Inde: deuxième lynchage en 24 h d'un homme accusé d'agression

La foule l'a traîné vers une place centrale... (PHOTO IMOJEN I JAMIR, AP)

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La foule l'a traîné vers une place centrale de la ville, l'a complètement déshabillé, battu, et son corps a été pendu à une tour, selon le journal The Hindustan Times. Ci-dessus, des membres de la foule lèvent les bras pour prendre une photo du corps du violeur présumé.

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Agence France-Presse
NEW DELHI

Un deuxième homme, accusé d'agression par des jeunes femmes, a été lynché vendredi en Inde par une foule en colère, au lendemain du lynchage d'un homme soupçonné de viol, a annoncé la police.

Un couvre-feu a été décrété vendredi par les autorités de la ville de Dimapur, dans l'État du Nagaland (nord-est) au lendemain du lynchage du premier homme, soupçonné de viol, et de la mort d'un autre homme dans des échauffourées avec la police.

L'homme, accusé d'avoir violé une femme à plusieurs reprises, a été extirpé jeudi d'une prison de la ville, battu à mort et pendu, d'après la presse locale.

«Un jeune homme de 25 ans, suspecté de faire partie de la foule en colère, a été blessé par les balles de la police. Il est ensuite décédé de ses blessures à l'hôpital», a déclaré le chef de la police de Dimapur, Meran Jamir.

Entretemps, un autre homme, accusé par un groupe de jeunes filles de les avoir agressées vendredi lors d'un festival hindou, a été battu à mort par une foule en colère dans la ville de Varanasi (nord), selon la police.

«La foule en colère s'est rassemblée après que des jeunes femmes se furent plaintes à leurs familles d'avoir été agressées (...) par quelques hommes de la région», a déclaré à l'AFP Anil Kumar, un responsable de la police locale.

L'homme tué, la cinquantaine, qui faisait partie des hommes accusés par les jeunes femmes, a été frappé avec des bâtons, a-t-il précisé, ajoutant que trois personnes avaient été arrêtées.

À Dimapur, la situation était «très tendue» vendredi, selon le chef de la police, et des centaines de policiers anti-émeutes patrouillaient dans les rues.

«Le couvre-feu restera appliqué jusqu'à ce que la situation s'améliore. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour éviter l'escalade», a déclaré à l'AFP par téléphone le chef du gouvernement de l'État du Nagaland, T. R .Zeliang.

Le suspect lynché était un immigré du Bangladesh, selon M. Zeliang, et les commerces bangladais de la ville ont subi une série d'attaques depuis jeudi, selon la police.

Les groupes tribaux du Nagaland accusent régulièrement les immigrants musulmans du Bangladesh voisin de s'installer illégalement sur leurs terres et de les priver de leurs ressources.

«Une manifestation contre le viol a eu lieu jeudi à Dimapur (la capitale économique du Nagaland), après laquelle une foule en colère a forcé les portes de la prison et réussi à faire sortir l'accusé, selon l'agence de presse The Press Trust of India.

La foule l'a traîné vers une place centrale de la ville, l'a complètement déshabillé, battu, et son corps a été pendu à une tour, selon le journal The Hindustan Times.

La question du viol en Inde est sensible depuis le meurtre fin 2012 d'une étudiante à New Delhi victime d'un viol en réunion, événement qui avait suscité une émotion dans le monde entier.

Un tribunal indien a interdit mercredi un documentaire montrant l'un des condamnés à mort pour ce viol en réunion s'en prendre au comportement de sa victime.

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