Deux accidents mortels dans les centrales de Fukushima

Un premier employé d'une entreprise tierce était tombé... (PHOTO AP/TEPCO)

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Un premier employé d'une entreprise tierce était tombé lundi matin du haut d'un réservoir de stockage d'eau de pluie contaminée dans la centrale Fukushima Daiichi ravagée par le tsunami.

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Karyn NISHIMURA-POUPÉE
Agence France-Presse
TOKYO

Deux accidents mortels survenus coup sur coup dans les deux centrales de la région dévastée de Fukushima ont ravivé mardi le débat sur la sécurité des travailleurs de ces sites hostiles mis en péril par le tsunami du 11 mars 2011, alors même que les ennuis semblaient s'être calmés pour la compagnie TEPCO.

Des interventions différentes conduites dans les centrales nucléaires Fukushima Daiichi (N° 1) et Daini (N° 2) se sont soldées mardi par le décès de deux hommes, a déploré Tokyo Electric Power (TEPCO).

Un premier employé d'une entreprise tierce était tombé lundi matin du haut d'un réservoir de stockage d'eau de pluie contaminée dans la centrale Fukushima Daiichi ravagée par le tsunami. Il devait effectuer une opération de contrôle avec deux autres personnes et s'ingéniait à dégager un couvercle de 51 kilogrammes qui l'a entraîné dans sa chute à l'intérieur de la citerne verticale, vide à ce moment.

«Nous ignorons la façon dont il a procédé, mais habituellement le couvercle n'est pas censé tomber à l'intérieur», a expliqué le directeur de la centrale, Akira Ono, lors d'une conférence de presse.

«Souffrant de multiples fractures et transporté pour recevoir des soins dans un hôpital de la ville d'Iwaki (à une vingtaine de kilomètres du site), ce travailleur est décédé mardi à 1 h 22» (lundi 11 h 22, heure de Montréal), a indiqué l'exploitant.

TEPCO n'a divulgué ni l'identité du défunt ni les fonctions exactes de ce quinquagénaire qui travaillait pour l'entreprise de BTP Hazama Ando.

Un premier accident mortel lors d'une intervention sur ce même site s'était déjà produit en mars 2014. Un travailleur avait été enseveli sous des sédiments lors de travaux d'excavation près d'une zone destinée à l'entreposage de déchets.

Par ailleurs, un autre ouvrier a été tué mardi matin dans la deuxième centrale de la région, Fukushima Daini, également exploitée par TEPCO et stoppée après avoir aussi souffert, mais dans une moindre mesure, du séisme et du tsunami de 2011.

«Un ouvrier d'une firme sous-traitante a perdu connaissance après avoir eu la tête coincée dans un équipement rotatif qui s'est mis à tourner alors qu'il serrait un boulon», a expliqué la compagnie.

«Souffrant d'une hémorragie externe à la tête, il a été transporté à l'hôpital où son décès a ultérieurement été confirmé», a-t-elle ajouté.



Prise de conscience insuffisante

«Prenant en compte ces deux accidents, nous avons demandé à tous les travailleurs du site et aux intervenants extérieurs de redoubler de vigilance», a assuré M. Ono.

«Tous les travaux seront suspendus mercredi 21 dans la centrale Fukushima Daiichi afin de procéder à des contrôles de sécurité», a-t-il précisé, tout en promettant «un examen détaillé des raisons qui ont entraîné ce drame humain afin de prendre des mesures supplémentaires de prévention».

De façon générale, les accidents signalés par l'opérateur étaient devenus plus rares ces derniers mois dans les installations de Fukushima, où des avancées majeures ont été effectuées.

La direction de TEPCO s'est notamment félicitée récemment du retrait sans incident du combustible nucléaire de la piscine du réacteur 4, ce qui a permis de supprimer un gros danger potentiel souvent pointé du doigt.

Mais les accidents de lundi et mardi relancent les critiques sur des failles face aux nombreux risques.

À Fukushima Daiichi, oeuvrent quotidiennement 3000 à plus de 6000 personnes dans un environnement particulièrement hostile.

Participent à ces travaux de nombreux salariés de sociétés sous-traitantes, une catégorie de travailleurs plus ou moins qualifiés sur lesquels TEPCO ne peut pas exercer son contrôle de la même façon que sur ses propres équipes.

L'ouvrier tombé au fond du réservoir vide avait certes un harnais, mais qui n'était accroché à aucun élément fixe à même de le retenir, a relaté le porte-parole de TEPCO.

Les difficultés croissantes de recrutement de personnel obligent aussi à se montrer moins sélectif sur les profils embauchés.

«La prise de conscience du danger est insuffisante pour une partie des intervenants», a souligné sur l'internet un travailleur connu sous le pseudonyme «Happy», auteur d'un livre de témoignage sur le quotidien à Fukushima Daiichi.

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