Le typhon Bopha revient vers les Philippines

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Ce deuxième passage va toucher un pays qui a déjà beaucoup de mal à faire face aux dégâts laissés par Bopha plus tôt cette semaine.

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Jason Gutierrez
Agence France-Presse

Le nord des Philippines se préparait samedi à l'arrivée dimanche matin du typhon Bopha, qui a déjà touché en début de semaine le sud du pays, où les survivants, affamés et sans-abri, attendaient désespérément l'aide qui arrive difficilement.

Les services météorologiques du pays ont en effet annoncé samedi que Bopha avait changé de direction et revenait vers les Philippines, et devrait cette fois toucher terre dimanche matin dans le nord de l'île de Luçon, principale île du pays.

L'oeil du cyclone était situé samedi matin à 230 km à l'ouest de la ville de Sinait, avançant lentement vers le nord-est, ont précisé ces services.

Ce deuxième passage va toucher un pays qui a déjà beaucoup de mal à faire face aux dégâts laissés par Bopha dans le sud, où il a touché principalement le sud de l'île de Mindanao, à majorité musulmane, et a fait au moins 548 morts, quelque 500 disparus et plus de 200 000 sans-abri, selon le dernier bilan publié samedi par les autorités.

Samedi, l'Organisation internationale des migrations (OIM), une organisation intergouvernementale installée à Genève, a lancé samedi un appel de fonds de 7 millions de dollars pour l'aide d'urgence aux Philippines, tandis que l'ONU a dépêché une mission sur place pour évaluer les besoins.

Cette mission a constaté dans beaucoup d'endroits «une destruction à 100 %», a déclaré Imogen Wall, porte-parole du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA). La région touchée «est très pauvre, et tout le monde dépend de l'agriculture. S'il n'y a pas de récoltes, il n'y aura pas de nourriture pour les familles. Il va leur falloir beaucoup d'aides dans les mois à venir», a-t-elle ajouté.

Samedi, lors de l'Angelus au Vatican, le pape a dit prier pour les victimes du typhon Bopha et a lancé aux catholiques un appel à «la solidarité fraternelle» pour aider ce pays, majoritairement catholique.

Quatre jours après le passage de Bopha, les secours peinaient toujours à atteindre de nombreux endroits, les routes ayant été détruites ou bien bloquées par des avalanches de rochers ou des coulées de boue.

En attendant leur arrivée, on se débrouillait avec ce qu'il y a sur place, a constaté un journaliste de l'AFP. Ainsi les 4 000 habitants du bourg de Maparat, après avoir mangé les derniers poulets ayant survécu au typhon, ont ensuite parcouru les alentours à la recherche de noix de coco, seule nourriture disponible.

Et les camions arrivant enfin samedi matin avec de l'aide, dans ce bourg dont toutes les maisons ont été emportées par l'eau et dont les habitants étaient depuis quatre jours entassés dans l'école, apportaient également des dizaines de cercueils pour les corps entassés sur un terrain municipal.

Dans la petite ville de Cateel, les habitants, après avoir épuisé ce qui pouvait leur rester comme provisions, ont pillé samedi les magasins, a rapporté à l'AFP un responsable provincial qui avait réussi à atteindre le bourg.

Selon les autorités, les dégâts causés aux routes et aux ponts par la montée des eaux et les glissements de terrain ont isolé quelque 150 000 personnes pendant trois jours à Cateel et dans les villes voisines de Baganga et Boston, où 97 % des bâtiments se sont écroulés ou ont perdu leurs toits.

Les Philippines subissent une vingtaine de tempêtes ou typhons importants chaque année, survenant pour la plupart pendant la saison des pluies entre juin et octobre.

En 2011, 29 typhons avaient causé la mort de 1 500 personnes, dont 1 200 à Mindanao après le passage de la tempête tropicale Washi.

L'impact économique est lourd pour ce pays pauvre de 90 millions d'habitants.

Ainsi, les Philippines sont le troisième exportateur de bananes et une grande partie des plantations sont situées à Mindanao, généralement moins sujette aux typhons. Selon un organisme professionnel, Bopha a détruit 10.000 hectares de bananeraies, soit un quart de la surface cultivée du pays.

La plupart des victimes étaient par ailleurs des migrants très pauvres venus travailler dans de petites mines d'or à moitié légales, susceptibles de se transformer à tout moment en tombeau pour leurs travailleurs.

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