Thaïlande: le chef de la junte pourrait rester «au pouvoir pour longtemps»

Le général Prayut Chan-O-Cha, meneur du coup d'État... (PHOTO PORNCHAI KITTIWONGSAKUL, ARCHIVES AFP)

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Le général Prayut Chan-O-Cha, meneur du coup d'État de mai 2014, a promis d'organiser des élections fin 2015- début 2016 et de rendre le pouvoir à un gouvernement civil.

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Agence France-Presse
BANGKOK

Le chef de la junte thaïlandaise Prayut Chan-O-Cha, moqué sur les réseaux sociaux pour avoir qualifié son régime d'«à 99,99 % démocratique», a menacé mercredi de rester au pouvoir «pour longtemps», si ses détracteurs ne cessent de le critiquer.

«Pourquoi tout ce bazar au sujet des élections?», a-t-il lancé devant la presse. S'il n'y a pas d'élection, «est-ce qu'on va en mourir?», a ajouté cet adepte des déclarations à l'emporte-pièce, visiblement énervé, comme souvent.

«Si la situation ne change pas, je peux vous dire que je vais être au pouvoir pour longtemps (...) Je ne suis pas découragé, mais je suis de plus en plus en colère. Je suis un combattant, alors ne dites rien qui puisse me décourager», a-t-il encore dit.

Le général Prayut Chan-O-Cha, meneur du coup d'État de mai 2014, a promis d'organiser des élections fin 2015- début 2016 et de rendre le pouvoir à un gouvernement civil.

Mais aucun signe d'organisation d'élections n'est donné. La junte tente d'ici là de faire passer une nouvelle Constitution, qui verrouillerait le jeu politique, affaiblissant notamment les grands partis.

Le but des militaires est d'empêcher les ex-premiers ministres Thaksin et Yingluck Shinawatra de revenir au pouvoir, selon les analystes.

«Pourquoi tout ce bazar au sujet des élections? [S'il n'y a pas d'élection], est-ce qu'on va en mourir?»

le général Prayut Chan-O-Cha
meneur du coup d'État de mai 2014

Les partis des Shinawatra ont en effet remporté toutes les élections nationales depuis 2001, y compris après le coup d'État de 2006.

Depuis le coup d'État de mai 2014, les libertés civiques sont fortement restreintes, les manifestations interdites, ainsi que tout rassemblement politique.

Mais la colère est perceptible, notamment sur les réseaux sociaux, où se multiplient les moqueries contre le chef de la junte.

Celui-ci avait suscité la consternation après des propos sur la sécurité des touristes en bikinis, après le meurtre d'une jeune Britannique sur une plage du royaume. «Peuvent-elles être en sécurité en bikini (...) à moins de ne pas être jolies?», avait-il plaisanté.

Plus récemment, il a caressé longuement l'oreille et la tête d'un reporter, un geste déroutant devant les caméras de télévision.



Début mars, il avait été jusqu'à confier vouloir frapper «en pleine face» un journaliste qui l'interrogeait sur les résultats de son gouvernement, suscitant une protestation de l'Association des journalistes thaïlandais.

Les militaires ont justifié leur putsch par la nécessaire défense de la monarchie, dans un contexte d'inquiétude quant à la succession royale. Le roi de Thaïlande, Bhumibol Adulyadej, âgé de 87 ans, est hospitalisé depuis des mois.

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