Venezuela: manifestation pour libérer les «prisonniers politiques»

Arborant des t-shirts à l'effigie de Leopoldo Lopez... (Photo Marco Bello, REUTERS)

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Arborant des t-shirts à l'effigie de Leopoldo Lopez et des drapeaux aux couleurs jaune, bleu et rouge du Venezuela, les antichavistes ont été bloqués par des camions de la Garde nationale militarisée équipés de barrières métalliques.

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Alex VASQUEZ, Maria Isabel SANCHEZ
Agence France-Presse
CARACAS, Venezuela

Quelque 2000 Vénézuéliens hostiles au président socialiste Nicolas Maduro ont défilé vendredi dans le calme pour réclamer la libération des «prisonniers politiques», près d'un mois après le début d'une vague de protestations ayant fait une trentaine de morts.

«Liberté ! Liberté !», ont scandé les manifestants aux abords de la prison de Ramo Verde, près de Caracas, où l'un des leaders de l'opposition, Leopoldo Lopez, purge une peine de 14 ans de prison pour incitation à la violence lors de la vague de manifestations anti-Maduro de 2014, qui ont fait officiellement 43 morts.

Arborant des t-shirts à l'effigie de Leopoldo Lopez et des drapeaux aux couleurs jaune, bleu et rouge du Venezuela, les antichavistes (du nom du défunt président Hugo Chavez, 1999-2013) ont été bloqués par des camions de la Garde nationale militarisée équipés de barrières métalliques.

«On nous a empêchés de passer voir Leopoldo. À l'aide d'une sirène, on nous a empêchés de l'entendre. Voilà un mois que nous ne le voyons, ni ne l'entendons pas. On nous dit qu'il est à l'isolement. Liberté pour tous les prisonniers politiques!», a déclaré son épouse Lilian Tintori, devenue l'une des voix de l'opposition.

Un groupe de députés de l'opposition a tenu une réunion à l'extérieur de la prison, autour d'une simple table.

«Nous constatons la violation des droits des prisonniers politiques. Nous demandons au peuple de continuer de résister», a déclaré Freddy Guevara, vice-président du Parlement, seul pouvoir contrôlé par l'opposition depuis fin 2015.

Cette nouvelle manifestation est survenue le jour où le gouvernement, soumis à une pression internationale intense, entamait sa sortie de l'Organisation des États américains (OEA) pour dénoncer son «ingérence».

Les rassemblements de vendredi se sont déroulés dans le calme, contrairement aux mobilisations, pillages et affrontements entre forces de l'ordre et manifestants qui depuis le 1er avril ont fait 28 morts et des centaines de blessés. Plus d'un millier de personnes ont été interpellées, la plupart brièvement.

Les anti-Maduro assurent qu'avec les récentes détentions, on compte désormais une centaine de «prisonniers politiques» supplémentaires, 170 au total, ce que le pouvoir ne reconnaît pas.

«Profonde crise»

Dans ce pays pétrolier en profonde crise économique, où sept Vénézuéliens sur dix souhaitent le départ de Nicolas Maduro, l'opposition multiplie les manifestations pour obtenir des élections générales anticipées, avant la fin de son mandat en décembre 2018.

L'étincelle qui a déclenché ce mouvement? La décision de la Cour suprême, réputée proche de M. Maduro, de s'arroger les pouvoirs du Parlement, rendant ainsi les pleins pouvoirs au camp présidentiel.

Devant le tollé diplomatique et les accusations de «coup d'État» par l'opposition, l'autorité judiciaire avait fait marche arrière 48 heures plus tard. Ce qui n'a pas calmé la colère des anti-Maduro, ni apaisé la pression internationale.

Tandis que les opposants dénoncent la répression du gouvernement, Nicolas Maduro les accuse de commettre «des actes de terrorisme» pour faciliter un coup d'État et une intervention étrangère sous l'égide des États-Unis.

Dans ce climat politique tendu, Caracas doit amorcer vendredi son retrait de l'OEA, qu'elle accuse d'«interventionnisme», en déposant sa demande officielle de retrait de l'organisation.

Le bloc régional basé à Washington, dont le secrétaire général Luis Almagro qualifie M. Maduro de «dictateur» et plaide pour des élections, consacrera bientôt un mini-sommet des ministres des Affaires étrangères de la région à la crise.

«À l'impérialisme, je dis: ça suffit! Ne vous mêlez plus des affaires du Venezuela!», a lancé jeudi le président Maduro.

Après l'annonce de ce «Vexit», en référence au «Brexit» britannique de l'Union européenne, le président américain Donald Trump lui-même a déclaré que «le Venezuela est dans une situation chaotique».

En quête de solidarité, Caracas a demandé à une autre organisation régionale, la Communauté des États d'Amérique latine et des Caraïbes (CELAC) d'organiser une réunion le 2 mai au Salvador «pour combattre le harcèlement diplomatique dont est victime le Venezuela», selon M. Maduro.

Sa ministre des Affaires étrangères Delcy Rodriguez promet de dévoiler à cette date le «groupe de pays qui feront partie du dialogue au Venezuela» souhaité par le chef de l'État, avec la médiation du Vatican.

De précédentes discussions, elles aussi accompagnées par l'Église catholique, avaient échoué en décembre.




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