L'ONU se retire du Timor, État pacifié

Les Casques bleus étaient arrivés au Timor en... (Photo AFP)

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Les Casques bleus étaient arrivés au Timor en 1999. Le pays était alors aux prises avec une vague de violences meurtrières qui avaient suivi la victoire du «oui» lors d'un référendum sur l'indépendance.

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Gianrigo MARLETTA
Agence France-Presse
Dili

La force internationale de l'ONU se retire officiellement lundi du Timor oriental, après 13 ans de présence qui ont permis de pacifier le minuscule pays d'Asie du Sud-Est marqué par une transition sanglante vers l'indépendance et la démocratie.

Après le départ des derniers Casques bleus, seule une «équipe de liquidation» de 79 personnes restera pour «dévisser les ampoules», a déclaré à New York Ameerah Haq, secrétaire générale adjointe de l'ONU et ancien chef de la Minut (Mission intégrée des Nations unies au Timor-Leste, nom officiel du Timor oriental).

Le vice-premier ministre timorais, Fernando La Sama de Araujo, a exprimé lundi à l'AFP «l'immense gratitude» du pays pour l'action des Casques bleus, arrivés au Timor en 1999.

Le pays était alors aux prises avec une vague de violences meurtrières qui avaient suivi la victoire du oui au référendum sur l'indépendance.

Le vote devait mettre fin à 24 ans de conflit provoqué par l'invasion des troupes indonésiennes, quelques jours après le départ des Portugais en 1975. Plus du quart de la population avait été décimé entre 1975 et 1999.

Le Timor, confetti d'Asie du Sud-Est situé au nord de l'Australie, n'avait finalement accédé à l'indépendance qu'en 2002.

Les violences avaient continué à émailler l'histoire de la jeune nation. En 2006, une mutinerie dans les rangs de l'armée avait entraîné des affrontements entre militaires et policiers qui avaient fait des dizaines de morts et des milliers de déplacés.

En 2008, le président José Ramos-Horta, prix Nobel de la paix et icône de la lutte pour l'indépendance, avait été victime d'une tentative d'assassinat.

Mais le pays de 1,1 million d'habitants s'est depuis largement pacifié, comme l'a prouvé la tenue sans heurts d'élections présidentielles en mars-avril 2012 puis législatives en juin.

«Le peuple timorais et ses dirigeants ont montré du courage et une détermination à toute épreuve dans leur réponse aux grands défis qu'ils ont affrontés», a écrit Finn Reske-Nielsen, chef en exercice de la Minut.

Angelo Ulan, un chauffeur de taxi de 25 ans, affirme conduire désormais «jusqu'à minuit». «Je n'ai plus peur (...). Nous devons maintenant nous unir pour la prospérité et le développement», confie-t-il à l'AFP.

L'ONU restera néanmoins présente au Timor, car l'aide humanitaire est encore vitale pour ce petit pays handicapé par une pauvreté endémique.

En 2011, il se classait 147 sur 187 selon l'indice de développement humain de l'ONU. La moitié des Timorais vivent sous le seuil de pauvreté et 40% des jeunes sont sans emploi, selon l'organisation humanitaire australienne AusAID, et les bidonvilles s'étendent jusqu'à la capitale.

Le départ des Casques bleus ne risque pas d'arranger la situation puisque 850 employés locaux directement employés par les Nations unies vont être licenciés, et environ 1300 agents des compagnies de sécurité.

«Mais nous sommes optimistes quant à notre capacité à l'horizon d'une décennie à relever ces défis avec nos nombreux amis dans le monde, y compris les agences de l'ONU pour le développement», a estimé Fernando La Sama de Araujo.

La découverte d'un gisement d'hydrocarbures a fait naître un espoir de développement et attisé l'appétit des grandes puissances économiques à la faveur de la stabilisation politique.

Hillary Clinton est devenue en septembre la première secrétaire d'État à fouler le sol du pays, sa visite ayant été surtout perçue comme la volonté de contrecarrer les ambitions chinoises dans la région: symbole fort, Pékin a construit le nouveau palais présidentiel et le quartier général de l'armée timoraise.

Toutefois «comme d'autres jeunes et pauvres démocraties, pétrodépendantes, les rêves de développement du Timor oriental risquent d'être de plus en plus douchés par la corruption (...) et l'inefficacité de ses institutions», prévient Silas Everett de l'ONG Asia Foundation.

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