Présidentielle en Indonésie: l'«outsider» contre l'ex-général

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Un partisan de Joko Widodo brandit un masque à l'effigie de l'aspirant président lors d'un rassemblement électoral à Jakarta, le 5 juillet.

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Benoit FINCK
Agence France-Presse
JAKARTA

Les deux candidats en lice pour l'élection présidentielle mercredi en Indonésie ont des programmes très similaires, mais les personnages sont radicalement différents : un outsider populaire qui a fait une ascension fulgurante face un ex-général controversé issu de l'élite.

JOKO WIDODO, l'«outsider» à l'ascension fulgurante

Quasi-inconnu du grand public il y a deux ans, Joko Widodo, surnommé Jokowi, a fait une ascension fulgurante sur la scène politique, devenant une icône nationale pour nombre d'Indonésiens.

À 53 ans, cet homme au visage fin, auquel on prête une certaine ressemblance avec Barack Obama, pourrait devenir le premier président indonésien issu d'un milieu modeste, ne venant pas de l'élite politico-militaire. Fils de charpentier élevé dans une cabane de bambou dans les environs de Solo, ville d'un demi-million d'habitants sur l'île de Java, Jokowi a vendu des meubles et crée une société d'import-export lucrative, qui lui a permis d'acquérir une notoriété et une indépendance financière.

En 2005, il a été élu maire de Solo, une rampe de lancement pour sa carrière politique, grâce à un style de gestion très nouveau : visites impromptues dans les quartiers pauvres et suivi des projets sur le terrain. Réélu en 2010 avec un score soviétique (91 %), Jokowi a transformé la ville en multipliant aménagements et réformes. «C'est un homme ordinaire avec un talent extraordinaire», résume une habitante.

Fort de ce succès, l'homme charismatique au style détaché et souriant a été propulsé en 2012 gouverneur de Jakarta, la capitale de 10 millions d'habitants. Poursuivant les réformes comme à Solo, Jokowi est adoubé dans la mégalopole pour avoir introduit des cartes d'accès aux soins et à l'éducation pour les plus démunis, dans une ville où près d'un habitant sur cinq vit sous le seuil de pauvreté.

Surfant sur sa popularité notamment parmi les jeunes aussi bien en milieu urbain que rural, cet amateur de musique heavy metal s'est lancé dans la course présidentielle en mettant au premier rang de ses priorités l'aide aux plus démunis et la lutte contre la corruption qui gangrène le pays. Jokowi n'a pour le moment jamais été mis en cause dans une affaire délictueuse.

Considéré comme un candidat de «rupture», il a fait naître l'espoir d'une nouvelle classe de dirigeants dans ce pays qui reste gouverné par une élite issue de l'époque du dictateur Suharto, renversé en 1998. Mais les critiques lui reprochent son manque d'expérience dans la politique nationale et les relations internationales.

Son candidat à la vice-présidence, Jusuf Kalla, 72 ans, est un riche homme d'affaires qui fut ministre de l'ex-présidente Megawati Soekarnoputri, défaite au précédent scrutin en 2009 par l'actuel chef de l'État, Susilo Bambang Yudhoyono.

Prabowo Subianto salue des partisans réunis à Banyumas, dans... (PHOTO IDHAD ZAKARIA, ARCHIVES AFP) - image 3.0

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Prabowo Subianto salue des partisans réunis à Banyumas, dans la province de Java, dans le centre du pays, le 2 juillet.    

PHOTO IDHAD ZAKARIA, ARCHIVES AFP

PRABOWO SUBIANTO, l'ex-général controversé et nationaliste

Issue d'une famille aisée, Prabowo Subianto a étudié quelques années à la prestigieuse école internationale American School à Londres et s'est lancé dans une carrière militaire, devenant un général dont les agissements sous le règne du dictateur Suharto (1967-1998) restent controversés.

Âgé de 62 ans, cet homme au visage rond portant le traditionnel couvre-chef noir a reconnu avoir ordonné l'enlèvement de militants pro-démocratie à la fin de l'ère Suharto. Les ONG l'accusent également d'avoir commis des violations des droits de l'homme au Timor oriental, lors de la lutte de cette région pour l'indépendance, durement réprimée par les forces spéciales dont il était le commandant.

Certains lui attribuent aussi un coup d'État manqué peu après la chute de Suharto (chassé du pouvoir en 1998, mort en 2008), dont il est l'ancien gendre. Prabowo a ensuite quitté l'armée et s'est exilé pendant quelques années en Jordanie avant de devenir un homme d'affaires fortuné, puis de revenir en politique en 2009.

Candidat malheureux cette année-là à la vice-présidence sous les couleurs de Megawati Soekarnoputri, Prabowo brigue désormais la magistrature suprême et joue sur son passé militaire. Il répète que l'Indonésie a besoin d'un homme à poigne et accuse son rival d'être une «marionnette» à la solde de «capitalistes à l'étranger».

Populiste et nationaliste, Prabowo a cité le cas de son fils créateur de mode à Paris comme un succès dont devraient s'inspirer les Indonésiens.

Son candidat à la vice-présidence, Hatta Rajasa, est un ancien ministre de l'Économie.




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