Craintes pour le secteur du tourisme thaïlandais après l'attentat de Bangkok

L'attaque a frappé lundi, au sein d'un sanctuaire... (Photo BERTRAND LANGLOIS, AFP)

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L'attaque a frappé lundi, au sein d'un sanctuaire à ciel ouvert, lieu très fréquenté de la capitale thaïlandaise à une heure de pointe, y compris par les touristes.

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Agence France-Presse
BANGKOK

Le secteur du tourisme thaïlandais qui avait entamé son rebond après des temps difficiles en 2014 en raison de l'agitation politique se trouve face à un défi considérable après la mort de plusieurs étrangers dans un attentat lundi, d'après les analystes.

L'explosion d'une bombe qui a tué 20 personnes - dont 11 étrangers - est une attaque sans précédent dans la capitale thaïlandaise, pourtant marquée par une décennie d'instabilité politique, parfois violente.

L'attaque a frappé lundi, au sein d'un sanctuaire à ciel ouvert, lieu très fréquenté de la capitale thaïlandaise à une heure de pointe, y compris par les touristes.

Pour BMI Research, filiale du fournisseur d'informations financières Fitch Group l'attaque «pourrait compromettre la reprise dans le secteur du tourisme et enfoncer le pays dans les difficultés économiques».

La junte au pouvoir depuis un coup d'État en mai 2014 a tout de suite estimé que l'attaque avait pour but de porter atteinte au tourisme, secteur crucial pour l'économie du pays.

L'explosion a frappé Bangkok seulement quelques heures après la publication des chiffres de la croissance, qui montrent que l'économie est toujours à la peine au deuxième trimestre, notamment en raison d'une faible demande intérieure et d'exportations qui chutent.

Le tourisme, qui représente près de 8% du PIB du pays, et même près de 20% d'après des calculs qui tiennent compte des revenus indirects, a été l'un des rares points positifs.

Dans ce contexte, le baht, la monnaie thaïlandaise est tombée mardi au plus bas depuis six ans face au dollar. Et la Bourse de Bangkok a terminé en baisse de 2,6%, les entreprises liées au tourisme ayant particulièrement accusé le coup.

«Une perte de dynamisme dans le secteur du tourisme - le seul pilote de la croissance des entreprises en Thaïlande actuellement - présentera un nouveau risque de baisse de l'activité économique», estime la banque australienne ANZ dans une note.

Elle a averti que l'attentat pouvait potentiellement porter atteinte au secteur du tourisme, plus encore que les précédents épisodes de troubles politiques. Depuis une décennie, la Thaïlande a connu plusieurs cycles de violence meurtrière et deux coups d'État.

Mise en garde

«Les précédentes baisses de touristes ont été temporaires lors des derniers épisodes de troubles politiques en 2006, 2010 et 2014. Le risque est que cet attentat pourrait être perçu comme un développement plus négatif que l'agitation politique», ajoute la banque.

Début août, les autorités ont indiqué que 12,4 millions de touristes avaient visité le pays au cours des cinq premiers mois de cette année, une hausse de 25% par rapport à la même période de l'année dernière.

2014 a été une année sacrifiée pour le tourisme, les manifestations de rue qui se sont poursuivies pendant des mois avant d'aboutir à un coup d'État militaire, ayant fait fuir les visiteurs.

Jusqu'ici les touristes avaient rarement été pris pour cible en Thaïlande, même dans l'extrême sud secoué régulièrement par des attentats. Cette région limitrophe de la Malaisie est en proie à un conflit qui a fait plus de 6300 morts depuis 2004.

Après l'attentat de lundi, plusieurs pays ont mis en garde leurs ressortissants qui comptent se rendre dans la capitale thaïlandaise, notamment les États-Unis et la France.

Hong Kong, qui compte deux victimes, est même allé jusqu'à conseiller à ses résidents de repousser tout voyage non essentiel dans la capitale thaïlandaise.

Le sanctuaire touché se trouve au pied du Grand Hyatt, un hôtel cinq étoiles et il est entouré par plusieurs grands centres commerciaux qui attirent des dizaines de milliers de visiteurs chaque jour.

Le sanctuaire Erawan visé est un lieu très populaire dédié au dieu hindou Brahma, mais visité aussi chaque jour par des milliers de fidèles bouddhistes. Il est particulièrement populaire auprès des visiteurs chinois, qui sont de plus en plus nombreux à se rendre en Thaïlande.

D'après les autorités, plus de quatre millions de Chinois se sont rendus au «pays du sourire» sur les six premiers mois de l'année. Un nouveau record.

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