Inde: la victime d'un viol collectif est morte

Des manifestations sont organisées tous les jours depuis... (PHOTO PUNIT PARANJPE, AFP)

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Des manifestations sont organisées tous les jours depuis le viol pour réclamer une meilleure protection des femmes contre les violences sexuelles, qui ne sont souvent pas rapportées aux autorités.

PHOTO PUNIT PARANJPE, AFP

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Agence France-Presse
SINGAPOUR

L'étudiante indienne victime d'un viol collectif à New Delhi est décédée dans la nuit de vendredi à samedi, a annoncé l'hôpital de Singapour où la jeune femme luttait contre la mort depuis deux jours, un drame qui a bouleversé l'Inde et a entraîné d'importantes manifestations.

L'annonce de ce décès - emblématique des violences faites aux femmes en Inde en toute impunité - a horrifié le pays où les autorités, craignant de nouvelles manifestations, ont mis en place de forces antiémeutes dans les rues et ont bouclé plusieurs quartiers du centre-ville, dont les alentours du monument de l'India Gate.

Suite à la vague d'indignation qui a secoué le pays après le viol commis le 16 décembre, la police de New Delhi a également appelé la population au calme et au recueillement, dans un communiqué publié par le chef de la police Neeraj Kumar.

Le premier ministre indien Manmohan Singh s'est dit «profondément attristé» par la nouvelle du décès de la jeune femme - dont le corps doit être rapatrié samedi soir en Inde, selon l'ambassadeur indien à Singapour.

La chaîne de télévision indienne NDTV a rendu hommage à la jeune fille en affichant ce bandeau: «Que cette fille de l'Inde repose en paix!».

«C'est avec une grande tristesse que nous annonçons que la patiente est décédée paisiblement à 4H45 le 29 décembre 2012», a déclaré dans un communiqué le directeur de l'hôpital Mount Elizabeth de Singapour, Kelvin Loh.

«Sa famille et des responsables de la Haute commission indienne étaient à son chevet. L'équipe de médecins, d'infirmières et du personnel de l'hôpital Mount Elizabeth se joignent à la famille dans sa douleur», a-t-il ajouté.

La jeune femme, dont l'identité n'a jamais été révélée, était une étudiante en kinésithérapie d'origine modeste, venant d'une région rurale de l'Uttar Pradesh, le plus grand État de l'Inde situé près de New Delhi.

Ses parents, venus la rejoindre à Singapour après son évacuation par vol sanitaire jeudi soir, avaient vendu leur petit lopin de terre pour financer ses études, selon la télévision NDTV. Ces gens décrits comme des «paysans simples» devaient souvent se contenter de très peu pour se nourrir, selon la même chaîne.

Le 16 décembre, après avoir vu au cinéma «L'odyssée de Pi», la jeune Indienne et son ami étaient montés dans un bus aux vitres teintées pour rentrer chez eux. Mais là les attendait un cauchemar: une explosion de violences et des viols barbares commis par six hommes ivres, comme dans le roman «Orange Mécanique» d'Anthony Burgess.

Avant son transfert à l'hôpital de Singapour, la jeune femme avait pu renseigner la police indienne sur ce qui s'était passé: les six hommes ivres s'étaient disputés avec son ami, puis avaient emmené la jeune femme au fond du bus et l'avaient violée tandis que le bus circulait pendant 45 minutes dans New Delhi. Ils l'avaient aussi agressée sexuellement avec une barre de fer rouillée, lui causant de graves blessures aux intestins, avant de la jeter pour morte hors du bus.

Le bus avait rencontré de nombreux points de contrôle de police pendant cette équipée, mais à aucun moment les policiers ne s'étaient inquiétés de ce qui se passait à l'intérieur du véhicule.

La décision de transférer la jeune femme à Singapour avait été prise lors d'une réunion mercredi du gouvernement Singh, qui avait promis de prendre en charge tous les frais médicaux.

Certains médias ont toutefois allégué que ce transfert était destiné à apaiser l'opinion publique et éviter la réédition des violentes manifestations qui ont ébranlé New Delhi et entraîné la mort d'un policier.

«C'est une décision politique», qui n'a aucun sens, s'est ému Samiran Nundy, chef du service de transplantation d'organes et de chirurgie digestive de l'hôpital Sir Ganga Ram de New Delhi.

«Je ne comprends pas comment on peut transférer un patient dans un état critique qui souffre de septicémie avec une forte fièvre et qui est placé sous respiration artificielle», a-t-il dit.

Le premier ministre a reconnu que les violences contre les femmes étaient «un problème» significatif en Inde où près de 90% des 256 329 crimes violents enregistrés en 2011 ont une ou des femmes pour victime(s), selon les chiffres officiels.

Manmohan Singh s'est engagé à mieux protéger les femmes contre les crimes sexuels et a souhaité des peines plus sévères pour leurs auteurs. Il a également ordonné la création d'une commission d'enquête spécialement chargée de cette affaire.

Les photos, noms et adresses des violeurs condamnés seront désormais publiés sur des sites internet de l'administration fédérale. La mesure concernera d'abord New Delhi dont l'insécurité lui a valu le surnom de «capitale du viol».

Par ailleurs, davantage de femmes officières seront recrutées par la police de Delhi.

La police a indiqué vendredi qu'une jeune écolière de 15 ans avait été égorgée après un viol collectif, jeudi, dans l'État d'Uttar Pradesh.

Une autre adolescente indienne de 17 ans, victime d'un viol collectif, s'était suicidée jeudi après qu'un policier eut tenté de la convaincre de retirer sa plainte et d'épouser un de ses violeurs.

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