L'homme politique le plus puissant de Karachi arrêté à Londres

Altaf Hussain s'était exilé à Londres en 1992... (PHOTO SHAKIL ADIL, ARCHIVES AP)

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Altaf Hussain s'était exilé à Londres en 1992 alors que les autorités entamaient l'opération «Clean Up» afin de purger la métropole économique de ces rivalités politiques et violences aux allures de guérilla urbaine.

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Agence France-Presse
LONDRES

Altaf Hussain, le leader du Muttahida Qaumi Movement (MQM), parti pakistanais qui contrôle la majeure partie de Karachi, a été arrêté à Londres pour des soupçons de blanchiment d'argent, ont annoncé les médias britanniques mardi.

La Metropolitan Police de Londres a fait état de l'arrestation mardi matin d'un homme âgé de 60 ans dans le nord-ouest de Londres, sans confirmer l'identité de la personne appréhendée.

Selon la BBC, il s'agit bien d'Altaf Hussain, qui réside dans la capitale britannique depuis le début des années 1990. Il a répété à plusieurs reprises que sa vie était menacée s'il retournait au Pakistan.

Cette arrestation intervient une semaine après l'annonce faite par la police britannique qu'elle recherchait deux Pakistanais en connexion avec le meurtre en 2010 à Londres d'un autre dirigeant du MQM, Imran Farooq, 50 ans.

Son corps inerte avait été découvert avec des blessures à la tête et des traces de coups de couteau devant son domicile, situé à proximité du QG local du parti, dirigé depuis deux décennies à partir de Londres par Altaf Hussain.

Imran Farooq, qui vivait en exil à Londres depuis 1992, était soupçonné par les autorités pakistanaises d'être impliqué dans des affaires de meurtre et de torture liées aux activités du MQM.

Son meurtre avait donné lieu à de nombreuses théories, l'une étant que sa propre formation politique avait commandité son assassinat, ce que le MQM a toujours nié.

Panique à Karachi

La métropole pakistanaise Karachi était en proie à des scènes de panique mardi après l'arrestation à Londres du chef du plus puissant parti de cette instable mégalopole de 20 millions d'habitants qui craint une nouvelle flambée de violences.

Dès cette annonce, flashée par les chaînes d'information pakistanaises, des familles ont accouru dans les épiceries pour faire le plein de denrées alimentaires craignant que la métropole soit paralysée pendant plusieurs jours, ou qu'elle s'enfonce davantage dans la violence.

«Nous ne savons pas combien de temps les commerces vont fermer», a déclaré à l'AFP Razi Begum, une femme voilée âgée de 45 ans qui se pressait dans une épicerie prise d'assaut alors que les employés quittaient leur bureau et les commerces fermaient un après l'autre.

Des inconnus ont, par ailleurs, incendié de nombreux véhicules à Karachi après l'arrestation à Londres d'Altaf Hussain, ont indiqué des responsables.

Peu après l'annonce de l'arrestation de M. Hussain, des hommes ont incendié au moins six autobus, une voiture et cinq rickshaws dans différents secteurs de la ville, ont déclaré à l'AFP des sources sécuritaires locales.

Le Royaume-Uni a aussitôt annoncé la fermeture «temporaire» de son consulat à Karachi et la police locale était en état d'alerte, a indiqué un porte-parole à l'AFP.

«Nous avons resserré la sécurité autour des consulats, en particulier celui de la Grande-Bretagne», a déclaré le chef de la police de Karachi, Ghulam Qadir Thebo.

Karachi, plus grande ville et capitale économique du Pakistan,  est déjà en temps normal secouée par des violences nourries par les rivalités politiques, économiques et ethniques et qui ont atteint un niveau sans précédent ces dernières années.

La tension y est donc encore montée d'un cran avec l'arrestation d'Altaf Hussain, fondateur du MQM. Ce dernier est le parti des «Mohajirs», musulmans venus d'Inde lors de la partition sanglante de l'ex-colonie britannique en 1947 et qui se sont installés principalement à Karachi.

Altaf Hussain s'était exilé à Londres en 1992 alors que les autorités entamaient l'opération «Clean Up» afin de purger la métropole économique de ces rivalités politiques et violences aux allures de guérilla urbaine.

Depuis Londres, il contrôle toujours d'une main de fer ce parti soupçonné de trafics de toute sorte et du meurtre de nombreux opposants.




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