La présidente sud-coréenne promet de renflouer le Sewol

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Des ballons jaunes ont été lâchés à la mémoire des 304 victimes du naufrage du Sewol, au port de Jindo, un an après le drame, le 16 avril.

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Jung Ha-Won
Agence France-Presse
ANSAN, Corée du Sud

Un an tout juste après le naufrage du traversier Sewol (304 morts), la présidente sud-coréenne a consenti jeudi à une exigence essentielle des familles endeuillées en promettant de renflouer le navire, mais sans réussir à apaiser leur colère.

«Je prendrai les mesures nécessaires pour récupérer le bateau dès que possible», a promis Park Geun-hye lors d'une brève visite sur l'île méridionale de Jindo, au large de laquelle le Sewol avait sombré le 16 avril 2014.

«J'ai bien peur que les mots de la présidente ne soient vides de sens.»

Yoo Gyoung-geun
porte-parole des familles des victimes
Le Sewol a fait naufrage le 16 avril au large... (PHOTO KIM HONG-JI, ARCHIVES REUTERS) - image 3.0

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Le Sewol a fait naufrage le 16 avril au large de la pointe sud de la péninsule coréenne, faisant plus de 300 morts, en majorité des écoliers en voyage scolaire.

PHOTO KIM HONG-JI, ARCHIVES REUTERS

Le tarversier transportait 476 personnes, dont 325 adolescents en voyage d'études, scolarisés dans un même établissement d'Ansan (sud de Séoul) : 250 d'entre eux sont morts dans la catastrophe qui a profondément choqué les Sud-Coréens.

Mais la promesse de remettre à flot le bateau de 6825 tonnes, pour un coût estimé à 110 millions de dollars, n'a pas suffi à calmer la colère des familles qui accusent les autorités d'indifférence. Elles ont boycotté une cérémonie officielle prévue dans l'après-midi.

Selon Yoo Gyoung-geun, porte-parole des familles, celles-ci voulaient ainsi marquer leur réprobation. Elles réclament aussi des assurances concernant une autre de leurs exigences : une enquête totalement indépendante sur le désastre.

«J'ai bien peur que les mots de la présidente ne soient vides de sens», a-t-il reproché.

Les familles sont soutenues par l'opinion publique même si certains conservateurs accusent des organisations de gauche d'exploiter la tragédie pour embarrasser le pouvoir en place.

L'enquête a mis en évidence une combinaison de facteurs : de la surcharge du navire à l'incompétence de l'équipage, en passant par des travaux d'agrandissement illégaux qui ont amoindri sa flottabilité. La lenteur des secours a également été mise en cause, de même que leur désorganisation.

Mais l'accident a aussi mis en exergue des problèmes endémiques de corruption et de normes de sécurité déficientes, imputés à la volonté des autorités de donner la priorité à la croissance économique avant toute autre considération.

Minute de silence

À Ansan, les drapeaux étaient en berne, des rubans jaunes du souvenir flottant au vent. À 10 h (21 h mercredi, heure de Montréal), les sirènes ont retenti dans la ville tandis que ses habitants observaient une minute de silence.

Guère découragés par la pluie torrentielle, des milliers de Sud-Coréens se sont rendus dans un hall de la mémoire où s'affichaient les portraits des élèves décédés.

Leurs proches sanglotaient, se frappaient la poitrine en déposant au pied de ces portraits des messages, des peluches ou même la nourriture favorite de leur enfant.

«Mon fils, j'espère que tu es heureux là-haut. Tu manques tant à ta maman», pouvait-on lire sur l'un de ces mots.

Sur un écran géant défilaient des photos des disparus. En dessous, une banderole proclamait : «Nous sommes désolés, nous vous aimons, nous n'oublierons pas».

Seuls 295 corps ont été récupérés par les sauveteurs alors que les plongeurs ont cessé en novembre leurs efforts pour retrouver les disparus, dont les familles étaient à l'avant-garde des appels au renflouage du bateau.

En Corée du Sud, la tradition confucéenne accorde une place primordiale aux funérailles, lesquelles marquent le respect aux défunts et garantissent leur repos éternel.

«Mon coeur saigne quand je pense aux neuf personnes toujours disparues dans les eaux glacées de la mer et à leur famille», a dit la présidente.

Mais elle a été empêchée de rendre hommage aux victimes près d'un autel spécialement construit sur le port de Jindo, par des familles qui avaient érigé une barricade. Et critiquée pour s'être envolée peu après en voyage officiel en Amérique latine.

De même, le premier ministre Lee Wan-koo n'a pu se rendre au hall de la mémoire d'Ansan.

Au lendemain de la tragédie, le gouvernement avait promis de remettre à plat les règles de sécurité en vigueur dans le pays. Mais bon nombre d'habitants estiment que ces promesses ont fait long feu.

«Rien n'a changé», écrivait jeudi le quotidien JoongAng dans un éditorial. «Le pays reste dangereux», renchérissait le Chosun Ilbo.

Les Sud-Coréens devraient participer en grand nombre à une veillée aux chandelles prévue en soirée à Séoul.

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