Inde: la police arrête l'insaisissable gourou Rampal Maharaj

Le gourou autoproclamé Rampal Maharaj (que l'on voit... (PHOTO SAJJAD HUSSAIN, AFP)

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Le gourou autoproclamé Rampal Maharaj (que l'on voit sur le panneau publicitaire), recherché par la justice notamment pour une affaire de meurtre, a été arrêté plus de 24 heures après l'assaut donné par la police qui a dû affronter plusieurs centaines de ses partisans.

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Sajjad Hussain WANI
Agence France-Presse
BARWALA, Inde

La police indienne a arrêté mercredi un gourou autoproclamé recherché par la justice dans le nord du pays et découvert cinq corps après avoir donné l'assaut contre son ashram (lieu d'enseignement spirituel) où des milliers de personnes étaient retenues depuis plusieurs jours.

Le gourou autoproclamé Rampal Maharaj, recherché par la justice notamment pour une affaire de meurtre, a été arrêté plus de 24 heures après l'assaut donné par la police qui a dû affronter plusieurs centaines de ses partisans.

Ranjit Singh, porte-parole de la police locale, a indiqué à l'AFP que le gourou âgé de 63 ans avait été emmené à bord d'une ambulance et qu'il devait subir des examens médicaux avant d'être présenté devant un tribunal.

Les forces de l'ordre ont également retrouvé cinq corps au lendemain de l'assaut lancé contre l'enceinte tenue par ce gourou autoproclamé, un site de 4,8 hectares, situé à 175 km au nord-est de New Delhi.

Les corps de quatre femmes, mortes dans des circonstances indéterminées, ont été retrouvés dans le vaste complexe avec celui d'un enfant de 18 mois qui semble avoir succombé de mort naturelle, a dit le directeur général de la police, SN Vashist.

Une sixième personne, adepte du gourou souffrant de problèmes cardiaques, est décédée après son transfert à l'hôpital, a-t-il poursuivi. «Tous les corps ont été emmenés à l'hôpital où ils vont subir une autopsie pour connaître les causes exactes de ces décès».

Plusieurs centaines des partisans du gourou ont résisté à l'offensive de la police. Plus d'une centaine de personnes étaient soignées à l'hôpital après les affrontements entre la police et les partisans du gourou.

L'homme refusait de répondre à plusieurs convocations de la justice qui l'accuse en particulier de complot en vue d'un meurtre, provocation d'émeute et outrage à la justice, selon l'agence Press Trust of India.

La police a lancé son assaut mardi, mais a dû affronter des centaines de partisans du gourou qui ripostaient par des jets de pierre et de cocktails Molotov. Elle a tiré au canon à eau et chargé à coups de bâtons les centaines de personnes gardant les lieux.

Quelque 500 paramilitaires ont été envoyés à Barwala, commune où est situé l'ashram, pour prendre le contrôle total de la situation, avait indiqué à l'AFP un responsable du ministère de l'Intérieur, sous couvert d'anonymat.

Boucliers humains

Dans la nuit de mardi à mercredi, de nombreuses personnes se trouvant à l'intérieur avaient fui, certaines déclarant avoir été retenues contre leur gré.

Selon la police, certaines personnes se trouvant à l'intérieur de l'ashram ont été utilisées comme boucliers humains pour protéger le gourou.

«Les gens qui ont quitté l'ashram ont dit pour la plupart qu'ils avaient été retenus contre leur volonté comme un bouclier pour le gourou en cas d'action de la police», a déclaré un responsable de la police, Jashandeep Singh, à l'AFP depuis l'extérieur de l'ashram.

Une foule de plusieurs milliers de personnes s'est déversée de l'ashram depuis l'assaut donné par la police. Selon M. Singh, environ 10 000 personnes ont pu quitter les lieux.

Le gourou est accusé d'avoir ordonné à ses adeptes de tirer contre des habitants d'un village lors de heurts en 2006 qui ont fait un mort et plusieurs blessés.

Rampal, ingénieur de formation, assure sur son site internet que ces accusations sont «fausses». Il demande à ses disciples d'obéir à ses ordres, de ne pas vénérer les dieux traditionnels et de ne pas participer à des «actions caritatives inutiles».

Plusieurs de ses partisans ont affirmé avoir dû se battre pour sortir de l'ashram et d'autres ont dit avoir perdu leur enfant dans la mêlée.

«Je ne parviens pas à retrouver ma fille qui était à l'intérieur. Je suis parvenu à sortir, mais je suis très inquiet pour elle», a déclaré Roop Rani à la chaine en hindi ABP.

Plusieurs scandales impliquant de prétendus gourous ont défrayé la chronique récemment en Inde, l'un d'entre eux étant accusé depuis l'an dernier d'avoir agressé sexuellement une écolière.

Certains gourous jouissent d'une popularité immense et occupent une place centrale dans la vie quotidienne des Indiens.

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