Inde: la contestation s'amplifie après l'agression d'un leader étudiant

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Kanhaiya Kumar est escorté par des policiers lors de son entrée au tribunal de New Delhi où il doit comparaître, le 17 février.

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Agence France-Presse
NEW DELHI

Un leader étudiant arrêté pour «sédition» a été frappé mercredi devant un tribunal de New Delhi, des violences qui alourdissent le climat dans une affaire qui a déclenché des manifestations étudiantes dans toute l'Inde et qui suscite la réprobation des défenseurs de la liberté d'expression.

Kanhaiya Kumar a été frappé peu avant une audience sur sa détention, la police de la capitale étant vivement critiquée pour ces nouveaux débordements après des violences ayant visé des journalistes et étudiants devant ce même tribunal lundi.

Kumar a été arrêté vendredi pour son implication présumée dans une récente manifestation au sein de la prestigieuse Jawaharlal Nehru University (JNU) de Delhi lors de laquelle des slogans anti-indiens ont été entonnés.

Son arrestation a déclenché une vive polémique sur la liberté d'expression en Inde, les mouvements de défense des libertés estimant que le gouvernement nationaliste hindou détournait une loi remontant à l'époque coloniale pour empêcher toute contestation et voix dissonante.

La sédition peut être punie de la perpétuité en Inde, mais les condamnations sont rares.

Des centaines de professeurs de la JNU se sont mis en grève mardi pour protester contre l'arrestation de l'étudiant tandis que de nombreux étudiants ont annoncé qu'ils boycotteraient les cours en attendant sa remise en liberté.

Kumar a démenti avoir entonné des slogans hostiles à l'Inde lors de la manifestation du 9 février organisée pour marquer l'anniversaire de la pendaison en 2003 d'un séparatiste cachemiri condamné pour l'attaque meurtrière du Parlement indien en 2001.

Amnistie internationale a demandé la libération immédiate de l'étudiant.

«La loi sur la sédition était utilisée par les Britanniques pour limiter la liberté d'expression pendant la lutte pour l'indépendance de l'Inde», a dit Tara Rao, directeur des programmes d'Amnistie internationale India.

«Il est regrettable que le gouvernement y ait recouru pour museler et harceler les opinions divergentes».

Mercredi, la justice a ordonné son maintien en détention jusqu'au 2 mars après une audience tenue dans des conditions houleuses.

La Cour suprême, qui avait intimé à la police l'ordre d'assurer la sécurité de tous au sein du tribunal après les violences de lundi, a envoyé une équipe d'avocats évaluer la situation.

«Nous avons informé la Cour suprême de l'atmosphère de terreur régnant au sein» du tribunal, a dit l'un de ces avocats, A.D.N. Rao. «L'accusé a été frappé. Les membres de ce panel ont aussi été chahutés».

Un important groupe d'avocats se tenait à l'extérieur du tribunal, certains brandissant un drapeau indien, et scandait «À bas Kanhaiya Kumar», certains lançant des pierres vers les journalistes.

Lundi, journalistes et étudiants ont accusé des avocats proches du parti au pouvoir, le BJP, de les avoir frappés sous le regard indifférent de la police.

Le responsable de la police de Delhi, B.S. Bassi, a défendu l'attitude de ses équipes mercredi. «Il y a eu des bousculades, cela poussait et tirait. En dépit de l'excitation de la foule, nos officiers ont protégé l'accusé», a-t-il dit aux journalistes.

La police a par ailleurs organisé plusieurs opérations dans tout le pays pour retrouver d'autres étudiants accusés d'avoir participé à la manifestation du 9 février.

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