L'armée chinoise et son arsenal occidental

Des soldats des Forces spéciales de l'Armée populaire de... (Photo: Joe Chan, Archives Reuters)

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Des soldats des Forces spéciales de l'Armée populaire de libération de la Chine marchent en formation, lors d'un entraînement en banlieue de Pékin, le 15 septembre 2009.

Photo: Joe Chan, Archives Reuters

Mathieu Perreault
La Presse

La mise à l'amende de Pratt&Whitney Canada, la semaine dernière, pour avoir vendu à la Chine un logiciel pouvant servir à des moteurs militaires a mis la modernisation de l'Armée populaire de libération de la Chine au premier plan.

Plusieurs experts estiment que les États-Unis ne peuvent désormais plus imposer la présence de leurs porte-avions dans le détroit de Taiwan et peut-être même au-delà, à cause des progrès de l'aviation et des missiles antinavires chinois. Or, une grande partie de ces avancées reposent sur la copie plus ou moins légale d'appareils occidentaux et parfois russes.

«La vente à la Chine de matériel civil ayant des applications militaires est un désastre stratégique incalculable», estime Mark Bobbi, spécialiste de l'armée chinoise à la revue spécialisée britannique Jane's, joint en Floride. «Les sociétés occidentales pensaient avoir accès à des contrats civils juteux. Mais à ce jeu-là, seule la Chine gagne.»

Nate Hughes, directeur du renseignement à la firme américaine d'analyse géopolitique Stratfor, est moins catastrophé. «La Chine est très offensive en matière d'espionnage industriel, explique-t-il du Texas. Inévitablement, elle va acquérir certaines technologies, soit en les volant, soit en les acquérant en Europe ou aux États-Unis. L'Occident a décidé d'avoir un marché des idées ouvert, qui fait profiter des innovations militaires aux civils. Ça a ses avantages et ses inconvénients.»

Le Z-10... (Photo fournie par China Defence) - image 2.0

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Le Z-10

Photo fournie par China Defence

Hélicoptère Z-10

Le logiciel de Pratt&Whitney Canada a permis à la Chine de gagner de cinq à dix ans en matière de contrôle de l'alimentation en carburant et d'ajustement à différentes altitudes, selon Mark Bobbi de Jane's. «Et ça va servir à tous les appareils aériens.» Le Z-10 est le premier hélicoptère d'attaque chinois. Nate Hughes, de Statfor, précise que la Chine a beau avoir la technologie, elle n'a pas l'expérience américaine, acquise au Viêtnam, en Afghanistan et en Irak, de la coordination sol-hélicoptère.

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Le J-10

Photo: Reuters

Chasseur J-10

C'est une copie du chasseur israélien Lavi, lui-même dérivé du F16 américain, selon Mark Bobbi de Jane's. «Les chasseurs chinois sont toujours moins bons que les F22 américains, mais ils sont beaucoup plus nombreux, dit M. Bobbi. Une simulation récente a montré que les F22 abattaient chacun 8 chasseurs chinois, mais qu'ils perdaient le combat parce que la Chine a 10 fois plus de chasseurs dans la région.»

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Le J-20

Photo: Reuters

Chasseur furtif J-20

Selon Mark Bobbi, la Russie fournit les moteurs du chasseur furtif J-20, encore au stade des essais. «La Russie est un peu fâchée que la Chine ait annulé des licences de construction de Sukhoi-27 tout en lançant une version autochtone de ce chasseur, le J-11B, dit M. Bobbi. Mais elle est pragmatique et se dit qu'elle sera toujours plus avancée et donc pourra encore vendre des armes pendant longtemps.»

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Photo fournie par China Defence

Missiles antinavires

«C'est l'équivalent du vol des secrets atomiques par la Russie.» Mark Bobbi ne mâche pas ses mots: l'autorisation donnée par le président Bill Clinton à la vente de la technologie satellite Loral est «le plus grand revers stratégique américain depuis 60 ans». Cette technologie a permis la mise au point de missiles guidés qui entravent le mouvement des porte-avions américains. Nate Hughes, de Statfor, estime quant à lui que si Loral n'avait pas vendu sa technologie à la Chine, des sociétés européennes l'auraient fait.

Le Humvee d'AMC.... (Photo fournie par China Defence) - image 6.0

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Le Humvee d'AMC.

Photo fournie par China Defence

Le Humvee chinois

La société AMC a exposé son Humvee à un salon militaire pékinois en 1989. Sans succès. Mais la contribution de la jeep à la guerre du Golfe en 1991 a changé la perspective de l'Armée populaire de libération. Le véhicule est maintenant sa bête de charge et concurrence les Humvee américains sur les marchés internationaux.

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