Bangladesh: les usines textiles rouvrent huit jours après l'effondrement

Des millions d'ouvriers ont repris le travail dans... (PHOTO TOMOHIRO OHSUMI, ARCHIVES BLOOMBERG NEWS)

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Des millions d'ouvriers ont repris le travail dans des zones industrielles situées autour de la capitale, où ils fabriquent chaque jour à une cadence effrénée des vêtements destinés à des marques occidentales comme Walmart et H&M.

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Shafiq ALAM
Agence France-Presse
Dacca, Bangladesh

Le secteur textile au Bangladesh a relancé jeudi sa production après une fermeture de huit jours provoquée par l'effondrement d'un immeuble abritant des ateliers de confection, qui a fait au moins 433 morts, le pire accident industriel dans l'histoire de ce pays défavorisé d'Asie du sud.

Des millions d'ouvriers ont repris le travail dans des zones industrielles situées autour de la capitale, où ils fabriquent chaque jour à une cadence effrénée des vêtements destinés à des marques occidentales comme Walmart et H&M.

«Toutes les usines ont ouvert aujourd'hui et les ouvriers sont retournés au travail», a déclaré à l'AFP Shahidullah Azim, vice-président de l'Association nationale des fabricants et exportateurs d'habillement. «Aucune manifestation ni violence n'ont été rapportées», a-t-il précisé.

Le Rana Plaza, un immeuble de huit étages abritant cinq ateliers de confection s'est effondré le 24 avril à Savar, dans la périphérie de Dacca. La veille, des ouvriers avaient signalé, en vain, des fissures sur le bâtiment.

Les ouvriers du textile, pour la plupart payés à peine 40 $ par mois, avaient débauché en masse après ce drame qui a, une nouvelle fois, jeté une lumière crue sur les «ateliers de misère» et l'absence de conditions de sécurité. En novembre, un incendie dans une usine avait déjà fait 111 morts.

Depuis l'effondrement de l'immeuble le 24 avril, plusieurs usines de production ont été vandalisées en signe de colère et le défilé du 1er mai mercredi pour la fête du Travail a réuni des dizaines de milliers d'ouvriers à Dacca.

La première ministre avait exhorté mardi soir les ouvriers à reprendre le travail et critiqué les attaques dont ont été la cible plusieurs usines.

«Je voudrais dire aux ouvriers de garder la tête froide, de maintenir les usines opérationnelles, sinon vous allez perdre votre travail», avait lancé devant le parlement Sheikh Hasina.

Trois millions d'employés travaillent dans les 4500 usines de l'industrie textile au Bangladesh, véritable pilier de l'économie. La fermeture des usines a entraîné une perte estimée à plus de 25 millions de dollars par jour, selon M. Azim.

Le Bangladesh est le deuxième pays exportateur de textile au monde, derrière la Chine. Cette industrie représente 80 % de ses exportations et plus de 40 % de la main-d'oeuvre industrielle.

Les autorités ont annoncé jeudi avoir suspendu de ses fonctions le maire de Savar pour avoir autorisé la construction du Rana Plaza et n'avoir pas décidé de fermer les ateliers de confection alors que des fissures avaient été signalées.

Le maire, Mohammad Refayet Ullah, est à ce jour le plus haut responsable à avoir été sanctionné pour cet accident.

Des experts ayant inspecté le site ont indiqué que les entrepreneurs avaient utilisé des matériaux de mauvaise qualité pour construire le Rana Plaza et que l'immeuble était construit sur des marais, en violation de la loi en vigueur.

Le gouvernement a aussi suspendu deux ingénieurs qui ont autorisé les ateliers de confection à travailler le jour du drame. Ils sont poursuivis pour homicides involontaires, de même que le propriétaire de l'immeuble et quatre responsables d'ateliers de confection.

Des centaines de proches éplorés tenant à la main des photos de leurs disparus étaient toujours massés sur les lieux du désastre tandis que des membres de l'armée continuaient de déblayer les amas de béton.

Mohammad Helal, un adolescent de 17 ans, campe sur les lieux depuis huit jours pour retrouver sa mère. «Avant de partir au travail le jour de l'accident, ma mère m'a dit d'être un bon garçon et de prendre soin de mes deux soeurs cadettes», confie-t-il à l'AFP, le visage baigné de larmes.

«Je sais que ma mère ne reviendra pas. Mais s'il vous plaît, je vous supplie de me rendre le corps de ma mère», hurle-t-il à l'adresse des secours.

Un général de l'armée, Chowdhury Hassan Suhrawardy, a rejeté des accusations selon lesquelles des corps avaient été cachés pour atténuer le bilan.

«Certains ont affirmé que des corps disparaissent. Ils nourrissent la colère publique en propageant des rumeurs selon lesquelles le nombre réel de victimes est incroyablement plus élevé», a-t-il dénoncé lors d'un point presse.

«Nous ne bougerons pas d'ici tant que le dernier corps n'aura pas été retrouvé», a-t-il affirmé.

Selon un porte-parole de l'armée, le capitaine Shahid Hasan Bhuiyan, le bilan s'élevait jeudi à 433 morts. Il a ajouté que 2437 personnes avaient été secourues. Le bilan devrait toutefois dépasser les 500 morts, les autorités ayant annoncé mercredi que 140 personnes étaient toujours portées disparues.

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