Pakistan: au moins 55 morts dans un attentat suicide

L'attentat suicide à Wagah n'avait pas été revendiqué... (Photo Arif Ali, AFP)

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L'attentat suicide à Wagah n'avait pas été revendiqué dans l'immédiat, mais porterait la marque des talibans pakistanais du TTP, de leurs branches affiliées dans la province du Penjab, voire d'Al-Qaïda.

Photo Arif Ali, AFP

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Waqar HUSSAIN
Agence France-Presse
LAHORE

Au moins 55 personnes sont mortes dimanche soir dans un attentat suicide à la frontière entre le Pakistan et l'Inde, deux puissances nucléaires rivales, l'attaque la plus sanglante menée cette année au «pays des purs» endeuillé au quotidien par les violences islamistes.

L'attentat a eu lieu juste après une cérémonie à Wagah, principal poste frontière entre l'Inde et le Pakistan situé à la sortie de Lahore, la capitale de la province du Pendjab, la plus peuplée du Pakistan, mais généralement épargnée par les violences.

Chaque jour, des milliers de Pakistanais et d'Indiens se rendent de leur côté respectif de la frontière, à Wagah, afin d'assister à des célébrations hautes en couleur, avec forte musique et mini-défilés militaires, marquant ainsi la rivalité entre les deux puissances nucléaires rivales.

Mais alors que la foule commençait à rentrer chez elle après la cérémonie, une forte explosion a retenti côté pakistanais, selon Amin Wains, chef de la police de Lahore.

«Le kamikaze n'a pas réussi à pénétrer dans le dispositif de sécurité de la frontière, il s'est donc fait exploser juste à la sortie du poste-frontière lorsque les gens quittaient les lieux», a déclaré Tahir Javed, chef des Rangers, un corps de paramilitaires, pour la province du Pendjab.

«L'attentat a fait 55 morts, incluant des femmes et des enfants, et 120 blessés», a déclaré à l'AFP Mushtaq Sukhera, chef de la police du Pendjab, faisant ainsi de l'attentat de Wagah, le plus meurtrier commis au Pakistan depuis celui contre une église de Peshawar (nord-ouest) ayant causé la mort de 80 personnes en septembre 2013.

À l'hôpital Gurkhi, de Lahore, des familles pleuraient la mort de leurs proches, consolaient des blessés encore sous le choc ou tentaient de retrouver des leurs. «Nous avons quitté les lieux dans la panique juste après l'explosion. Je cherche mes trois frères, mais je ne les trouve pas», se désolait Muhammad Imran, âgé de 12 ans, rencontré dans cet hôpital.

Le premier ministre pakistanais Nawaz Sharif, dont Lahore est le fief politique, a vivement condamné cette attaque et ordonné l'ouverture d'une enquête exhaustive par la police, qui a souvent du mal à mener des enquêtes poussées à la suite d'attentats, alors que les autorités provinciales ont annoncé une indemnisation de 500 000 roupies (9175 $CAN) pour les familles des personnes tuées.

En Inde, les autorités ont annoncé avoir renforcé la sécurité le long de la frontière pakistanaise. «Notre côté est sécurisé... nous avons déclaré une alerte rouge après l'attentat au Pakistan», a indiqué R.P.S Jawal, vice-inspecteur général des gardes-frontières indiens.

Confusion talibane

Cet attentat intervient après une recrudescence des bombardements entre le Pakistan et l'Inde dans la région disputée du Cachemire, à l'origine de deux guerres entre les deux pays, et alors que l'armée pakistanaise mène une opération dans les fiefs talibans du Nord-Ouest, frontaliers de l'Afghanistan.

La confusion régnait dimanche quant à savoir qui avait orchestré ce rare attentat à la frontière entre l'Inde et le Pakistan. Trois groupes liés aux talibans pakistanais - le Jundullah, le Jamaat ul-Ahrar et une faction du Waziristan du Sud - ont revendiqué la paternité de l'attaque, les deux premiers groupes affirmant vouloir venger leurs combattants tués dans l'opération de l'armée près de la frontière afghane.

Depuis le début, à la mi-juin, de cette opération, plus de 1100 insurgés ont été tués, selon les forces pakistanaises, un bilan toutefois contesté par les talibans qui affirment avoir quitté les lieux en grand nombre avant le début de l'offensive.

Au cours des dernières semaines, les affrontements se sont en partie déplacés dans la zone tribale de Khyber, également frontalière de l'Afghanistan. Ce week-end, huit soldats pakistanais avaient d'ailleurs perdu la vie dans de nouveaux heurts contre les insurgés.

L'attentat à la frontière de Wagah, l'un des rares lieux touristiques dans un pays miné au quotidien par les violences de groupes islamistes armés, intervient à l'avant-veille des célébrations musulmanes de l'Achoura, illustrée par des processions de la minorité chiite à travers le pays.

Les autorités avaient ainsi renforcé la sécurité ce week-end dans les principales villes du Pakistan pour la fête de l'Achoura, endeuillée ces dernières années par des attentats de groupes sunnites extrémistes contre la minorité musulmane chiite, qui représente 20% de la population de ce pays de 180 millions d'habitants.

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