La réécriture des manuels d'histoire fait polémique en Corée du Sud

Des élèves du primaire, vêtus de costumes sud-coréens... (PHOTO AHN YOUNG-JOON, ARCHIVES AP)

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Des élèves du primaire, vêtus de costumes sud-coréens traditionnels, participent au festival du livre «Guro», à Séoul, le 12 septembre.

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Agence France-Presse
SÉOUL

Le gouvernement sud-coréen a confirmé mardi son intention d'imposer en 2017 de nouveaux manuels d'histoire, une réforme vivement critiquée par l'opposition qui y voit notamment une tentative de réhabilitation du règne d'un ancien dictateur.

À partir de 2017, les livres d'histoire auront préalablement été approuvés par une commission d'enseignants et d'universitaires nommée par le gouvernement, a annoncé le ministère sud-coréen de l'Éducation.

Ce nouveau livre, intitulé Le manuel conforme d'histoire, viendra remplacer le système actuel qui, déjà sous la supervision du gouvernement, met en concurrence huit ouvrages publiés par des maisons d'édition privées.

Les détracteurs du système actuel, souvent issus des rangs conservateurs, jugent les ouvrages en circulation trop orientés à gauche.

Leurs adversaires libéraux accusent le gouvernement de verser dans la politique de ses prédecesseurs autoritaires.

La présidente Park Geun-hye, qui n'est autre que la fille du dictateur Park Chung-hee au pouvoir à Séoul pendant deux décennies, a appelé les parlementaires de l'opposition à rentrer dans le rang.

«Il est très important pour nos enfants d'avoir, au travers d'un bon enseignement, une compréhension correcte de l'histoire», a-t-elle dit mardi.

«L'enseignement de l'histoire ne devrait pas donner lieu à une opposition politique et idéologique entre les gens et les étudiants.»

Mardi, une dizaine de parlementaires opposés à la réforme se sont rassemblés derrière des banderoles à Séoul, face à une quarantaine de personnes soutenant le gouvernement.

Moon Jae-in, de la Nouvelle alliance politique pour la démocratie (NPAD - opposition), a estimé que la modification des manuels d'histoire visait à réhabiliter le dictateur Park Chung-hee.

«Cela vise à formater les esprits avec des manuels d'histoire officielle», a-t-il dit aux journalistes.

«Les Nazis, les impérialistes japonais et la dictature "Yusin" ont fait la même chose», a-t-il ajouté en référence à la période autoritaire de Park Chung-hee.

Ce dernier a pris le pouvoir en 1961 à la faveur d'un coup d'État militaire et a dirigé la Corée du Sud jusqu'à son assassinat en 1979.

Park Chung-hee avait effectivement imposé un contrôle étroit de l'enseignement de l'histoire, qui n'a été abandonné qu'en 2010.

Mais les détracteurs des programmes d'histoire actuels les taxent de «gauchisme». Ils estiment que les manuels actuels sous-estiment les réalisations des dirigeants autoritaires qui se sont succédé à Séoul au XXe siècle, et notamment la rapide industrialisation du pays après la Guerre de Corée.

Ils déplorent en outre que ces livres ne disent quasiment rien des multiples violations des droits de l'homme en Corée du Nord.

Le premier ministre Hwang Kyo-ahn a notamment critiqué le fait que les manuels actuels rendent le Nord et le Sud co-responsables du déclenchement en 1950 de la guerre, qui a débuté par l'invasion des forces nord-coréennes.

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