Échanges de tirs à la frontière entre les deux Corées

Des soldats sud-coréens montent la garde à un... (PHOTO AHN YOUNG-JOON, ARCHIVES AP)

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Des soldats sud-coréens montent la garde à un barrage près de Panmunjom, à la frontière séparant les deux Corées, le 17 septembre.

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Agence France-Presse
SÉOUL

Les deux Corées ont brièvement échangé des tirs dimanche dans la zone démilitarisée (DMZ) intercoréenne, a annoncé le ministère sud-coréen de la Défense.

Il s'agit du deuxième incident de cette nature en moins d'un mois le long de la frontière terrestre entre les deux États rivaux. Aucune victime n'a été signalée.

Selon un responsable du ministère sud-coréen de la Défense, ces tirs se sont produits lorsque des gardes-frontières sud-coréens ont repéré une patrouille militaire nord-coréenne qui s'approchait de la ligne de démarcation militaire au milieu de la DMZ.

«Des avertissements ont été lancés oralement par haut-parleur et puis des tirs de sommation ont été tirés», a dit le responsable. «Les troupes nord-coréennes ont alors ouvert le feu sur nos militaires qui ont répliqué».

Ces échanges de tirs ont duré une dizaine de minutes.

En dépit de son nom, la DMZ est probablement la frontière la plus militarisée au monde. Il s'agit d'une bande de terre de 4 km de large et de 248 km de long, parsemée de barrières électrifiées, de champs de mines et de murs antichars. La ligne de démarcation militaire qui marque la frontière entre les deux États rivaux la traverse en son centre.

Selon une source militaire, les troupes sud-coréennes ont effectué des tirs de sommation ou lancé des avertissements oraux à deux reprises au cours des dernières 24 heures.

Le 10 octobre, les armées des deux pays avaient échangé des tirs nourris de mitrailleuse de part et d'autre de la frontière terrestre alors que le Nord venait d'ouvrir le feu sur des ballons transportant des tracts hostiles à Pyongyang.

Si des échanges de tirs à la frontière maritime entre les deux États se produisent de temps à autre, les heurts à la frontière terrestre, hautement militarisée, sont plus rares.

Les deux États n'ont pas signé d'armistice à la fin de la guerre de Corée en 1953 et sont toujours techniquement en guerre.

Mercredi dernier, de hauts responsables militaires sud et nord-coréens se sont rencontrés pour la première fois en sept ans. Les discussions entre plusieurs officiers, dont des généraux, se sont tenues pendant cinq heures dans le village frontalier de Panmunjom, où fut signé l'armistice de 1953, mais n'ont débouché sur aucun accord.

Le Nord a ensuite accusé le Sud d'arrogance.

Ces incidents sont relativement mineurs, mais pour Yang Moo-Jing, professeur à l'université des études nord-coréennes de Séoul, la moindre escarmouche peut dégénérer. «Les nerfs des soldats des deux côtés sont mis à l'épreuve et cela accroît le risque d'un heurt accidentel qui dérape», conduisant à une escalade «incontrôlable», a-t-il estimé.

Pyongyang est particulièrement irrité par les lâchers de tracts au-dessus de la frontière, dispersés depuis des années par des militants sud-coréens, dont bon nombre sont des Coréens du Nord ayant fait défection. Il s'agit de tracts de propagande dénonçant le caractère autoritaire du régime communiste et appelant les Nord-Coréens à chasser leurs dirigeants.

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