Un immeuble s'effondre au Bangladesh: au moins 124 morts

L'immeuble Rana Plaza, qui abrite notamment deux usines... (Photo AP)

Agrandir

L'immeuble Rana Plaza, qui abrite notamment deux usines de confection, des magasins et une banque, s'est effondré comme un château de cartes à 09h00 locales (23h00 mardi soir à Montréal), à Savar, proche de Dacca.

Photo AP

Partager

Kamrul Hasan KHAN
Agence France-Presse
Savar, Bangladesh

Au moins 113 personnes ont été tuées, et un millier d'autres blessées, mercredi au Bangladesh, dans l'effondrement d'un immeuble de huit étages qui abritait plusieurs ateliers de confection à la périphérie de la capitale, Dacca, selon un bilan dans la soirée qui risquait encore de s'alourdir.

La Première ministre, Sheikh Hasina, a annoncé une journée de deuil national jeudi en hommage aux victimes de cet accident qui souligne une nouvelle fois les problèmes de sécurité dans l'industrie textile. Selon le ministre de l'Intérieur, Muhiuddin Khan, cet immeuble était une construction illégale.

«Le nombre des morts est maintenant de 124 et la plupart sont des femmes», a indiqué à l'AFP le chef adjoint de la police pour le district de Dacca, Masud Hossain, dont l'unité qu'il dirige est spécialement chargée de l'identification des corps.

Les recherches se poursuivaient dans la nuit, dans un paysage faisant penser à un tremblement de terre.

Quelque 1000 personnes étaient par ailleurs soignées à l'hôpital, a indiqué Hiralal Roy, un médecin urgentiste de l'hôpital Enam, proche du lieu de l'accident.

L'immeuble Rana Plaza s'est effondré comme un château de cartes à 09h00 locales, à Savar, proche de Dacca. Seul le rez-de-chaussée est resté intact et la scène évoquait les conséquences d'un puissant séisme.

«La plupart des morts sont des ouvriers du textile mais leur nombre va augmenter, de nombreux blessés étant dans un état critique», a dit M. Roy à l'AFP, précisant que l'hôpital avait lancé un appel urgent pour des dons de sang.

«Le travail des secours bat son plein. Mais il va falloir des jours pour en voir la fin. C'est une énorme tragédie», a commenté Zehadul Islam, un responsable des pompiers.

Equipés de découpeuses et de grues, pompiers et membres de l'armée appelés en renfort luttaient pour retrouver des survivants dans la montagne de gravats et de morceaux d'acier tordu. Les blessés étaient évacués sur des brancards de fortune confectionnés avec des habits.

On pouvait entendre les cris de personnes prises au piège tandis que des milliers de proches attendaient à côté, les traits rongés par l'angoisse.

«Sauvez-nous s'il vous plaît!», criait une femme à l'intérieur des décombres. «Nous sommes 30 personnes ici, s'il vous plaît, sauvez-nous».

Certains ouvriers travaillant dans les ateliers de confection s'étaient publiquement inquiétés de fissures mardi soir.

Ils ont toutefois dû revenir travailler sur ordre de leurs chefs.

«Les responsables nous ont forcés à revenir et une heure après notre retour, le bâtiment s'est effondré», a rapporté à l'AFP Mousumi, une ouvrière de 24 ans.

Mustafizur Rahman, le responsable d'une unité de police spécialement chargée du secteur industriel, a affirmé devant la presse que les propriétaires des ateliers situés dans l'immeuble avaient délibérément ignoré un appel de fermeture lancé par les autorités et demeuraient invisibles depuis la catastrophe.

Deux des ateliers de confection, New Wave Style et New Wave Bottoms, fabriquaient des vêtements pour l'espagnol Mango et l'italien Benetton, selon l'organisation de défense des ouvriers, Bangladesh Center for Workers Solidarity. Aucune des marques n'était joignable.

Selon Tessel Pauli, une porte-parole de Clean Clothes Campaign, une association de défense des travailleurs du textile basée à Amsterdam, cet accident est «symptomatique» des problèmes dans ce secteur au Bangladesh.

«Ces accidents montrent un échec des marques (étrangères) à faire de la sécurité une priorité. Ils savent ce qui doit être fait et ne le font pas», a-t-elle dénoncé auprès de l'AFP.

Selon l'Association des fabricants et exportateurs de textile au Bangladesh (BGMEA), les ateliers de confection situés dans l'immeuble employaient plus de 2600 ouvriers.

Masuda Begum, 22 ans, une ouvrière textile, a confié à l'AFP depuis son lit d'hôpital qu'elle avait survécu en se glissant sous une machine à coudre alors que le toit s'effondrait.

«Tout l'immeuble s'est mis à trembler une demi-heure après notre embauche. Il y avait des centaines d'ouvriers à notre étage. Soudain tout est devenu noir. Certains d'entre nous ont réussi à ramper vers la sortie mais je ne sais pas ce que sont devenus les autres».

L'industrie textile au Bangladesh est la deuxième plus importante au monde. Elle fournit en particulier nombre de marques occidentales à bas prix.

Les effondrements d'immeubles au Bangladesh sont fréquents, les normes de sécurité en matière de construction étant rarement appliquées.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer