La Corée du Nord positionne un 2e missile sur la côte

Un soldat sud-coréen monte la garde près de... (Photo AFP)

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Un soldat sud-coréen monte la garde près de la zone démilitarisée.

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LIM Chang-Won
Agence France-Presse
Séoul, Corée du Sud

La Corée du Nord a transporté un 2e missile de moyenne portée sur sa côte orientale et l'a hissé sur un lance-missiles mobile, selon l'agence sud-coréenne Yonhap, alimentant les craintes d'un tir imminent qui aggraverait une situation déjà explosive.

«Il a été confirmé que la Corée du Nord a transporté par train, en début de semaine, deux missiles Musudan de moyenne portée, vers la côte est et les a installés sur des véhicules équipés d'un dispositif de lancement», a déclaré un haut responsable du gouvernement à Séoul cité vendredi par l'agence.

Le ministère de la Défense, qui avait confirmé la veille l'installation par Pyongyang d'un premier missile sur la côte est, n'a pas fait de commentaires sur cette nouvelle information.

Un responsable de la Marine a indiqué à Yonhap que deux destroyers sud-coréens équipés de radars perfectionnés avaient été déployés, un au large de la côte est et l'autre de la côte ouest. «Si le Nord lance un missile, nous suivrons sa trajectoire», a déclaré le militaire.

Le transport de missiles est le dernier geste en date de Pyongyang, qui multiplie les menaces apocalyptiques depuis quelques semaines, furieux du nouveau train de sanctions pris par l'ONU après un nouvel essai nucléaire, conduit début février.

Berlin a convoqué vendredi matin l'ambassadeur de Corée du Nord pour lui signifier «son inquiétude» face à l'aggravation quotidienne de la crise.

Face à ce barrage d'invectives, la Maison Blanche a fait savoir jeudi que les États-Unis prenaient «toutes les précautions nécessaires», tout en assurant ne pas être étonnée par le comportement de Pyongyang. «Il y a des éléments familiers» dans les déclarations du régime nord-coréen, a noté le porte-parole du président Barack Obama, Jay Carney.

Le Pentagone va envoyer des intercepteurs de missiles pour protéger ses bases à Guam, une île du Pacifique située à 3380 km de la Corée du Nord et où se trouvent 6000 soldats américains. Pyongyang la cite régulièrement parmi ses cibles potentielles.

Le missile Musudan, dévoilé pour la première fois à l'occasion d'un défilé militaire en octobre 2010, aurait une portée théorique de 3000 kilomètres, soit la capacité d'atteindre la Corée du Sud ou le Japon.

Sa portée pourrait atteindre les 4000 km en cas de charge légère, et il pourrait donc, théoriquement, frapper Guam.

«Le Nord est apparemment prêt à tirer ces missiles sans avertissement», a déclaré le haut responsable sud-coréen.

La presse sud-coréenne et japonaise rapportait jeudi que le Nord semblait avoir positionné sur ses côtes orientales toute une batterie de Musudan. Des sources militaires citées par Yonhap disaient que le Nord pourrait tirer un missile le 15 avril, date-anniversaire de la naissance du fondateur du régime communiste nord-coréen, Kim Il-Sung, mort en 1994.

En milieu de semaine, l'armée nord-coréenne avait prévenu qu'une guerre pourrait éclater «aujourd'hui ou demain». «Les Etats-Unis feraient mieux de réfléchir à la grave situation actuelle», ajoutait-elle, jugeant que les vols de bombardiers B-52 et B-2 américains au-dessus de la Corée du Sud, à l'occasion de manoeuvres communes américano-sud-coréennes, étaient à l'origine de l'aggravation de la crise.

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a rappelé jeudi que «la menace nucléaire n'(était) pas un jeu» et craignant que «toute erreur de jugement dans cette situation puisse provoquer une crise aux conséquences très graves».

Quant au site industriel intercoréen de Kaesong, devenu un pion stratégique dans la guerre des mots que se livrent Pyongyang et Washington, il était fermé vendredi pour un jour férié habituel.

Les 53 000 Nord-Coréens employés sur ce complexe industriel, situé à 10 km de la frontière entre le Nord et le Sud, côté Corée du Nord, ont pris leur journée comme c'était prévu, a précisé le ministère de l'Unification, chargé des relations entre les deux pays.

Depuis mercredi, Pyonyang interdit l'accès de Kaesong aux Sud-Coréens qui s'y rendent chaque jour pour y travailler. Il a autorisé les départs mais 608 Sud-Coréens ont décidé de rester sur place, rompus aux menaces apocalyptiques de la Corée du Nord et déterminés à faire tourner les machines.

Séoul est prêt à évacuer ses ressortissants «pour leur propre sécurité si la situation le requiert», a déclaré vendredi le ministre de l'Unification Ryoo Kihl-Jae, précisant que ce n'était pas le cas pour le moment.

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