Les talibans pakistanais appellent les Rohingya à lancer le djihad en Birmanie

Des activistes pakistanais scandent des slogans alors qu'ils... (PHOTO HASHAM AHMED, ARCHIVES AFP)

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Des activistes pakistanais scandent des slogans alors qu'ils manifestent à Peshawar pour dénoncer la situation des 1,3 million de Rohingya vivant en Birmanie, le 5 mai.

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Agence France-Presse
ISLAMABAD

Les rebelles talibans pakistanais ont appelé lundi les musulmans de Birmanie à prendre les armes contre leur gouvernement, en leur proposant soutien et formation pour les aider à défendre leurs droits en «tuant au nom de Dieu».

Ehsanullah Ehsan, porte-parole du Jamaat-ul-Ahrar, une faction du Mouvement des talibans du Pakistan (TTP), principal groupe armé rebelle du pays, déclare dans un message audio «partager la douleur» des Rohingya, minorité musulmane discriminée en Birmanie.

La Birmanie refuse de reconnaître les quelque 1,3 million de Rohingya comme des citoyens et leur impose des restrictions, une nette discrimination qui nourrit les tensions entre la majorité bouddhiste et ces musulmans dont beaucoup ont été mis dans des camps après un mouvement de révolte en 2012.

«Je m'adresse à la jeunesse de Birmanie: prenez les armes et tuez au nom de Dieu. N'ayez aucun doute, Dieu est avec nous», déclare M. Ehsan. «Nos centres (d'entraînement), nos ressources, nos formateurs, tout est à votre disposition», ajoute-t-il.

Environ 4 % des Birmans sont musulmans, dont un peu plus de la moitié sont Rohingya.

Le TTP, historiquement proche d'Al-Qaïda, a été créé en 2007 et a aussitôt déclaré la «guerre sainte» au gouvernement d'Islamabad, jugé trop proche des États-Unis, perpétrant depuis des centaines d'attentats qui ont fait plus de 7000 morts à travers le pays.

Il n'a jamais cherché à exporter ses activités hors du Pakistan, même si plusieurs djihadistes passés par ses bastions du nord-ouest du pays, le long de la frontière afghane, ont ensuite été combattre au Moyen-Orient. Le Français Mohamed Merah y était également brièvement passé avant de retourner en France et tuer 7 personnes, dont trois militaires et trois enfants juifs, début 2012.

Le sort des Rohingya est régulièrement déploré dans les médias et cercles dirigeants dans la République islamique du Pakistan.

«Les manifestations et autres résolutions condamnant» les discriminations envers les Rohingya n'ont eu que peu d'impact, souligne encore M. Ehsan, pour qui seul le djihad («guerre sainte») forcera les dirigeants birmans à changer d'attitude sur le sujet.

Après avoir conquis quelques territoires et multiplié les attentats dans les années qui ont suivi sa création, le TTP a été depuis affaibli par les offensives de l'armée pakistanaise et tirs de drones américains, qui ont notamment détruit la plupart de ses camps d'entraînement dans ses bastions du nord-ouest.

Ces dernières années, plusieurs groupes armés djihadistes, dont Al-Qaïda, ont exprimé leur soutien aux Rohingya et les ont exhortés à prendre les armes, des appels auxquels les musulmans birmans n'ont guère répondu jusqu'ici.

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