Venezuela: l'opposition repousse à jeudi sa manifestation

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Les opposants au président Nicolas Maduro marcheront dans les rues de la capitale jeudi.

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Agence France-Presse

L'opposition vénézuélienne a décidé de repousser de mercredi à jeudi sa manifestation à Caracas afin que la marche coïncide avec l'installation de l'Assemblée constituante, a annoncé mardi soir l'un de ses dirigeants, Freddy Guevara.

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Freddy Guevara

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«Attention: marche contre la Fraude constituante se déroulera jeudi, jour où la dictature a l'intention d'"installer" la fraude», a écrit M. Guevara sur Twitter.

À l'appel des leaders antichavistes (du nom de Hugo Chavez, président de 1999 à son décès en 2013), les opposants devaient défiler à Caracas pour dénoncer le caractère «illégitime», selon eux, de ce «super pouvoir» qui pilotera le Venezuela pour une durée indéterminée. La date exacte du début des travaux de cette assemblée qui siègera au Parlement n'avait pas été confirmée par le gouvernement.

Laissant présager une situation particulièrement tendue lors des débuts de la Constituante, Julio Borges, le président du Parlement, où l'opposition est majoritaire, a annoncé que le pouvoir législatif continuerait de siéger malgré tout. Une séance était d'ailleurs prévue mercredi matin.

Les 545 constituants élus dimanche dans le sang doivent eux débuter leurs travaux dans un contexte de fortes crispations avec les États-Unis, renforcé par les nombreuses condamnations internationales après l'arrestation de deux des figures de l'opposition.

Leopoldo Lopez, 46 ans, fondateur du parti Voluntad Popular (Volonté populaire, droite), et le maire de Caracas Antonio Ledezma, 62 ans, ont été arrêtés en pleine nuit chez eux, selon des vidéos relayées sur internet. Tous deux avaient déjà été emprisonnés et avaient récemment été assignés à résidence.

Le président américain Donald Trump a tenu «personnellement responsable» son homologue vénézuélien du bien-être des deux opposants, condamnant «les actions de la dictature Maduro».

«Pouvoir absolu»

«Je l'avais dit: qu'il pleuve ou qu'il vente, le projet d'Assemblée constituante continue. Dans les prochaines heures, elle commencera à exercer son pouvoir absolu», a déclaré le président socialiste Nicolas Maduro, lequel s'est vu imposer des sanctions financières par Washington. Il s'agit notamment du «gel» de «tous les avoirs» que possèderait le dirigeant vénézuélien aux États-Unis.

La Constituante se situe au-dessus de tous les pouvoirs, y compris du chef de l'Etat, et doit rédiger une nouvelle Constitution. Elle doit apporter la «paix» et permettre au pays de se redresser économiquement, selon le chef de l'Etat.

L'opposition, qui contrôle le Parlement depuis 2016, a boycotté le scrutin en dénonçant une «fraude» visant à prolonger le pouvoir de M. Maduro, dont le mandat s'achève en 2019.

Outre les États-Unis, de nombreuses voix se sont élevées contre l'interpellation des deux chefs de l'opposition, dont celle de l'UE qui étudie la possibilité de sanctions - par un gel de leurs avoirs et une interdiction de voyager dans l'UE - à l'encontre des «membres du gouvernement vénézuélien, y compris son président Nicolas Maduro et son entourage», selon le président du Parlement européen, Antonio Tajani.

De son côté, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé les autorités «à faire tous les efforts possibles pour réduire les tensions» dans ce pays pétrolier au bord de l'abîme.

Dimanche, opposants et forces de l'ordre s'étaient alors affrontés à Caracas et dans d'autres villes lors de batailles rangées. Plus de 120 personnes au total ont été tuées en quatre mois de manifestations anti-Maduro. Selon l'ONG Foro Penal, le Venezuela compte quelque 490 «prisonniers politiques».

Selon les autorités, plus de huit millions d'électeurs, soit 41,5% du corps électoral, ont participé à l'élection de dimanche. Plus que les 7,6 millions de voix réunies par l'opposition le 16 juillet, lors d'un référendum contre le projet de Constituante. Chaque camp conteste les chiffres de l'autre.

Le Venezuela est au bord de l'effondrement économique et 80% des Vénézuéliens désapprouvent la gestion du président, selon l'institut de sondages Datanalisis.




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