Combat contre Bradley: une victoire (politique) assurée pour Pacquiao

Manny Pacquiao (à gauche), qui brigue un fauteuil... (PHOTO JOHN LOCHER, AP)

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Manny Pacquiao (à gauche), qui brigue un fauteuil de sénateur aux Philippines, affronte l'Américain Timothy Bradley, un mois tout juste avant les élections dans l'archipel.

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Cecil MORELLA, Mynardo MACARAIG
Agence France-Presse
MANILLE

Qu'il gagne ou qu'il perde son juteux combat à La Vegas ce week-end, la vedette philippine de la boxe Manny Pacquiao est assurée d'infliger un grand coup à ses rivaux en politique, grâce à la couverture médiatique intensive et inestimable dont il bénéficie en pleine campagne électorale.

L'octuple champion du monde de 37 ans, qui brigue un fauteuil de sénateur, affronte l'Américain Timothy Bradley, un mois tout juste avant les élections dans l'archipel.

C'est un combat qui sera vu par une bonne partie des 100 millions de Philippins dimanche matin (heure locale) tandis qu'en amont, la couverture médiatique lui a déjà valu des dizaines de millions de dollars de publicité gratuite.

Ses adversaires fulminent contre ce qu'ils qualifient de coups en dessous de la ceinture, l'accusant de détourner les règles de financement des campagnes électorales.

«S'il était loyal, il ne livrerait pas de combat un mois avant les élections», dit à l'AFP Walden Bello, candidat aux sénatoriales qui a tenté en vain d'obtenir un report de la date du match auprès de la Commission électorale.

Des observateurs plus neutres disent aussi que le boxeur est injustement aidé.

«Sa seule source de publicité, ce sont ses combats, pas son programme (politique). Cela le favorise trop», juge Sixto Brillantes, ancien chef de la Commission électorale.

Alors que les différents candidats sillonnent depuis des mois l'archipel aux 7000 îles, Pacquiao n'a pas daigné faire campagne, hormis une apparition à Manille au moment de son lancement en février.

Ambition présidentielle

«Sa campagne, c'est le combat», poursuit Sixto Brillantes.

Pacquiao a affirmé que son match contre Bradley serait vraisemblablement le dernier, assurant vouloir se consacrer à sa carrière politique. Il espère qu'un passage au Sénat lui servira de tremplin pour une candidature future à la présidentielle.

Dans un pays obsédé par les célébrités, où il n'est pas rare que des vedettes de cinéma deviennent de puissants responsables politiques, Pacquiao, qui n'a pas terminé l'école secondaire, a effectivement des chances de présider un jour aux destinées nationales.

Depuis six ans, il est membre de la chambre des Représentants, élu par un district pauvre du sud de l'archipel qui l'a vu grandir.

Ses contempteurs l'accusent de ne pas avoir fait grand-chose pour aider les Philippins ordinaires, soulignant aussi que son taux de présence au Parlement est l'un des moins brillants.

«Il était mon adjoint à la présidence de la Commission de la chambre aux travailleurs émigrés et il n'a pas assisté à une seule réunion», accuse M. Bello.

Même après la controverse suscitée en février par des propos homophobes, Pacquiao ne devrait pas avoir de mal à remporter un fauteuil de sénateur.

Les sondages lui sont favorables, le plaçant en septième place d'une échelle de popularité alors que douze sièges sont à renouveler (sur 24), selon le sondeur de Manille Pulse Asia.

«Gloire à Dieu»

En janvier, il était à la 10e place et d'après Ana Maria Tabunda, directrice de recherches chez Pulse, cette progression s'explique par la couverture médiatique des préparatifs au combat de Las Vegas.

«C'est un héros national pour beaucoup de gens. Combat ou pas, son nom est bien connu des gens», explique-t-elle à l'AFP. Mais «bien sûr, le fait qu'il soit dans les journaux tous les jours ne nuit pas».

Lorsque M. Bello avait tenté d'obtenir le report de la rencontre, les avocats du boxeur avaient fait valoir qu'il cherchait en premier lieu à gonfler le moral des Philippins.

La Commission électorale s'était déclarée incompétente à retarder le match ou interdire à Pacquiao d'être candidat, expliquant ne pouvoir légiférer au sujet d'un événement qui n'avait pas encore eu lieu.

«Ce n'est pas dans nos possibilités», avait expliqué le mois dernier son président Andres Bautista, n'excluant cependant pas la possibilité de recours ultérieurs.

En attendant, Pacquiao se tient à l'écart de la controverse et se concentre sur ses entraînements.

Dans l'un de ses rares commentaires sur le calendrier, il a cependant démenti toute magouille.

«Ce n'est pas pour ma gloire personnelle. Je combats pour l'honneur de mon pays et pour rendre gloire à Dieu à travers le sport», a-t-il assuré dans un texto aux journalistes.

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