Puni par Washington, le numéro 2 du Venezuela crie à l'«agression»

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Tareck El Aissami

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Esteban ROJAS
Agence France-Presse
Caracas

Le vice-président du Venezuela, Tareck El Aissami, a qualifié mardi de «misérable et infâme agression» les sanctions des États-Unis à son encontre pour trafic de drogue, ravivant la tension diplomatique entre les deux pays.

«Sur le plan personnel, je reçois cette misérable et infâme agression comme une reconnaissance de ma condition de révolutionnaire anti-impérialiste. NOUS VAINCRONS», a-t-il écrit sur son compte Twitter.

Les États-Unis ont imposé lundi des sanctions financières au numéro deux du Venezuela, «l'aboutissement de plusieurs années d'enquête visant d'importants trafiquants de drogues», selon le communiqué du Trésor américain.

Ce n'est pas la première fois que Washington cible de cette manière des proches du pouvoir vénézuélien : en novembre dernier, un tribunal fédéral de New York avait déclaré coupables de trafic de drogue deux neveux de la Première dame, Cilia Flores. Leur peine sera prononcée le 7 mars, chacun risquant un minimum de 10 ans d'emprisonnement pour avoir essayé d'importer quelque 800 kg de cocaïne aux États-Unis.

Leur condamnation avait déclenché la colère de Caracas, le président Nicolas Maduro dénonçant une «attaque impérialiste».

Cette fois, la justice américaine a directement visé le successeur probable de M. Maduro : M. El Aissami, 42 ans, l'un des dirigeants les plus influents du Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV), au pouvoir depuis 1999, et représentant de l'aile dure.

D'origine syro-libanaise, cet avocat a été nommé en janvier à la vice-présidence du pays après une ascension éclair, démarrée comme simple leader étudiant. M. Maduro lui a confié le pouvoir d'exproprier des biens et de nommer des vices-ministres, le désignant aussi à la tête d'un «commando anti-coup d'État» qui a déjà fait arrêter plusieurs opposants.

«Ne nous laissons pas distraire par ces misérables provocations, notre tâche principale est d'accompagner @NicolasMaduro» dans la reprise économique», a-t-il encore réagi sur Twitter, alors que le pays s'est écroulé économiquement avec la chute des cours du brut.

«Vive Chavez !»

«Ils ne pourront pas en finir avec notre révolution inébranlable», a ajouté Tareck El Aissami, qui était auparavant gouverneur de l'État d'Aragua, considéré comme l'un des plus violents du pays. Il a aussi été ministre de la Justice quatre ans à partir de 2008, sous la présidence d'Hugo Chavez aujourd'hui décédé. «Vive Chavez !», a-t-il conclu son message.

Ironie du sort, M. El Aissami s'était fait connaître dans le pays grâce à ses actions contre les cartels de drogue.

Les relations entre Washington et Caracas sont tendues depuis l'arrivée au pouvoir en 1999 de Chavez, célèbre pour ses diatribes antiaméricaines, des tensions qui se sont poursuivies avec l'élection de son successeur en 2013, Nicolas Maduro, tout aussi virulent contre «l'empire».

Ce dernier était resté prudent ces derniers mois vis-à-vis de Donald Trump, estimant qu'il était victime d'une «campagne de haine». Le président Trump a exprimé sa «préoccupation» envers la crise vénézuélienne lundi lors d'un entretien téléphonique avec son homologue colombien Juan Manuel Santos, selon la Maison-Blanche.

Le cas de M. El Aissami «pourrait remettre en cause les relations» de Caracas avec «l'unique pays qui paie «cash» au Venezuela pour le pétrole», sa principale richesse, a prévenu mardi Jesus Torrealba, secrétaire exécutif de la Table pour l'unité démocratique (MUD, centre droit), grande coalition d'opposition à M. Maduro.

«Le message (...) n'est pas politique ou économique. Il s'agit (de la lutte contre) le trafic de drogue international», a pourtant assuré lundi un haut responsable américain à des journalistes.

Le Trésor américain affirme que le vice-président a «facilité la livraison de drogues au Venezuela» par le biais de son contrôle des décollages d'avions d'une base aérienne vénézuélienne, ainsi que de son contrôle des ports.

Un autre personnage-clé, Samark José Lopez Bello, que les États-Unis accusent d'avoir agi pour le compte de M. El Aissami, est également visé par ces sanctions qui gèlent leurs avoirs éventuels aux États-Unis et leur interdisent désormais tout échange commercial transitant par le système financier américain. M. Lopez Bello est notamment accusé par le ministère américain de l'Économie d'avoir «blanchi les revenus de la drogue» au profit de M. El Aissami.




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