Hong Kong: les leaders étudiants acceptent de discuter avec le gouvernement

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Les leaders des étudiants contestataires, représentant la majorité des manifestants à Hong Kong, ont annoncé vendredi qu'ils acceptaient de discuter avec le gouvernement de leurs revendications, tout en continuant d'appeler à la démission du chef de l'exécutif local.

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Gaël BRANCHEREAU, Jerome TAYLOR
Agence France-Presse
HONG KONG

Les leaders du mouvement des étudiants, représentant la majorité des manifestants à Hong Kong, ont accepté d'entamer des discussions avec le gouvernement local, mais contestent toute légitimité à son chef qui, de son côté, refuse de démissionner.

«La Fédération des étudiants de Hong Kong va avoir une rencontre publique avec la secrétaire en chef de l'Administration, Mme Carrie Lam», le numéro deux du gouvernement dans cette ex-colonie britannique, a déclaré vendredi ce groupe dans un communiqué, après l'offre de dialogue faite jeudi par le chef de l'exécutif hongkongais Leung Chun-ying.

Les dirigeants étudiants ont à cette occasion une nouvelle fois dit souhaiter le départ de ce dernier.

«Leung a d'ores et déjà perdu son intégrité et trahi la confiance que le peuple avait en lui. Il a non seulement refusé au peuple une vraie réforme politique, mais a ordonné une violente mesure de répression à l'encontre des contestataires pacifiques, en utilisant du gaz lacrymogène. Sa démission n'est qu'une question de temps», selon ce communiqué.

«Le peuple de Hong Kong continuera (son) mouvement d'occupation jusqu'à ce qu'un véritable suffrage universel voie le jour», assure encore la Fédération des étudiants.

Le chef de l'exécutif hongkongais avait, quant à lui, opposé la veille une fin de non-recevoir aux appels à sa démission, tout en se déclarant prêt à dialoguer avec les étudiants.

Leung Chun-ying, perçu par les contestataires comme l'homme de main de Pékin à Hong Kong, avait été pressé de quitter ses fonctions avant la fin de la journée de jeudi. Les leaders étudiants du mouvement prodémocratie menaçaient dans le cas contraire d'intensifier leurs actions et d'envahir les bâtiments gouvernementaux.

«Je ne démissionnerai pas»

«Je ne démissionnerai pas parce je dois continuer à travailler sur (la réforme) électorale» au centre de la confrontation, a-t-il déclaré au cours d'une conférence de presse convoquée dans sa résidence officielle quelques minutes avant l'expiration de l'ultimatum que lui ont adressé les contestataires.

Leung Chun-ying a néanmoins annoncé ce qui apparaît comme une concession significative, en invitant au dialogue la Fédération des étudiants, fer de lance du mouvement de protestation, ce à quoi il se refusait jusqu'à présent.

Il a désigné la «secrétaire en chef» du gouvernement pour mener ces négociations sur «l'évolution de questions constitutionnelles», un choix auquel les étudiants ont donc souscrit.

Le gouvernement et la police ont cependant mis en garde les étudiants contre toute escalade.

Les forces de l'ordre ont été approvisionnées dans la journée de jeudi en gaz lacrymogène et en balles en caoutchouc, faisant craindre un épilogue violent à la plus grave crise politique que connaît ce territoire depuis sa rétrocession par la Grande-Bretagne à la Chine en 1997.

Dans un communiqué officiel, «le gouvernement et la police appellent ceux qui sont rassemblés aux abords du quartier général de la police, du CGO (siège du gouvernement) et du CEO (bureaux du chef de l'exécutif) à ne plus bloquer leurs accès et de se disperser pacifiquement le plus tôt possible».

La crise est partie de l'annonce en août par le comité permanent de l'Assemblée nationale populaire chinoise (ANP - Parlement) selon laquelle le chef de l'exécutif de Hong Kong serait élu au suffrage universel en 2017, mais les candidatures à cette élection resteraient sous le contrôle des grands électeurs acquis à Pékin.

Des caisses de balles en caoutchouc

Les manifestants, qui réclament quant à eux l'instauration du suffrage universel plein et entier, font depuis cinq jours le siège des administrations gouvernementales entre les quartiers d'Admiralty et de Central, bloquant routes et carrefours. L'activité économique et la circulation des biens et des personnes sont fortement perturbées. Le gouvernement a exhorté à maintes reprises les manifestants à mettre un terme à leur blocus.

Dimanche, les policiers avaient fait usage de gaz lacrymogène et de gaz au poivre et les images de jeunes manifestants fuyant devant l'assaut de la police antiémeute avaient ému tant à Hong Kong qu'à l'étranger.

De brèves échauffourées ont éclaté jeudi après-midi lorsque des manifestants ont vu des policiers décharger des caisses en bois et des fûts en métal. Sur des images abondamment relayées par les internautes, on peut lire sur les caisses : «Round, 38 mm rubber baton multi», ce qui désigne sans équivoque des balles en caoutchouc. Sur un fût, les lettres «CS» laissent penser à des projectiles de gaz lacrymogène, parfois désigné en anglais d'après les initiales de ses inventeurs.

Soumise à de fortes pressions médiatiques et diplomatiques, la Chine a prévenu Washington qu'il ne fallait pas se mêler de cette crise politique, tandis que l'Union européenne a fait part jeudi de sa «préoccupation».

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