Explosions mortelles en Chine: plus de 200 experts au travail

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Les déflagrations sont parties d'un entrepôt de la zone portuaire de la ville, où étaient stockés des conteneurs de produits «dangereux» dont des produits chimiques.

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Benjamin Haas
Agence France-Presse
Tianjin, Chine

Plus de 200 experts militaires des armes chimiques et nucléaires ont entamé jeudi leurs travaux après les deux gigantesques explosions, dont on ignorait toujours l'origine, qui ont fait au moins 50 morts et plus de 700 blessés à Tianjin, métropole portuaire de l'est de la Chine, ont annoncé les médias d'État.

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Les déflagrations sont survenues mercredi peu avant minuit dans le «nouveau quartier de Binhai», vaste zone d'usines et d'entrepôts faisant la fierté de Tianjin, l'un des principaux ports chinois, à 140 km de Pékin.

Une boule de feu géante et des colonnes de flammes se sont élevées dans les airs, propulsant des nuages de poussière et de débris à des dizaines de mètres.

Sur des images spectaculaires, on voyait des barrières de feu enveloppant les bâtiments, des rangées de voitures calcinées et d'imposants conteneurs éparpillés tels des briques de jeux d'enfants.

Des bris de verre jonchaient les rues jusqu'à trois kilomètres autour du site du désastre, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les déflagrations sont parties d'un entrepôt de la zone portuaire, où étaient stockés des conteneurs de produits «dangereux» dont des produits chimiques, selon des médias d'État.

La puissance de la deuxième explosion a équivalu à la détonation de 21 tonnes de TNT, a indiqué le Centre chinois des réseaux de surveillance des séismes.

«J'ai pensé que c'était un tremblement de terre. Le ciel était rouge, j'étais terrifié», a raconté à l'AFP Zhang Zhaobo, un riverain.

«La boule de feu était énorme, peut-être haute de 100 mètres», décrivait de son côté Huang Shiting, un jeune homme de 27 ans vivant dans un immeuble à proximité.



***

Comme de nombreux autres habitants, il s'est précipité au-dehors à la première explosion. «Puis on a entendu une suite de déflagrations, les fenêtres volaient toutes en éclats. Des personnes sortaient en courant, en sang», a-t-il déclaré à l'AFP.

Dans la zone portuaire, des dortoirs pour travailleurs migrants n'étaient plus que des carcasses de tôle écrasées au sol.

Des composants «toxiques et nocifs»

La catastrophe a fait au moins 50 morts et quelque 700 blessés, dont 71 se trouvaient dans un état critique, selon un bilan officiel actualisé diffusé jeudi soir par l'agence de presse Chine nouvelle.

Les blessés affluaient jeudi aux urgences des hôpitaux de la ville, transportés sur des civières et pour beaucoup le visage ou les membres couverts de sang.

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«J'ai failli m'évanouir, j'étais affolé. Je suis encore un peu déboussolé», confiait à l'AFP Zhang Hongjie, un quinquagénaire, la tête enveloppée de bandages et les bras zébrés de coupures d'éclats de verre.

Après la destruction de son logement, cet agent de sécurité ne savait pas où il allait passer la nuit tandis que quelque 6000 personnes devaient être relogées jeudi soir.

Un médecin sanglotait devant le corps sans vie d'un pompier en uniforme, la peau noircie par la fumée. Au moins douze pompiers sont morts, selon Chine Nouvelle.

Des dizaines de pompiers, alertés suite à un début d'incendie, étaient présents sur les lieux avant que ne débutent les explosions.

Un millier de pompiers et 143 véhicules à incendie ont été déployés jeudi autour des entrepôts, avant que le feu ne soit «sous contrôle» dans l'après-midi.

Une équipe de 217 militaires spécialistes des armes nucléaires, bactériologiques et chimiques est également arrivée sur place pour participer aux opérations de nettoyage.

Ces experts ont effectué des relevés dans l'air ambiant, a précisé Chine nouvelle, selon laquelle les membres des équipes de secours ont reçu l'ordre de revêtir des combinaison de protection.

Des composants chimiques «toxiques et nocifs» ont en effet été détectés dans l'air, a annoncé Wen Wurui, directeur du département de l'environnement à la municipalité de Tianjin.

Mais «les niveaux observés ne sont pas excessivement au-dessus de la normale», a-t-il tempéré, au cours d'un briefing télévisé.

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Environ 10 000 voitures importées flambant neuves, alignées dans un dépôt, ont été détruites par les explosions.

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Voitures calcinées

En périphérie de cette métropole de 15 millions d'habitants, la zone de Binhai abrite des myriades d'usines, de raffineries et d'entreprises de pointe, mais ses infrastructures portuaires en font également une plateforme logistique cruciale.

Environ 10 000 voitures neuves récemment importées ont été détruites par le feu, dont près de 2750 de l'Allemand Volkswagen, selon le journal Qilu Wanbao. Le constructeur français Renault, contacté par l'AFP, a fait état de 1500 de ses véhicules détruits.

De son côté, l'avionneur européen Airbus, qui dispose d'une ligne d'assemblage de l'A320 à Binhai, a fait savoir qu'elle n'avait pas été directement touchée.

La cause des explosions restait inconnue, mais les responsables de la firme propriétaire de l'entrepôt Rui Hai International Logistics ont été arrêtés par la police, selon la presse chinoise.

La catastrophe rappelait le piètre bilan de la deuxième économie mondiale en termes de sécurité industrielle, les réglementations étant souvent ignorées pour des raisons de rentabilité et leur mise en oeuvre contrôlée de façon laxiste.

En juillet, 15 personnes avaient été tuées et plus de dix autres blessées dans l'explosion d'un site illégal de stockage de feux d'artifice dans le Hebei (nord).

En août 2014, 146 personnes (selon un bilan officiel ultérieur) avaient été tuées dans l'explosion d'une usine de pièces automobiles à Kunshan près de Shanghai.

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