Barack Obama entame son périple asiatique

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Le président Obama et son homologue chinois, Xi Jinping, hôte du sommet de l'APEC, à Pékin, le 10 novembre.

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Agence France-Presse
PÉKIN

Le président américain Barack Obama est arrivé lundi matin à Pékin, première étape d'une tournée asiatique dominée par une série de rencontres avec son homologue chinois Xi Jinping, qui le conduira également en Birmanie et en Australie.

Le président américain a été accueilli à sa descente de l'avion par le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi sous un grand ciel bleu et froid. La capitale chinoise, qui étouffe chroniquement sous les pics de pollution atmosphérique, a pris des mesures draconiennes pour disperser ses brumes polluantes avant d'accueillir le sommet de l'Asie-Pacifique (APEC).

Le président Obama et son homologue russe Vladimir Poutine se sont brièvement rencontrés lundi à Pékin en marge du sommet de l'APEC, a annoncé un haut responsable américain.

Les deux dirigeants, engagés depuis des mois dans un bras de fer sur la crise ukrainienne, «ont simplement eu une brève rencontre au cours de laquelle ils n'ont pas eu le temps d'aborder les problèmes», a indiqué ce responsable sous couvert d'anonymat.

Lors de sa première rencontre avec le nouveau président indonésien Joko Widodo, M. Obama a salué le rôle joué par l'Indonésie dans la lutte contre l'extrémisme religieux.

«L'Indonésie, qui est l'une des plus grandes démocraties du monde et qui compte une importante communauté islamique, a joué un rôle extraordinaire dans la promotion du pluralisme et le respect de la diversité religieuse», a-t-il souligné.

M. Obama, qui a passé une partie de son enfance en Indonésie, a invité son homologue à Washington, soulignant que les États-Unis entendaient être «un partenaire fort» de son pays.

Issu d'un milieu modeste, Jokowi est le premier président ne venant pas de l'élite politico-militaire qui était aux commandes du plus grand pays musulman au monde depuis la chute du dictateur Suharto en 1998.

Accord sur les visas avec la Chine

Le président américain Barack Obama a annoncé lundi à Pékin un accord d'extension des visas pour les Chinois allant étudier ou travailler aux États-Unis, assurant qu'il était dans l'intérêt des États-Unis que la Chine prospère.

«Les États-Unis sont favorables à l'émergence d'une Chine prospère, pacifique et stable», a lancé M. Obama à l'ouverture du sommet Asie-Pacifique de l'APEC, appelant à un renforcement des liens bilatéraux entre Washington et Pékin.

Le président américain a annoncé un accord d'extension réciproque des visas: jusqu'à cinq ans pour les étudiants, et jusqu'à dix ans pour les touristes et les hommes d'affaires.

Quelque 1,8 million de Chinois se sont rendus l'an dernier aux États-Unis, selon M. Obama, soit une contribution de 21 milliards de dollars à l'économie américaine et un soutien à plus de 100 000 emplois locaux.

«Cet accord (sur les visas) pourrait nous aider à quadrupler ces chiffres», s'est-il félicité, en notant que le président chinois, Xi Jinping, avait joué un rôle de «partenaire» sur ce dossier.

Toujours sur le plan économique, M. Obama a demandé à la Chine de mettre en place des garanties de traitement plus équitable des entreprises étrangères sur son sol, alors que les autorités à Pékin ont récemment enclenché des enquêtes antimonopole visant des multinationales.

«Nous ne suggérons pas cela parce que c'est bon pour nous», a-t-il affirmé. «Nous suggérons que la Chine fasse cela pour favoriser une croissance durable et la stabilité dans la région Asie-Pacifique», a-t-il affirmé, promettant de soulever cette question lors de ses entretiens avec son homologue chinois, mardi et mercredi.

Dimanche, le numéro un chinois s'était voulu rassurant sur la santé de la deuxième économie mondiale, qui a enregistré au troisième trimestre un net ralentissement de sa croissance, au plus bas depuis cinq ans. «Il existe en effet des risques, mais ils ne sont pas si effrayants que cela», a-t-il déclaré.

Le président américain a par ailleurs appelé avec force au respect des droits de l'homme et de la liberté de la presse.

