Le militant chinois Chen Guangcheng a annoncé vendredi à l'AFP que son neveu avait été formellement accusé de meurtre après avoir attaqué des intrus ayant pénétré chez lui, une décision qu'il a jugée «scandaleuse», personne n'ayant été tué.

Son neveu, Chen Kegui, avait attaqué à l'arme blanche un cadre local qui était entré chez lui peu après la découverte par les gardiens de la demeure de Chen Guangcheng que ce dernier s'était échappé de résidence surveillée.

Des avocats représentant Chen Kegui ont déclaré qu'un cadre local du Parti communiste avait été grièvement blessé et deux autres blessés légèrement, mais que personne n'était mort.

Pourtant la police a accusé formellement Chen Kegui d'«homicide volontaire», ont dit son oncle et ses avocats.

«C'est scandaleux, c'est totalement déraisonnable», a déclaré Chen Guangcheng par téléphone depuis l'Hôpital de Pékin où il est soigné pour les blessures consécutives à sa fuite.

«Jusqu'à 10 personnes ont défoncé la porte et sont entrées (chez Chen Kegui) pour me chercher, mais comme ils ne pouvaient pas me trouver, ils se sont mis à donner des coups», a expliqué Chen Guangcheng.

«Chen Kegui a reçu des coups de bâtons sur la tête, alors il a attrapé un couteau et s'est défendu», a ajouté le champion de la lutte contre les stérilisations et avortements forcés en Chine.

Jeudi, Chen Guangcheng, qui attend toujours son passeport chinois pour pouvoir partir aux États-Unis, avait accusé les autorités de tenter de se venger de son évasion en privant son neveu de liberté et en menaçant certains de ses proches.

Des avocats ont confirmé l'accusation d'homicide volontaire, tout en estimant qu'elle n'aurait pas de validité, personne n'ayant été tué.

«Je ne crois pas que ce genre d'accusation puisse tenir, parce que Chen (Kegui) a agi en légitime défense», a déclaré Me Liu Weiguo à l'AFP.

«Et même si ce n'était pas de la légitime défense, les accusations les plus graves pourraient être celles de blessures volontaires, mais pas d'homicide volontaire (...) personne n'est mort».

Contactée par l'AFP, la police du district de Yinan qui englobe le village de Dongshigu, celui des Chen, a refusé de s'exprimer.

Chen Guangcheng a passé près de deux ans de facto assigné à résidence dans son village du Shandong (est) après avoir été emprisonné quatre ans pour son militantisme.

Depuis la fin 2010, jusqu'à 100 gardiens se sont relayés dans son village de Dongshigu 24 heures sur 24, l'empêchant de sortir, de même que sa femme, et de recevoir des visiteurs.

Il s'était réfugié six jours à l'ambassade des États-Unis à Pékin après son évasion le 22 avril.