Mexico accusé d'espionnage sur une enquête gênante

La disparition de 43 étudiants en septembre 2014... (PHOTO AP)

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La disparition de 43 étudiants en septembre 2014 avait valu de nombreuses critiques internationales au président Enrique Peña Nieto, et a provoqué nombre de manifestations à travers le Mexique.

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Agence France-Presse
Mexico

Des experts internationaux de la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) enquêtant sur la disparition de 43 étudiants au Mexique en 2014 ont été espionnés par le gouvernement mexicain, ont révélé lundi des chercheurs indépendants.

Un téléphone utilisé par ces experts a reçu des SMS permettant d'installer le logiciel espion de la société israélienne NSO, affirment ces chercheurs de l'Université de Toronto, sur fond de vaste scandale d'espionnage de journalistes, militants des droits de l'homme et autres personnalités publiques secouant depuis plusieurs semaines le Mexique.

Les faits remontent à mars 2016, peu après que ce groupe d'experts eut émis des critiques «à l'encontre du gouvernement mexicain pour des ingérences dans leur enquête et tandis qu'ils préparaient leur rapport final», précisent les chercheurs.

Selon eux, au moins 19 autres personnes ont été ciblées par le logiciel espion «dont des avocats, des hommes politiques, des journalistes, des militants anticorruption, des scientifiques», ainis que «des fonctionnaires et leurs familles».

Mis au point par la société israélienne NSO, Pegasus permet de pirater les téléphones portables afin de surveiller les communications de leurs utilisateurs, mais aussi de prendre des photos et des vidéos à leur insu, voire de déclencher leur micro.

Il s'agit d'un «abus systématique de cette technologie, supérieur à tout ce que nous avons pu voir dans les autres cas examinés» ces cinq dernières années, a dit à l'AFP John Scott-Railton, un des chercheurs du Citizen Lab de l'Université de Toronto.

Ce logiciel ne serait vendu qu'aux États qui s'engagent à ne l'utiliser que pour lutter contre la criminalité et le terrorisme.

Le scandale a éclaté le 19 juin après un article du New York Times révélant que ces mêmes chercheurs canadiens avaient découvert des tentatives d'espionnage avec ce logiciel, acheté selon ce quotidien par au moins trois organismes du gouvernement fédéral mexicain depuis 2011.

La présidence mexicaine a démenti ces accusations d'espionnage et le parquet a ouvert une enquête.

La disparition de 43 étudiants de l'école normale d'Ayotzinapa en septembre 2014 avait valu de nombreuses critiques internationales au président Enrique Peña Nieto.

Selon la version officielle, les étudiants ont été attaqués par des policiers corrompus. Ces derniers les auraient livrés à un cartel qui les aurait tués avant de les incinérer dans une décharge.

Mais les experts de la CIDH avaient contesté cette version, soulignant qu'une incinération d'une telle ampleur n'avait pu avoir lieu dans cette décharge.




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