La Cour suprême pakistanaise se saisit du cas de la chrétienne Asia Bibi

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Asia Bibi, mère de cinq enfants, a été condamnée à la peine capitale en 2010 après avoir été accusée d'avoir insulté le prophète Mahomet par des musulmanes de son village avec qui elle s'était disputée, des allégations qu'elle a toujours niées en bloc.

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Agence France-Presse
LAHORE, Pakistan

La Cour suprême du Pakistan a accepté mercredi d'examiner l'appel d'Asia Bibi, une chrétienne condamnée à mort pour blasphème et soutenue par plusieurs dirigeants occidentaux, dont le Pape François.

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Le mari d'Asia Bibi, Ashiq Masih, quitte la Cour suprême, à Lahore, le 22 juillet.

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Asia Bibi, mère de cinq enfants, a été condamnée à la peine capitale en 2010 après avoir été accusée d'avoir insulté le prophète Mahomet par des musulmanes de son village avec qui elle s'était disputée, des allégations qu'elle a toujours niées en bloc.

La chrétienne est depuis devenue un symbole du débat sur la loi sur le blasphème, un sujet ultra sensible dans cette république islamique où des accusations non prouvées peuvent conduire une foule à lyncher des suspects et où les acquittements sont rares.

Les avocats d'Asia Bibi avaient interjeté appel fin novembre devant la Cour suprême, la plus haute juridiction du pays, après la confirmation de sa peine de mort par la Haute cour de Lahore (est).

Mercredi matin, «la Cour suprême a accepté d'examiner l'appel de ma cliente contre la confirmation de sa peine de mort par la haute cour de Lahore», a annoncé à l'AFP l'un des avocats d'Asia Bibi, Saiful Malook, à la sortie de l'audience, tenue à Lahore.

La Cour va prochainement fixer une date pour le début de l'examen de l'appel, a ajouté l'avocat, qui dénonce des preuves contre sa cliente fabriquées de toutes pièces.

Le juge Saqib Nisar, à la tête du trio de magistrats de la Cour suprême chargé de l'affaire, a confirmé avoir accepté la demande des avocats d'Asia Bibi. Il a ajouté qu'il examinerait également la demande d'un avocat de l'accusation qui réclame l'annulation de l'appel, interjeté trop tard selon lui.

L'affaire a éclaté en 2009, après une dispute entre Asia Bibi et des femmes musulmanes qui travaillaient avec elle dans un camp de son village du Pendjab (est) et ont refusé de boire de l'eau dans un verre qu'elle, la non-musulmane, avait utilisé. Quelques jours, plus tard, ces femmes sont allées la dénoncer pour blasphème, provoquant son arrestation et son emprisonnement.

La controversée loi pakistanaise sur le blasphème prévoit la peine capitale pour quiconque est reconnu coupable d'avoir insulté le prophète Mahomet, et la prison à vie pour profanation du Coran.

Elle est défendue bec et ongles par les influents cercles religieux conservateurs de ce pays musulman à plus de 96 %, qui la considèrent comme essentielle pour protéger l'islam.

Elle est en revanche dénoncée par des défenseurs des droits de l'homme qui l'estiment instrumentalisée pour régler des conflits personnels ou fonciers, notamment contre les minorités religieuses discriminées telles que les chrétiens (1,6 % de la population), des abus régulièrement confirmés par des témoignages sur le terrain.

Le cas d'Asia Bibi a ému plusieurs dirigeants occidentaux, dont le Pape François, qui a déclaré en avril dernier «prier» pour elle.

Elle a également reçu le soutien de la mairesse de Paris Anne Hidalgo, qui a réclamé sa grâce et l'a élevée au rang de citoyenne d'honneur de sa ville en mars.

Au Pakistan, peu de responsables ont publiquement soutenu Asia Bibi, de peur d'être à leur tour accusés de blasphème ou menacés.

L'un des rares fut Salman Taseer, gouverneur de la province du Pendjab, qui s'était également déclaré favorable à une révision de la loi sur le blasphème. M. Taseer fut abattu en 2011 à Islamabad par un extrémiste religieux, Mumtaz Qadri, qui lui reprochait ces prises de position.

Ce meurtre, non condamné voire justifié par d'influents mouvements religieux, a horrifié la classe politique locale et contribué à décourager toute campagne visant à faire réformer cette loi.

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