La Corée du Nord brandit la menace nucléaire après un vote à l'ONU

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Cette résolution est une «escroquerie», a réagi le ministère nord-coréen des Affaires étrangères, accusant les États-Unis d'être à la tête des tentatives pour humilier Pyongyang devant la communauté internationale.

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Giles HEWITT
Agence France-Presse
SÉOUL

La Corée du Nord a brandi jeudi la menace d'un nouvel essai nucléaire en réponse à une résolution à l'ONU qui constitue le premier pas vers une traduction du régime nord-coréen devant la justice internationale pour crimes contre l'humanité.

Au même moment, des images satellites ont montré que la Corée du Nord serait en train de démarrer une usine de retraitement destinée à l'extraction de plutonium de qualité militaire, sur son complexe nucléaire de Yongbyon.

Mardi à New York, la commission des droits humains de l'Assemblée générale de l'ONU a voté une résolution demandant au Conseil de sécurité de saisir la Cour pénale internationale (CPI) au sujet d'exactions reprochées au régime nord-coréen.

Cette résolution est une «escroquerie», a déclaré le ministère nord-coréen des Affaires étrangères, accusant les Etats-Unis d'être à la tête des tentatives pour humilier Pyongyang devant la communauté internationale.

«Cette agression de la part des Etats-Unis ne nous permet pas de nous retenir plus longtemps de mener un nouvel essai nucléaire», a-t-il ajouté dans un communiqué. «Notre capacité de dissuasion militaire sera renforcée sans limites afin de nous protéger de toute intervention militaire américaine et de toute tentative d'invasion armée».

L'ambassadeur de Corée du Nord à l'ONU, Sin Son-Ho, n'avait pas dit autre chose en réagissant avec colère à l'adoption de la résolution soutenue par plus de 60 pays.

La Corée du Nord a procédé à trois essais nucléaires, le dernier remontant à février 2013.

La résolution, non contraignante, est largement fondée sur un rapport de l'ONU de 400 pages publié en février, qui concluait après une longue enquête à des violations des droits humains par la Corée du Nord «sans égal dans le monde contemporain».

De tels abus en Corée du Nord sont connus depuis des années mais le caractère exhaustif de l'enquête et l'autorité de l'ONU soumettent Pyongyang à des pressions sans précédent.

Kim Jong-Un devant la CPI?

Pendant un an, les enquêteurs ont récolté des témoignages d'exilés nord-coréens, et documenté un vaste réseau de camps de prisonniers détenant jusqu'à 120 000 personnes, ainsi que des cas de torture, d'exécutions sommaires et de viols.

Le rapport estimait que la responsabilité de ces violations se trouvait au plus haut niveau de l'Etat et que celles-ci s'apparentaient à des crimes contre l'humanité.

Les autorités nord-coréennes redoutent à cet égard que le numéro un lui-même, Kim Jong-Un, ne soit personnellement déféré devant la CPI, même s'il totalement improbable qu'il accepte d'y comparaître volontairement.

La résolution doit être étudiée en décembre par l'ensemble de l'Assemblée générale. La question est de savoir si le Conseil de sécurité va suivre, et effectivement dénoncer le régime de Pyongyang à la CPI. La Chine, principale alliée de Pyongyang, et la Russie, membres permanents du Conseil, s'y opposeront très certainement.

Parallèlement aux menaces de Pyongyang, des images satellites ont montré que de la vapeur s'échappait d'une usine de retraitement du combustible à Yongbyon, d'après les chercheurs américains de l'Institut «USA-Corée» de l'Université Johns Hopkins de Washington.

Cela pourrait signifier que les Nord-Coréens procèdent à des opérations de maintenance et à des essais avant de démarrer l'activité. L'usine retraite le combustible émanant d'un réacteur de 5 mégawatts (MW) qui produit l'essentiel du plutonium pouvant entrer dans la composition d'une bombe atomique de la Corée du Nord.

Les images satellites montrent également que ce réacteur de 5 MW est resté à l'arrêt pendant 10 semaines, soit plus longtemps que requis pour des opérations de maintenance de routine. S'il est encore trop tôt pour en tirer des conclusions définitives, ont dit les chercheurs, c'est peut-être le signe que ce laps de temps a été mis à profit pour prélever «un nombre limité» de barres de combustible.

Fermé en 2007 dans le cadre d'un accord «aide contre désarmement», ce réacteur peut en principe produire six kilos de plutonium par an, une quantité suffisante pour fabriquer une bombe nucléaire, selon les experts étrangers.

La Corée du Nord a lancé la remise en état du site après son dernier essai nucléaire en 2013, et celui-ci serait redevenu opérationnel en octobre de la même année.

Après avoir utilisé une partie de son stock pour au moins deux de ses trois essais nucléaires, Pyongyang possèderait toujours assez de plutonium pour produire six bombes, selon les experts étrangers.

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