Chine: l'espérance de vie en hausse, malgré des disparités locales

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Les principales causes de mortalité ont elles aussi évolué, les maladies cardiovasculaires arrivant désormais en tête devant les maladies respiratoires et le cancer du poumon.

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Agence France-Presse
PARIS

L'espérance de vie a augmenté en Chine ces 20 dernières années tandis que la mortalité infantile a sensiblement baissé en dépit de la subsistance d'importantes disparités au niveau local, selon deux études publiées lundi.

Réalisée par des chercheurs chinois et américains, la première étude publiée dans la revue médicale britannique The Lancet montre qu'entre 1990 et 2013, l'espérance de vie des Chinois mesurée à leur naissance a augmenté dans toutes les provinces, municipalités ou régions autonomes chinoises.

Les hausses vont de 4 ans dans la province du Hebei (qui entoure Pékin) à 14 ans dans la région autonome du Tibet.

En 2013, la municipalité de Shanghai (24 millions d'habitants) avait l'espérance de vie la plus élevée de Chine, 80 ans chez les hommes, 85 ans chez les femmes, des chiffres comparables à ceux de pays comme la France ou le Japon.

Mais dans le même temps, des régions de l'ouest de la Chine affichaient des espérances de vie inférieures de dix ans tant chez les hommes que chez les femmes, les rapprochant de pays en développement comme le Bangladesh.

Les principales causes de mortalité ont elles aussi évolué, les maladies cardiovasculaires arrivant désormais en tête devant les maladies respiratoires et le cancer du poumon.

Les maladies respiratoires, associées notamment à la pollution et au tabagisme, restaient toutefois prédominantes dans plusieurs provinces du sud et de l'ouest de la Chine, selon cette étude.

Les décès liés aux maladies infectieuses ont pour leur part fortement décru à l'exception du sida qui a augmenté dans 32 des 33 provinces au cours de la période 1990-2013. Depuis 2005, la progression ne touche plus que la moitié d'entre elles. Cependant «l'estimation de l'ampleur réelle de l'épidémie et de l'accès au traitement reste difficile» notent les auteurs.

Pour l'un d'entre eux, le Pr Zhou Maigeng du Centre chinois de contrôle des maladies, l'étude prouve la nécessité de «politiques sanitaires déclinées au plan local».

«Notre étude montre également qu'il est important de s'occuper des facteurs de risques conduisant aux causes les plus fréquentes de décès en Chine, comme les maladies cérébrovasculaires, le tabagisme, les maladies cardiaques ainsi que d'autres causes importantes comme les accidents de la route et le cancer», ajoute-t-il.

Dans une seconde étude, également publiée dans The Lancet, d'autres chercheurs se sont penchés sur la mortalité des enfants de moins de 5 ans qui a baissé globalement de 78% en Chine entre 1996 et 2012 pour atteindre 13 pour 1000 naissances vivantes. Une diminution record liée notamment à une croissance économique rapide et des progrès dans l'éducation.

Mais comme pour l'espérance de vie, d'importantes disparités existent selon les régions.

Certains districts de villes comme Shanghai et Pékin ou de plusieurs provinces de l'est de la Chine ont un taux inférieur à 5 pour 1000, comparable à celui du Canada ou de la Nouvelle-Zélande. Mais plusieurs districts de la province du Sichuan (sud-ouest) affichent des taux de l'ordre de 100 pour 1000, similaires à ceux observés dans des pays comme le Burkina Faso ou le Cameroun.

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