Premier pas pour traduire la Corée du Nord devant la CPI

Soutenu par plus de 60 pays, le projet... (Photo Wong Maye-E, AP)

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Soutenu par plus de 60 pays, le projet de résolution est largement basé sur un rapport de l'ONU de 400 pages, rendu public en février, qui concluait après une longue enquête à des violations des droits de l'homme par la Corée du Nord «sans égal dans le monde contemporain».

Photo Wong Maye-E, AP

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Carole LANDRY
Agence France-Presse
NATIONS UNIES

Les Nations unies ont fait mardi un premier pas vers la poursuite de la Corée du Nord devant la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l'humanité, provoquant la colère de Pyongyang.

Après un débat tendu, la commission des droits humains de l'Assemblée générale a voté une résolution demandant au Conseil de sécurité de saisir la CPI, par 111 voix pour, 19 contre et 55 abstentions.

La mesure, qui n'est pas contraignante, va maintenant être étudiée en décembre par l'ensemble de l'Assemblée générale.

Le vote a suscité la colère de l'ambassadeur de Corée du Nord, Sin So HO, qui a annoncé qu'il n'y avait «plus besoin de dialogue sur les droits humains» avec l'Union européenne, à l'origine de cette résolution avec le Japon.

Il a mis en garde contre des conséquences considérables, et déclaré qu'il n'y avait pas de raison pour Pyongyang «de ne pas se retenir plus longtemps de conduire des essais nucléaires».

«Les parrains et partisans de ce projet de résolution devraient être tenus pour responsables de toutes les conséquences, car ce sont eux qui ont détruit la possibilité et les conditions pour une coopération en matière de droits humains», a-t-il asséné.

Dans la matinée, le projet de résolution avait donné lieu à un débat tendu, Cuba essayant en vain d'obtenir un amendement qui l'aurait vidé de sa substance, en retirant la disposition demandant au Conseil de sécurité d'envisager de traduire la Corée du Nord devant la CPI.

L'ambassadeur cubain Rodolfo Reyes Rodriguez avait déclaré que ce genre de résolution se concentrant sur un seul pays comme la Corée du Nord était devenu «un outil pour attaquer les autres», et demandé ce que le texte soit amendé pour appeler à une «approche coopérative» avec Pyongyang.

Le Bélarus, l'Equateur, l'Iran, la Chine, la Russie, l'Afrique du Sud et le Venezuela avaient appuyé la demande de Cuba, beaucoup affirmant que le texte n'était pas équilibré.

«Crimes épouvantables»

Mais l'amendement cubain avait été rejeté par un vote de 77 à 40, 50 pays s'abstenant.

Soutenu par plus de 60 pays, la résolution adoptée par la commission chargée de statuer spécifiquement sur les infractions aux droits humains est largement basée sur un rapport de l'ONU de 400 pages, rendu public en février, qui concluait après une longue enquête à des violations des droits humains par la Corée du Nord «sans égal dans le monde contemporain».

Pendant un an, les enquêteurs ont récolté des témoignages d'exilés nord-coréens, et documenté un vaste réseau de camps de prisonniers détenant jusqu'à 120.000 personnes, ainsi que des cas de torture, d'exécutions sommaires et de viols.

La responsabilité de ces violations se trouve au plus haut niveau de l'Etat, selon l'enquête dirigée par le juge australien Michael Kirby, qui a conclu qu'elles s'apparentaient à des crimes contre l'humanité.

Après ce vote en commission, la question est maintenant de savoir si le Conseil de sécurité va suivre, et effectivement dénoncer le régime de Pyongyang à la CPI. La Chine, principale alliée de Pyongyang, et la Russie, membres permanents du Conseil, s'y opposeront très certainement. Ces deux pays ont voté non mardi.

Les défenseurs des droits humains se sont à l'inverse félicité du vote qui, selon eux, met la pression sur le Conseil de sécurité pour qu'il agisse.

«La résolution aujourd'hui de l'Assemblée générale affirme le besoin pour un tribunal de s'occuper des crimes épouvantables du gouvernement nord-coréen», a déclaré le directeur de Human Rights Watch, Kenneth Roth.

«Le Conseil de sécurité devrait suivre en renvoyant la Corée du Nord à la Cour pénale internationale pour enquêter sur la longue liste de crimes contre l'humanité», a-t-il ajouté.

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