Kirghizstan: le parti proche du président prorusse en tête des législatives

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Majoritairement musulman, le Kirghizstan, qui a connu deux révolutions depuis 2005, est le seul pays d'Asie centrale à mener des élections jugées libres et équitables par les observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

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Christopher RICKLETON
Agence France-Presse
BICHKEK

Le parti proche du président prorusse du Kirghizstan est arrivé en tête avec 26,6 % des voix, après le dépouillement de la quasi-totalité des bulletins de vote, à l'issue des élections législatives dimanche dans cette ex-république soviétique, considérée comme le plus démocratique des pays d'Asie centrale.

Le parti social-démocrate du Kirghizstan (SDPK), proche du président Almazbek Atambaïev, a recueilli 26,6 % des voix après le décompte de 99,25 % des bulletins de vote, a annoncé la Commission électorale centrale.

Le parti nationaliste Respoublika Ata-Jourt est arrivé en deuxième position avec 20,61 % des voix, selon la même source.

Quatre autres partis, parmi lesquels Ata-Meken (centre gauche progouvernemental) ont également franchi le seuil de 7 % nécessaire pour être représentés au parlement, a précisé la commission.

Les bureaux de vote ont fermé à 14 h GMT à travers ce pays de six millions d'habitants, à l'issue d'un scrutin où 14 partis et plus de 2000 candidats étaient en lice pour les 120 sièges au parlement.

Le taux de participation a dépassé 42 %.

Le parti social-démocrate du Kirghizstan était depuis le début considéré comme un grand favori, même s'il ne peut obtenir que 65 sièges au maximum, en vertu de la Constitution du pays interdisant à un seul parti de dépasser cette limite.

Majoritairement musulman, le Kirghizstan, qui a connu deux révolutions depuis 2005, est le seul pays d'Asie centrale à mener des élections jugées libres et équitables par les observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

«Je me souviens des années où mener des élections honnêtes n'était qu'un rêve», a déclaré M. Atambaïev, après avoir glissé son bulletin de vote dans l'urne.

«C'est un grand bonheur pour tout le pays», a-t-il souligné.

Comme ses voisins d'Asie centrale, le pays a connu un président aux tendances autoritaires: Askar Akaïev, à la tête du pays depuis l'époque soviétique et chassé du pouvoir en 2005.

Son successeur, Kourmanbek Bakiev a lui-même été destitué en 2010, une année également marquée par de sanglantes violences ethniques entre Kirghiz majoritaires et la minorité ouzbèke, principale victime des attaques.

Le pays a ensuite élu pacifiquement M. Atambaïev, qui poursuit depuis une politique prorusse dans le but de développer son économie, l'une des plus pauvres de la région et que la récente crise économique de la Russie a mise à mal.

«Je n'attends pas beaucoup de changements»

À Bichkek, la capitale, nombreux sont les électeurs ayant voté pour le SDPK.

«C'est le parti le plus fort», explique à l'AFP Ioulia Zakhartchenko, infirmière de 36 ans.

«Je n'attends pas beaucoup de changements cependant», confie-t-elle, alors que les députés sont élus pour cinq ans.

Pour sa part, Abdyrakhman Abdyrakhman ououlou, un retraité, dit avoir voté pour le parti Ata-Meken.

«Ce parti a un dirigeant fort et il ne divise pas le pays entre nord et sud», a-t-il déclaré à l'AFP, en référence aux violences interethniques de 2010 dans le sud du Kirghizstan.

Certains analystes craignent cependant que le nouveau parlement ne soit quasi-identique au précédent.

«Il serait incorrect de dire que la culture du parlementarisme est arrivée au Kirghizstan. Le type et la qualité des candidats restent similaires à ceux de l'élection précédente», estime l'analyste Emil Jouraev de l'Université américaine d'Asie centrale.

Lors de la campagne électorale, les partis en lice se sont accusés mutuellement d'acheter les voix des électeurs et de recourir à des méthodes malhonnêtes afin de s'assurer un bon score.

Le principal candidat du parti nationaliste Ata-Jourt, Kamtchibek Tachiev, s'est même vu interdire de se représenter au scrutin, après qu'un candidat rival l'a accusé d'une tentative d'agression.

M. Tachiev, qui jouit d'un soutien significatif dans le sud du pays, a rejeté ces accusations.

Pour les élections, surveillées par plus de 300 observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), le Kirghizstan a mis en place pour la première fois l'identification biométrique des électeurs afin d'éviter les fraudes.

«Ce seront les élections les plus transparentes et les plus claires pour la population dans l'histoire du Kirghizstan indépendant», a estimé un observateur russe, Alexeï Sergueïev, cité par la chaîne de télévision Russia Today.

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