Le Parlement birman aux mains du parti d'Aung San Suu Kyi

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Aung San Suu Kyi quitte le Parlement après la première session à laquelle ont participé les 390 députés de son parti, à Naypyidaw, le 1er février.

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Hla-Hla HTAY
Agence France-Presse
NAYPYIDAW

La Birmanie a basculé lundi dans une nouvelle ère avec l'entrée en fonction d'un Parlement dominé par le parti d'Aung San Suu Kyi, qui va former le premier gouvernement issu d'élections libres dans un pays marqué par des décennies de régime militaire.

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Tout d'orange vêtus, les 390 députés de la Ligue nationale pour la démocratie (NLD) ont pris part à leur première séance parlementaire.

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Tout d'orange vêtus, les 390 députés de la Ligue nationale pour la démocratie (NLD) sont arrivés tôt lundi pour signer leur première feuille de présence, en haut des marches du gigantesque Parlement birman, dans la capitale administrative Naypyidaw.

Après une victoire écrasante en novembre 2015 aux premières élections libres depuis un quart de siècle, le parti de la lauréate du prix Nobel de la Paix prend enfin les rênes du pouvoir.

«Aujourd'hui, est un jour de l'histoire politique de la Birmanie dont nous pouvons être fiers», a déclaré Win Myint, député de la NLD après avoir été élu, lundi, président de la chambre basse.

Tous savent que pèsent maintenant sur leurs épaules les immenses attentes d'une population qui fut cadenassée par les militaires quasiment depuis l'indépendance en 1948 et qui rêve de grands changements.

Le pays, qui compte 51 millions d'habitants, reste l'un des plus pauvres de la région et est en proie à plusieurs conflits dans ses régions frontalières. L'éducation comme la santé sont des secteurs en ruine et seuls 30 % de la population a l'électricité.

«Nous devons prendre nos responsabilités, car c'est le choix du peuple», estime Pyone Cho, qui pris part en 1988 à la révolte étudiante réprimée dans le sang par la junte.

«Nous allons travailler pour que les droits de l'homme et la démocratie soient respectés et pour établir la paix», détaille Nyein Thit, nouveau député de la NLD.

Mais cette nouvelle majorité, composée de médecins, d'enseignants ou de poètes, à tout à apprendre des rouages de la politique.

Seule une vingtaine d'entre eux a déjà une expérience parlementaire, dont Aung San Suu Kyi qui passe de son statut de chef de l'opposition à celui de leader de la majorité parlementaire.

Elle-même était entrée au Parlement à la faveur de législatives partielles organisées en 2012, premier signe de bonne volonté du gouvernement de transition.

«Moment historique»

«C'est un moment historique pour le pays», estime l'analyste politique Khin Zaw Win.

«Voilà ce pour quoi nous nous sommes battus pendant toutes ces années. Mais maintenant que le moment est venu, les inquiétudes s'amoncèlent», ajoute-t-il, précisant qu'Aung San Suu Kyi et ses collègues avaient la dure mission d'être opérationnels le plus rapidement possible.

Aung San Suu Kyi n'a fait aucune déclaration publique lundi au Parlement.

La première tâche du Parlement sera d'élire le nouveau président du pays.

En l'état actuel, Aung San Suu Kyi ne peut se présenter en raison d'un article de la Constitution qui bloque l'accès à la présidence aux personnes ayant des enfants de nationalité étrangère. Or ses deux enfants sont britanniques.

Pour l'instant, la NLD n'a pas précisé qui serait son candidat. Mais la dame de Rangoun, 70 ans, a prévenu avant les élections qu'elle serait de toute façon «au-dessus du président».

D'après la Constitution de 2008 héritée de la junte, pour l'élection du président, le Parlement est divisé en trois groupes: les députés élus de la chambre haute, les députés élus de la chambre basse, et enfin les députés militaires non élus (qui représentent un contingent de 25 % du Parlement).

Chaque groupe propose son candidat et le vote a ensuite lieu lors d'une session conjointe.

Même avec cette majorité absolue au sein du Parlement, Aung San Suu Kyi ne peut pas modifier la Constitution (ce qui requiert plus de 75 % des votes) sans l'appui des militaires.

Ces derniers restent donc un rouage essentiel au sein du système politique de la Birmanie. Le chef de l'armée garde en plus la main sur certains ministères clés, comme celui de la Défense et celui de l'Intérieur.

Restent à Aung San Suu Kyi des marges de manoeuvre dans les domaines de la diplomatie, de la santé ou de l'éducation, en ruine après des décennies de dictature militaire malgré l'ouverture du pays depuis 2011.

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