«Nous n'attendons pas de la Chine qu'elle suive le modèle américain en toutes circonstances. Mais nous continuerons à nous préoccuper des droits de l'homme», a-t-il déclaré, interrogé par la presse sur la situation à Hong Kong.

«Il y a un certain nombre de choses dans lesquelles les États-Unis croient», a-t-il ajouté, citant en particulier la liberté d'expression et la liberté de rassemblement.

Tout en soulignant que «la situation entre la Chine et Hong Kong était historiquement compliquée et dans une période de transition», M. Obama a jugé «irréaliste» que les États-Unis mettent leurs préoccupations de côté.

«Notre message principal a été de s'assurer que la violence soit évitée», a-t-il déclaré à propos des manifestations.

Le nombre de manifestants du mouvement prodémocratie qui réclame l'instauration d'un véritable suffrage universel à Hong Kong s'est considérablement réduit depuis les premiers jours de la mobilisation, il y a plus d'un mois. Des irréductibles continuent cependant d'occuper trois quartiers de l'ancienne colonie britannique passée sous tutelle chinoise.

En marge du sommet lui-même, Barack Obama doit retrouver Xi Jinping mardi et mercredi. La Maison-Blanche a promis «des conversations franches et approfondies». La relation ente les deux grandes puissances, «la plus fondamentale dans le monde d'aujourd'hui», selon les termes du secrétaire d'État John Kerry, fait l'objet de tensions récurrentes: mer de Chine, piratage informatique, droits de l'homme.

Pas de reprise du dialogue avec Pyongyang

La Corée du Nord devrait aussi figurer au menu des discussions entre les deux dirigeants. À la veille du départ de M. Obama, les deux derniers Américains détenus là-bas, Kenneth Bae et Matthew Todd Miller, ont été libérés, suscitant des interrogations sur les motivations du régime communiste.

Washington s'est félicité de leur élargissement - M. Obama évoquant «un jour merveilleux» - venant deux semaines après la libération surprise d'un autre Américain, Jeffrey Fowle.

Le président Barack Obama a affirmé lundi à Pékin qu'une reprise du dialogue avec la Corée du Nord n'était pas à l'ordre du jour, soulignant qu'il faudrait «plus» que la libération des deux Américains pour faire évoluer la position des États-Unis.

«Nous avons toujours dit que si les Nord-coréens étaient déterminés à s'engager dans la dénucléarisation (...), les États-Unis étaient ouverts à l'idée de chercher une solution», a déclaré le président américain lors d'un point de presse en marge du sommet de l'APEC.

«À ce jour, nous n'avons pas constaté d'engagement sérieux de la part de Pyongyang sur ce problème», a-t-il ajouté.

Deux jours après la libération des deux derniers prisonniers américains en Corée du Nord, à la faveur d'une mission secrète dans ce pays du patron du renseignement américain, M. Obama a souligné qu'il était «très heureux pour les familles».

Mais il faudra plus que «des petits gestes tels que ceux-là» pour faire évoluer la position des États-Unis et de ses partenaires, a-t-il martelé.

Avec son allié sud-coréen, Washington soutient que l'ouverture d'un dialogue à haut niveau ne pourra avoir lieu que si Pyongyang démontre une volonté indiscutable d'abandonner son programme nucléaire.

Au point mort depuis 2009, les négociations à Six qui visent à faire renoncer le Nord au développement de sa technologie nucléaire militaire en échange d'une aide financière et humanitaire, regroupent les deux Corées, la Chine, les États-Unis, la Russie et le Japon.

En Birmanie, M. Obama rencontrera à la fois le président birman Thein Sein et l'opposante Aung San Suu Kyi, à l'approche des élections législatives cruciales de 2015.

Le président américain participera en fin de semaine à Brisbane, en Australie, au sommet du G20 au cours duquel il pourrait encore croiser son homologue russe Vladimir Poutine même si aucune rencontre bilatérale n'est officiellement prévue.

La Maison-Blanche a fait part dimanche de son inquiétude sur l'intensification des combats dans les régions séparatistes de l'est de l'Ukraine, rappelant que toute tentative de la part des rebelles prorusses de s'emparer de davantage de territoire constituerait une «flagrante violation» des accords de cessez-le-feu.

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