Colombie: 156 militants des droits humains tués en 14 mois

Une femme tient la photo d'une proche disparue... (PHOTO GUILLERMO LEGARIA, ARCHIVES AFP)

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Une femme tient la photo d'une proche disparue lors des nombreuses années de conflit armé en Colombie.

PHOTO GUILLERMO LEGARIA, ARCHIVES AFP

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Agence France-Presse
BOGOTA

Depuis début 2016, 156 militants des droits de la personne et leaders d'associations ont été assassinés, et 500 autres menacés en Colombie, qui met en oeuvre un accord de paix avec la guérilla des FARC, ont annoncé vendredi les autorités.

«Entre le 1er janvier 2016 et le 1er mars 2017, il y a eu 156 homicides, cinq disparitions forcées et 33 attentats», a précisé le service du Défenseur du Peuple, organisme public de protection des droits de la personne, dans un communiqué.

«L'une des principales causes du phénomène est la prétention de groupes armés illégaux à occuper les régions dont se retirent les FARC, pour prendre le contrôle des économies illicites qui ont financé la guerre en Colombie», a déclaré le Défenseur du Peuple, Carlos Negret, en présentant un rapport.

M. Negret a appelé les autorités colombiennes à amplifier leurs «efforts pour faire la lumière sur les motifs et les auteurs de ces faits, ainsi que les mécanismes de protection individuelle et collective afin de prévenir de telles attaques».

Selon le communiqué, le Défenseur du Peuple a en outre dénoncé la «stigmatisation» dont sont victimes les leaders sociaux et les militants, qui «augmente le risque» auquel ils sont exposés.

Le gouvernement du président Juan Manuel Santos a signé fin novembre un accord de paix avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, marxistes), la plus ancienne guérilla du pays qui compte environ 7000 combattants.

Pour parvenir à «une paix complète», il a entamé le 7 février des pourparlers avec l'Armée de libération nationale (ELN, guévariste), dernière rébellion active avec quelque 1500 combattants, selon des estimations officielles.

Les FARC ont appelé M. Santos à prendre des mesures pour freiner ces assassinats qu'elles attribuent à des paramilitaires d'extrême droite, qui selon l'ONU sont responsables de 127 assassinats l'an dernier.

Pour sa part, le gouvernement en rejette la responsabilité sur des gangs de narcotrafiquants intégrés par d'anciens membres des milices paramilitaires, officiellement démobilisées entre 2003 et 2006.

Le conflit armé colombien a fait au moins 260 000 morts, plus de 60 000 disparus et 6,9 millions de déplacés, et vu s'affronter depuis le début des années 1960 guérillas, paramilitaires et forces de sécurité.




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