Les talibans pakistanais attaquent une base de l'armée de l'air

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Des soldats pakistanais se déploient autour de la base de l'armée de l'air attaquée quelques instants auparavant par un commando taliban, à Peshawar, le 18 septembre.

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Lehaz ALI
Agence France-Presse
PESHAWAR, Pakistan

Au moins 29 personnes ont été tuées vendredi dans une attaque d'un commando taliban contre une base de l'armée de l'air pakistanaise dans le nord-ouest du pays, assaut le plus audacieux des insurgés islamistes depuis leur raid sanglant contre une école de Peshawar en décembre dernier.

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Un commando de l'armée pakistanaise monte la garde à l'extérieur de la base attaquée par le TTP. 

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Au moins 29 personnes, dont 26 soldats, ont été tuées et 29 autres personnes blessées, selon un nouveau bilan donné dans l'après-midi par l'armée.

Un précédent bilan faisait état de 17 morts.

Près d'un quinzaine d'insurgés ont attaqué à l'aurore la base militaire de Badaber, située en banlieue de Peshawar, carrefour à la lisière de l'Afghanistan, mais les militaires sont parvenus à endiguer leur progression, a déclaré le général Asim Bajwa, porte-parole de l'armée pakistanaise.

De violents affrontements ont aussitôt éclaté et les militaires ont «confiné les terroristes dans un espace restreint», a ajouté ce responsable. «Seize personnes priant dans une mosquée» adjacente au théâtre des affrontements ont péri, selon l'armée qui n'a pas précisé si ces victimes étaient des civils ou des militaires.

Un officier de l'armée a aussi été tué dans des affrontements, de même qu'au moins 13 insurgés, selon les militaires pakistanais. «Mais ce bilan pourrait s'alourdir», selon une source sécuritaire.

Un haut responsable de l'armée de l'air pakistanaise a par ailleurs confirmé que la base attaquée servait uniquement à héberger des militaires. «Aucun appareil de l'armée de l'air, aucun avion de combat n'est déployé sur cette base».

«L'attaque a débuté tôt ce matin avec des tirs de grenades et d'armes automatiques», a déclaré à l'AFP Kifayatullah, un témoin qui tient un commerce à proximité de cette base militaire.

«Nous étions en train de prier dans une mosquée tout près. C'était impossible d'en sortir par la porte principale, alors nous avons sauté par la fenêtre pour nous enfuir», a-t-il ajouté.

«Les explosions et les tirs étaient assourdissants. C'était terrifiant!», a renchéri Sabitullah khan, un journalier dont la maison a été en partie endommagée par cette attaque, la base de Badaber étant située près d'un quartier résidentiel.

En matinée, une opération était toujours en cours afin de retrouver d'éventuels insurgés cachés sur place, a souligné l'armée.

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Souvenirs amers à Peshawar

Dans un courriel à l'AFP, le Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP), un regroupement de factions islamistes armées en lutte contre le gouvernement et l'armée, a revendiqué cet assaut mené par un «commando de kamikazes».

En décembre dernier, le TTP avait perpétré l'attentat le plus meurtrier de l'histoire moderne du Pakistan lorsqu'un de ses commandos s'était infiltré dans l'école publique de l'Armée (APS) à Peshawar pour abattre froidement plus de 150 personnes dont une majorité d'enfants.

Depuis, les rebelles islamistes ont mené des opérations ciblées contre les militaires et les minorités, notamment contre les musulmans chiites. L'attaque de vendredi est toutefois la plus audacieuse perpétrée à travers le pays par le TTP depuis ce massacre.

En réaction, l'armée pakistanaise avait intensifié ses opérations contre les fiefs djihadistes dans le nord-ouest du pays, en particulier dans les zones tribales de Khyber et du Waziristan du Nord, secteur qui a servi de QG au TTP, au réseau Haqqani et à Al-Qaïda au cours de la dernière décennie.

Cette semaine, l'aviation pakistanaise a ainsi bombardé la vallée de Shawal, un secteur reculé du Waziristan du Nord et couvert d'une forêt dense permettant aux insurgés de s'y cacher.

Après l'attaque contre l'école de Peshawar, le Pakistan avait également repris les exécutions de condamnés à mort et créé des tribunaux antiterroristes controversés autorisant l'armée à juger des civils à huis clos.

Depuis, le Pakistan a pendu plus de 200 condamnés à mort dont certains n'ont toutefois aucun lien avec des attentats ou les talibans locaux, dénoncent des organisations de défense de droits de l'homme qui appellent Islamabad à réinstaurer un moratoire sur la peine capitale.

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