Rumeurs sur l'état de santé de Kim Jong-il

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Depuis plus d'un mois, les spéculations vont bon train sur la santé du dictateur nord-coréen Kim Jong-il. Il était notamment absent lors d'un important défilé militaire le 9 septembre, et plusieurs rumeurs diplomatiques avancent qu'il aurait eu un accident vasculaire cérébral.

Pour calmer le jeu, les autorités nord-coréennes viennent de montrer à la télévision d'État 10 photos de M. Kim en train d'inspecter une unité d'artillerie féminine. Le hic: les arbres sur les photos sont encore verts, ce qui exclut qu'elles puissent avoir été prises dans les dernières semaines.

 

«Les arbres feuillus changent de couleur assez rapidement à l'automne, explique Erich Weingartner, spécialiste ontarien de l'aide humanitaire qui séjourne régulièrement en Corée-du-Nord. Les feuilles ne deviennent pas colorées comme chez nous, plutôt marron, mais elles ne restent pas vertes. Ces photos ne prouvent rien. Elles pourraient très bien avoir été prises cet été.»

Où est-il?

La température varie normalement de 14 à 25 degrés Celsius en septembre à Pyongyang, la capitale nord-coréenne. En comparaison, les normales pour Montréal vont de 9 à 20 degrés.

Kim Jong-il, qui a 66 ans, n'a pas été vu en public depuis le 14 août. Des sources diplomatiques chinoises et sud-coréennes ont avancé dans les médias asiatiques que des médecins allemands auraient été appelés à son chevet - les liens avec l'Allemagne, qui fait partie des 10 principaux partenaires commerciaux de la Corée-du-Nord, remontent à l'Allemagne de l'Est communiste. Les spéculations vont bon train sur le successeur de M. Kim. Plusieurs experts, ainsi que le groupe de réflexion de gauche Nautilus, suggèrent qu'une junte militaire calquée sur le modèle birman prendra le relais.

Cependant, M. Weingartner souligne qu'il est difficile d'identifier la motivation des autorités nord-coréennes en cas de subterfuge. «Je ne vois pas trop ce qu'ils voudraient prouver. Pourquoi se soucieraient-ils de ce que nous pensons, particulièrement depuis que les États-Unis les ont enlevés de la liste des pays soutenant le terrorisme?»

Tactique de négociation

La fin de semaine dernière, Washington a annoncé le retrait de la Corée-du-Nord de cette liste, ce qui facilitera les échanges commerciaux et surtout bancaires. Cette mesure était réclamée depuis six mois par les Nord-Coréens. Kim Keun-sik, politologue sud-coréen de l'Université Kyungnam, avait même avancé dans le New York Times que l'absence de Kim Jong-il pouvait être une tactique de négociation: la perspective d'un vide politique à la tête d'un pays disposant de bombes nucléaires pourrait inciter les négociateurs américains à faire preuve de souplesse.

En février 2007, un accord impliquant les États-Unis, le Japon, la Chine, la Russie et les deux Corées a convenu que le Nord arrêterait la production d'uranium militaire et permettrait aux observateurs internationaux de retourner au site nucléaire de Yongbyon. Une série de gestes des États-Unis et de la Corée-du-Nord devait culminer dans le démantèlement de Yongbyon. La crise a débloqué après une menace nord-coréenne de reprendre la production d'uranium, et la visite du principal négociateur américain.

Selon M. Weingartner, les États-Unis ont probablement assoupli leurs exigences relatives à l'exportation présumée de technologies nucléaires en Syrie, et à une deuxième filière nucléaire plus moderne. «Les Nord-Coréens ne voulaient pas céder sur ces deux points, parce qu'ils craignaient que les inspecteurs américains ne réclament l'accès à tous les sites militaires du pays avant de conclure à un non-lieu.»

 

L'ouverture passe par le DVD

Que Kim Jong-il soit ou non malade, la Corée-du-Nord s'ouvre peu à peu au monde extérieur. Andrei Lankov, expert russe de l'Université nationale de l'Australie, a relevé dans un récent essai que le passage des vidéocassettes aux DVD en Corée-du-Sud a permis aux contrebandiers d'inonder la Corée-du-Nord d'appareils délaissés par les Sud-Coréens, mais aussi d'émissions de télévision et de vidéoclips. Les lecteurs de vidéocassettes coûteraient 40$US, un luxe abordable pour plusieurs Nord-Coréens. Le PNB par habitant du pays est de 1100$US, selon les autorités sud-coréennes.

 

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