Kim Jong-un, le «Grand soleil du XXIe siècle»

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Kim Jong-un réagit avec enthousiasme aux essais de tirs de missiles balistiques réalisés par un sous-marin nord-coréen, sur cette photo prise à Pyongyang à une date non déterminée, mais diffusée le 24 avril.

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Park Chan-Kyong
Agence France-Presse
SÉOUL

Un média officiel nord-coréen a célébré mercredi Kim Jong-un comme le «Grand soleil du XXIe siècle», à deux jours d'un congrès historique qui doit asseoir officiellement la place incontestable du jeune leader à la tête du régime le plus fermé au monde.

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Un panneau annonce la tenue du «7e Congrès du Parti des travailleurs de Corée», à Pyongyang, le 4 mai.

PHOTO KIM KWANG HYON, AP

La préparation de ce rassemblement exceptionnel du parti au pouvoir à Pyongyang - le dernier remonte à 1980 - a mobilisé le pays entier lors d'une campagne de 70 jours qui ne s'est achevée que lundi.

Le «7e Congrès du Parti des travailleurs de Corée» qui s'ouvre vendredi doit permettre, après quatre années de purges, de remaniements et d'exécutions au sommet, d'asseoir formellement Kim Jong-un en tant que leader suprême incontestable de la Corée du Nord.

Pour le Rodong Sinmun, organe officiel du parti, ce congrès n'est rien de moins qu'un événement «sacré» qui va permettre de vanter les réalisations de Kim, qu'il s'agisse de ses projets d'infrastructures comme de ses programmes nucléaire et balistique.

La Corée du Nord est sous le coup de sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU, essuie les critiques de la communauté internationale pour son bilan en matière de droits de l'homme et se sent menacée par les exercices militaires conjoints en Corée du Sud avec les États-Unis. Mais il y a des victoires à célébrer, poursuit le journal.

Parlant de l'arsenal nucléaire comme d'une «épée précieuse», le Rodong Sinmun explique que ces armes sont «un trésor heureux qui permettra bien des choses dans les décennies qui viennent».

Sécurité renforcée

Chez les experts, les spéculations vont bon train sur le fait que Pyongyang prépare un cinquième essai nucléaire qui pourrait intervenir juste avant - ou même pendant - le congrès, afin de prouver au monde le statut de puissance nucléaire de la Corée du Nord.

«Le Nord est en mesure d'effectuer à tout moment un essai», affirme mercredi le ministère sud-coréen de l'Unification.

Pyongyang a procédé le 6 janvier à son quatrième essai nucléaire, suivi en février par un lancement de fusée, puis par des essais de missiles de courte et moyenne portée. Le régime a cependant subi quelques revers embarrassants avec l'échec de trois tirs d'un nouveau missile balistique en théorie susceptible de frapper l'île américaine de Guam, dans le Pacifique.

La Corée du Nord a invité les médias internationaux à couvrir son congrès, sans dire ce qui pourrait en sortir. Elle n'a même pas précisé le nombre de jours que durerait cette grand-messe.

Le dernier congrès du Parti des travailleurs de Corée, en 1980, avait duré quatre jours.

Kim Jong-un n'était pas né. Son père Kim Jong-il y avait été désigné comme le successeur du fondateur du régime Kim Il-sung.

De leur côté, des sites internet gérés par des Nord-Coréens passés au Sud, possédant toujours des sources au Nord, rapportent que la sécurité s'y est durcie ces dernières semaines et que l'entrée et la sortie de la capitale sont étroitement contrôlées.

«Quiconque a des problèmes avec les autorités pendant la période de préparation du congrès est considéré comme un délinquant politique, et traité comme tel», rapporte le site Daily NK.

Altruisme et sacrifice

Pendant 70 jours, les médias officiels du Nord n'ont cessé de glorifier les exemples individuels d'altruisme et de sacrifice.

Ainsi ce couple de paysans qui a décidé de continuer à travailler le jour de son mariage. Ou cette agente de sécurité qui a insisté pour être à son poste au lendemain du décès de son époux.

À la mort de son père en décembre 2011, nombre d'observateurs ne donnaient pas cher de la peau de Kim Jong-un. Ils estimaient que le jeune homme qui avait terminé ses études en Suisse n'avait pas les épaules pour survivre aux arcanes politiques machiavéliques de la Corée du Nord.

Mais il leur donna tort, éliminant tous ceux qu'il considérait comme déloyaux au sein du parti, du gouvernement et de l'armée.

Il a tourné la page de la stratégie «songun» (l'armée d'abord) de son père, au profit du «byungjin», le fait de mener en tandem le développement économique et des programmes nucléaires et balistiques.

Certains experts pensent qu'il pourrait utiliser le congrès pour annoncer que son pays dispose désormais d'une force de dissuasion nucléaire et peut désormais se consacrer au développement économique.

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