«Ne venez pas m'emmerder !», a lancé Rodrigo Duterte à l'intention des chefs de l'Église lors d'une conférence de presse lundi soir dans sa ville de Davao.

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Agence France-Presse
DAVAO

Le président philippin élu s'est lancé dans une série de diatribes contre l'Église catholique, qualifiant les évêques philippins de «fils de pute» corrompus responsables de la croissance démographique soutenue de l'archipel.

Rodrigo Duterte a également affirmé que sa victoire écrasante à la présidentielle du 9 mai montrait qu'il était plus puissant que l'Église, prévenant qu'il allait augmenter nettement les moyens de la planification familiale.

«Ne venez pas m'emmerder !», a lancé l'avocat controversé de 71 ans à l'intention des chefs de l'Église lors d'une conférence de presse lundi soir dans sa ville de Davao.

M. Duterte a bouleversé les codes de la politique conventionnelle en menant une campagne controversée et outrancière qui l'a vu menacer de mort des dizaines de milliers de criminels et insulter des personnalités diverses.

Il n'avait pas hésité à qualifier le pape François de «fils de pute» pour avoir provoqué des embouteillages à Manille, et ce dans un pays où 80 % des habitants sont de fervents catholiques.

Juste avant l'élection, la conférence des évêques des Philippines avait appelé les électeurs à s'abstenir de voter pour des candidats «moralement répréhensibles», sans citer de nom.

Mais Rodrigo Duterte s'est senti visé ainsi qu'il l'a dit dimanche lors d'une autre conférence de presse.

«Il est temps de clarifier les choses entre nous. Vous me fustigez, vous me critiquez», a-t-il lancé à l'intention des dirigeants de l'Église.

Les évêques sont des «fils de putes», a-t-il poursuivi, les accusant d'être des hypocrites corrompus dont il allait révéler les «péchés».

Il a aussi accusé l'Église d'être responsable de la croissance démographique rapide de l'archipel.

Une loi de 2012 prévoyait la gratuité des moyens de contraception et l'éducation sexuelle à l'école, mais l'Église a fait pression pour réduire les budgets.

M. Duterte, qui prend ses fonctions le 30 juin, a déclaré qu'il élargirait le programme de planification familiale, estimant qu'aucune famille ne devait avoir plus de trois enfants.

Lui-même a quatre enfan ts de deux mères différentes.

Le président élu s'est déjà garanti un autre sujet de contentieux avec l'Église en annonçant le rétablissement de la peine de mort.

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