Nouvelle visite de parlementaires japonais au sanctuaire controversé Yasukuni

Ignorant ces tensions, des parlementaires conservateurs nippons vont... (PHOTO YUYA SHINO, REUTERS)

Agrandir

Ignorant ces tensions, des parlementaires conservateurs nippons vont régulièrement prier en masse au Yasukuni, un lieu de culte qui accueille par ailleurs un très large public, lors de ses différents festivals, ainsi que pour l'anniversaire de la capitulation japonaise le 15 août 1945.

PHOTO YUYA SHINO, REUTERS

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Harumi OZAWA, Anne BEADE
Agence France-Presse
TOKYO

Plus de 100 parlementaires japonais se sont rendus vendredi matin au sanctuaire Yasukuni de Tokyo à l'occasion du festival d'automne de ce lieu de culte shintoïste, considéré par la Chine et la Corée du Sud comme le symbole du militarisme nippon passé.

«Il est naturel que nous rendions hommage et exprimions notre sincère gratitude aux gens qui ont sacrifié leur vie pour le pays», a déclaré à la presse le chef de ces 110 élus issus de plusieurs partis, le sénateur Hidehisa Otsuji.

Lui-même est membre du Parti Libéral-Démocrate (PLD, droite) présidé par le premier ministre Shinzo Abe, comme la plupart des parlementaires coutumiers de ces visites.

«Il est étrange qu'on reproche aux Japonais des pratiques qui sont courantes dans n'importe quel autre pays du monde», a-t-il déploré.

M. Abe, aux convictions nationalistes assumées, a pour sa part fait déposer un arbre sacré, mais ne devrait pas s'y rendre en personne ce week-end.

Actuellement en déplacement à Milan en Italie dans le cadre de l'Asem, forum entre l'Europe et l'Asie, il aurait décidé de faire profil bas pour ne pas irriter son voisin chinois, évoquant récemment «un couple inséparable».

Le dirigeant japonais - qui multiplie les appels à un sommet bilatéral alors que s'esquisse un timide apaisement - espère en effet rencontrer le président Xi Jinping en novembre à Pékin, en marge du forum de coopération économique Asie-Pacifique (Apec).

Shinzo Abe était allé se recueillir au Yasukuni en décembre 2013 pour fêter la première année de son retour au pouvoir, mais il s'est abstenu depuis de réitérer ce geste vécu comme un affront par Pékin et Séoul, d'autant qu'il s'agissait de la première visite d'un chef de gouvernement japonais depuis 2006. Même Washington avait publiquement fait part de sa «déception».

«Remords profonds»

Mercredi, l'ambassadeur de Chine, Cheng Yonghua, a de nouveau estimé «qu'une juste compréhension par le Japon de l'invasion militaire passée et des remords profonds constituait le socle essentiel pour développer et solidifier les relations».

Outre ces querelles liées à l'histoire de la dernière guerre, les deux puissances asiatiques sont particulièrement en froid depuis la nationalisation par Tokyo à l'automne 2012 de trois des îles Senkaku en mer de Chine orientale, territoires revendiqués par Pékin sous l'appellation Diaoyu.

La Corée du Sud, qui elle aussi entretient un conflit territorial avec le Japon, n'a pour sa part de cesse de réclamer aux Japonais de se repentir pour avoir réduit en esclavage sexuel des dizaines de milliers de femmes, dites «de réconfort», dans des bordels de l'armée nippone durant l'occupation de la péninsule.

Ignorant ces tensions, des parlementaires conservateurs nippons vont régulièrement prier en masse au Yasukuni, un lieu de culte qui accueille par ailleurs un très large public, lors de ses différents festivals, ainsi que pour l'anniversaire de la capitulation japonaise le 15 août 1945.

En août dernier, trois ministres s'étaient joints à eux, au grand dam des diplomates chinois et sud-coréens qui n'avaient pas manqué de réagir.

Cette fois, le ministre de la Santé Yasuhisa Shiozaki a fait porter une offrande, selon les médias nippons, mais aucun autre membre du gouvernement n'avait été aperçu aux abords du sanctuaire vendredi.

La ministre des Affaires intérieures et de la Communication, Sanae Takaichi, une des cinq femmes promues lors du remaniement du gouvernement début septembre, a cependant fait savoir qu'elle pourrait s'y rendre.

«J'ai offert par le passé mon respect aux âmes (des hommes tombés pendant la guerre) chaque printemps, été et automne, de même qu'à d'autres occasions», avait-elle rappelé mardi, selon l'agence de presse Jiji. «J'aimerais leur rendre hommage quand j'aurai un moment.»

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer