Chine: 16 morts dont deux policiers dans des violences au Xinjiang

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Les autorités ont renforcé leur contrôle sur la région du Xinjiang depuis cet automne.

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Agence France-Presse
Pékin

Seize personnes dont deux policiers ont été tuées lors d'une opération des forces de l'ordre dans une ville chinoise du Xinjiang, sept semaines après un attentat à Pékin officiellement imputé à des extrémistes de cette région musulmane, a rapporté lundi un média d'État.

Ces nouvelles violences se sont déroulées dimanche non loin de la cité de Kashgar, une ancienne étape de la route de la Soie située aux confins occidentaux de la Chine.

Des policiers étaient venus procéder à des interpellations de suspects dans le canton de Shufu quand ils ont été attaqués par des «malfrats» armés d'explosifs et de couteaux, a indiqué le site d'information Tianshannet, contrôlé par les autorités locales.

Quatorze des assaillants ont été tués par balle, a-t-il précisé.

Cette version des faits a été rejetée en bloc par Dilshat Rexit, un porte-parole du Congrès mondial ouïghour, organisation en exil de défense des Ouïghours.

Les Ouïghours, musulmans turcophones, forment la première ethnie du Xinjiang.

Selon lui, les décès sont intervenus quand des policiers armés ont fait irruption dans une maison où s'étaient réunis des Ouïghours.

«Selon les nouvelles règles en vigueur au Xinjiang, les policiers ont le droit de tirer en premier», a déclaré à l'AFP Dilshat Rexit. Quatorze Ouïghours ont été tués» a-t-il précisé et, selon l'agence Chine nouvelle, six autres ont été arrêtés.

L'AFP n'était pas en mesure de vérifier ces faits, les autorités chinoises restreignant fortement les possibilités pour la presse étrangère de travailler au Xinjiang, où les liaisons téléphoniques sont souvent coupées dans les zones en proie à des troubles.

«Cette affaire montre une nouvelle fois la nature inhumaine de ces groupes terroristes qui défient la société», a de son côté déclaré Mme Hua Chunying, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Le Xinjiang est régulièrement secoué par des troubles en raison des fortes tensions entre Han (ethnie majoritaire en Chine) et Ouïghours. Ces derniers se disent victimes d'une politique répressive à l'encontre de leur religion, leur langue et leur culture.

Les autorités accusent invariablement de «terrorisme» les militants ouïghours.

Le 28 octobre dernier, Pékin a été le théâtre, selon la police, d'un attentat perpétré par des extrémistes venus du Xinjiang.

Selon la thèse officielle, trois Ouïghours d'une même famille avaient précipité leur voiture chargée de bidons d'essence contre l'entrée de la Cité interdite, dans une attaque-suicide qui avait fait également deux morts et 40 blessés.

L'attaque a été soutenue par le Mouvement islamique du Turkestan oriental (Etim), un groupuscule radical séparatiste, avait affirmé le chef de la sécurité chinoise, Meng Jianzhu.

Les autorités n'avaient toutefois fourni aucune preuve étayant cette affirmation, qui a suscité le doute des experts au vu de l'aspect artisanal de l'attentat et du manque d'assise en Chine des fondamentalistes musulmans.

Les autorités ont en tout cas renforcé leur contrôle sur le Xinjiang après ces faits. Cela n'a pas empêché d'autres violences d'éclater.

Neuf personnes armées de haches et de couteaux ont ainsi été tuées en novembre en attaquant un commissariat de police à Serikbuya, où deux policiers ont aussi trouvé la mort, avait rapporté l'agence de presse Chine nouvelle.




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