Inde: suicide d'une adolescente victime d'un viol collectif

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Agence France-Presse
Amritsar

Une adolescente indienne, victime d'un viol collectif, s'est suicidée après qu'un policier eut tenté de la convaincre de retirer sa plainte et d'épouser un de ses violeurs, a-t-on appris jeudi auprès de la police et de ses proches.

La jeune fille, âgée de 17 ans, a avalé du poison et a été retrouvée morte mercredi soir. Son suicide intervient après un autre viol collectif d'une étudiante dans un autobus à New Delhi le 16 décembre, qui a provoqué une vague d'indignation en Inde. L'état de santé de la victime est extrêmement grave.

L'adolescente qui s'est suicidée avait subi un viol en bande le 13 novembre pendant un festival à Diwali dans la région de Patiala, dans l'État du Pendjab (nord). Un policier a été licencié et un autre suspendu de ses fonctions pour leur traitement de ce cas, selon des responsables locaux.

La jeune fille «a tout essayé pour faire enregistrer sa plainte», mais les policiers n'ont pas ouvert d'enquête officielle, a déclaré à l'AFP l'inspecteur général Paramjit Singh Gill, chef de la police régionale.

«L'un des policiers a tenté de la convaincre de retirer sa plainte», a-t-il ajouté.

La soeur de la victime a déclaré à la chaîne de télévision indienne NDTV que les policiers locaux étaient allés plus loin. «La police a commencé à exercer des pressions sur elle pour qu'elle accepte ou bien un arrangement financier avec ses violeurs, ou bien d'épouser l'un d'entre eux», a dit la soeur.

Avant son suicide, personne n'avait été arrêté dans cette affaire. Jeudi, trois personnes ont été interpellées, ses deux violeurs présumés et une femme soupçonnée d'avoir été leur complice.

Jeudi également, l'agence de presse indienne PTI a rapporté qu'un policier avait été suspendu de ses fonctions dans l'État de Chhattisgar (nord) après avoir lui aussi refusé d'enregistrer une plainte pour viol.

Ces différentes affaires illustrent la manière dont la police indienne traite souvent les cas de violences sexuelles subies par des femmes. Plus de 90% des crimes violents enregistrés en 2011 avaient une ou des femmes pour victime(s), soit 228 650 sur 256 329, selon les données officielles, mais les chiffres réels devraient être encore plus élevés, car beaucoup de femmes hésitent à porter plainte auprès de la police.

Dans une intervention télévisée, le Premier ministre indien Manmohan Singh a déclaré jeudi que les lois «sur la sécurité des femmes seraient revues» et a annoncé la création d'une commission d'enquête.

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