Pyongyang règne à coups d'exécutions «grotesques», dit Kerry

Lors de son passage en Corée du Sud, le... (Photo Saul Loeb, Reuters)

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Lors de son passage en Corée du Sud, le secrétaire d'État américain John Kerry a fustigé contre le régime nord-coréen et a tiré les oreilles du dirigeant Kim Jong-Un alors qu'un enfant s'est amusé avec les siennes.

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Park Chan-Kyong
Agence France-Presse
Séoul

Le secrétaire d'État américain John Kerry a mis en garde lundi la Corée du Nord contre de nouvelles sanctions et lancé une attaque virulente contre «l'extrémisme» d'un régime qui règne à coups d'exécutions «grotesques» et de provocations.

Le chef de la diplomatie américaine a déclaré que le tir d'essai récent par la Corée du Nord d'un missile balistique depuis un sous-marin (MSBS) prouvait que Pyongyang était à des années-lumière de vouloir se rapprocher de la communauté internationale.

«Au contraire, elle continue de développer des armes nucléaires et des missiles balistiques, elle continue de rompre ses promesses et de proférer des menaces, elle continue de montrer un mépris flagrant envers le droit international», a-t-il martelé à Séoul lors d'une conférence de presse avec son homologue sud-coréen Yun Byong-Se.

«C'est pourquoi il est important pour nous d'augmenter les pressions internationales sur la Corée du Nord pour qu'elle change de comportement», a-t-il dit, citant l'éventualité de nouvelles «sanctions ou d'autres moyens».

Ce pays pauvre, parmi les plus hermétiques du monde, est déjà sous le coup de toute une palette de sanctions après une série d'essais nucléaires et de tests de missiles balistiques menés en violation de résolutions de l'ONU.

Si le Nord parvenait à se doter d'un programme MSBS pleinement opérationnel, la menace nucléaire s'en trouverait fortement accrue: Pyongyang pourrait déployer ses armes bien au-delà de la péninsule et disposerait de capacités de représailles en cas d'attaque nucléaire.

Mépris des droits de l'Homme

John Kerry n'a pris aucun gant pour décrire la gouvernance du dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un, l'une des «démonstrations les plus extrêmes» d'un mépris des droits de l'Homme sans égal sur la planète.

Le responsable américain a évoqué «les récits d'exécutions publiques grotesques, horribles, macabres», commises au gré des caprices de Kim Jong-Un, souvent contre ceux qui lui sont le plus proches.

La semaine dernière, les services de renseignements sud-coréens (NIS) ont annoncé que le ministre nord-coréen de la Défense avait été victime d'une «purge» et vraisemblablement exécuté.

Les services secrets ont ajouté être en possession d'informations non confirmées selon lesquelles Hyon Yong-Chol aurait été exécuté à bout portant au canon anti-aérien.

Le NIS avait annoncé auparavant l'exécution depuis le début de l'année de 15 autres dignitaires nord-coréens pour avoir remis en cause l'autorité du jeune dirigeant.

D'après M. Kerry, il est «absolument essentiel» que la communauté internationale continue d'essayer de faire la lumière sur les violations des droits de l'Homme en Corée du Nord après la publication en 2014 d'un rapport sur le sujet par l'ONU qui a recommandé que Pyongyang soit traduit devant la Cour pénale internationale de La Haye.

À Pékin, où il se trouvait auparavant, M. Kerry avait exprimé l'espoir que l'accord conclu avec l'Iran sur son programme nucléaire puisse inspirer la Corée du Nord et la pousser à reprendre les pourparlers à six (Corée du Nord, Corée du Sud, Japon, États-Unis, Chine et Russie) sur le sujet.

Ces discussions, suspendues depuis décembre 2008, visent à obtenir de Pyongyang l'abandon de son programme d'armements nucléaires en échange d'avantages économiques et diplomatiques, et de garanties pour sa sécurité.

Washington s'était dit ouvert à des discussions avec Pyongyang qui doit auparavant faire preuve de bonne volonté. «Jusqu'à présent, en particulier avec sa provocation récente, il est clair que (Pyongyang) en est loin», a dit M. Kerry.

Le gouvernement du président Barack Obama a été accusé de s'être focalisé sur l'Iran au détriment de la Corée du Nord.

Des chercheurs américains ont averti récemment que la Corée du Nord semblait prête à accélérer son programme nucléaire au cours des cinq prochaines années, et, dans l'hypothèse la plus pessimiste, pourrait posséder 100 armes atomiques d'ici 2020.

John Kerry, qui a aussi souligné la force de l'alliance militaire avec Séoul, devait ensuite s'exprimer sur l'utilisation mal intentionnée du cyberespace et les mesures de protection à mettre en oeuvre.

Séoul accuse la Corée du Nord d'une série d'actes de piratage de ses institutions militaires, banques, agences gouvernementales, chaînes de télévision et sites de journaux ces dernières années. La Corée du Sud estime que le Nord dispose d'une unité d'élite forte de 6000 pirates.

Washington accuse également la Corée du Nord d'avoir été à la manoeuvre l'année dernière lors du piratage spectaculaire de Sony Pictures dont les auteurs exigeaient qu'il renonce à diffuser une comédie sur Kim Jong-Un, «L'interview qui tue».

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