L'ONU dénonce les nombreux crimes contre l'humanité de Pyongyang

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Interrogé sur le nombre de personnes qui pourraient être tenues responsables des crimes commis en Corée du Nord, le président de la Commission Michael Kirby, a indiqué qu'«il pourrait y en avoir des centaines», soulignant par ailleurs que le numéro 1 nord-coréen Kim Jong-un (à droite) avait lui aussi «une grande part de responsabilité».

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Agence France-Presse
Genève, Suisse

La Corée du Nord a commis et commet de nombreux crimes contre l'humanité, souligne le premier rapport d'une Commission d'enquête de l'ONU diffusé lundi et qui appelle le Conseil de sécurité à saisir la Cour Pénale Internationale.

«La Commission a établi que des violations systématiques, étendues et grossières des droits de l'homme ont été et sont commises par la République populaire démocratique de Corée, et dans de nombreux cas, ces violations constituent des crimes contre l'humanité», affirme ce rapport, le premier à être aussi détaillé.

La Commission a été constituée en mars 2013 par le Conseil des Droits de l'homme des Nations Unies à Genève.

Elle appelle dans ses conclusions le Conseil de sécurité des Nations unies à saisir la Cour Pénale Internationale (CPI) pour que les responsables de ces crimes rendent des comptes.

Le président de la Commission d'enquête, l'Australien Michael Kirby, a déclaré lundi, après la publication de son rapport, que la communauté internationale ne pourrait plus plaider l'ignorance comme excuse pour son inaction.

«À la fin de la Seconde Guerre mondiale, tant de gens ont dit : "Nous ne savions pas"», a déclaré M. Kirby en présentant son rapport à la presse à l'ONU à Genève. «Maintenant, la communauté internationale sait», a-t-il poursuivi à propos des crimes contre l'humanité dénoncés dans le rapport. «Il n'y aura pas la possibilité d'excuser une défaillance d'action en disant : nous ne savions pas».

La Commission estime que «des centaines de milliers de prisonniers politiques ont péri dans des camps pendant les 50 dernières années», «graduellement éliminés par des famines délibérées, le travail forcé, les exécutions, la torture, les viols et le refus des droits de reproduction appliqués par des punitions, des avortements forcés et des infanticides».

Les trois juristes internationaux qui la composent ont établi que le nombre de camps et de prisonniers a diminué suite aux décès et à quelques libérations, mais ils ont estimé que «80 000 à 120 000 prisonniers politiques sont actuellement détenus dans quatre grands camps prison pour les politiques».

Parmi les politiques qui constituent des crimes contre l'humanité selon les définitions du droit international, la Commission énumère les «exterminations, meurtres, esclavages, tortures, viols, les avortements forcés et autres violences sexuelles, les persécutions sur des bases politiques, religieuses, raciales et selon le sexe, les transferts forcés de population, les disparitions et les actes inhumains provoquant de façon délibérée des famines prolongées».

Elle mentionne dans les années 90 des politiques utilisées à l'encontre de populations affamées, «pour soutenir le système politique, sachant que ces décisions aggraveraient la famine et la mort d'une grande partie de la population».

La commission met en cause «la réponse inadéquate» toutes ces dernières années de la communauté internationale face à ces crimes et demande que la «communauté internationale accepte la responsabilité de protéger le peuple de la Corée du Nord».

Les trois juristes de la Commission n'ont pu se rendre en Corée du Nord, en dépit de leur demande, et ont interrogé dans de nombreux pays des fugitifs et des témoins pour rédiger ce rapport qui compte 372 pages.

Des «centaines» de responsables nord-coréens pourraient être responsables des violations des droits de l'homme et crimes contre l'humanité enregistrés en Corée du Nord, a indiqué lundi la Commission d'enquête de l'ONU.

Interrogé sur le nombre de personnes qui pourraient être tenues responsables des crimes commis en Corée du Nord, le président de la Commission Michael Kirby, a indiqué qu'«il pourrait y en avoir des centaines», soulignant par ailleurs que le numéro 1 nord-coréen Kim Jong-un avait lui aussi «une grande part de responsabilité».

Il propose la mise en place par l'ONU d'une structure de suivi pour permettre de continuer à enregistrer les violations et de préparer les moyens de demander des comptes à ceux qui en sont responsables.




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